Arboriculture-horticulture

Reçu ce matin, par la poste, la photo d'un article transmise par Sébastien WEIL que j'en remercie.

Il s'agit de "Notes recueillies sur l'arrondissement de Domfront, au mois d'avril 1852, par M. BLANCHETIERE, Membre de la Société Française", article publié en 1853 dans le "bulletin monumental ou collection de mémoires et de renseignements sur la statistique monumentale de la France ; 2è série, tome 9è, 19è vol. de la collection, par les Membres de la Société Française pour la Conservation des Monuments, publié par M. de CAUMONT" à Paris.

Louis BLANCHETIERE relate dans ces notes une excursion qu'il a faite dans l'arrondissement de Domfront en avril 1852. D'emblée, ces notes témoignent des préoccupations et des compétences géologiques de leur auteur, ainsi que de son intérêt pour les routes ; on peut donc se demander si ce n'était pas une sorte d'ingénieur des Ponts ou des T.P.E., comme l'on dit aujourd'hui.

Les notes relatives à la "Châlerie" occupent 10 pages du document et sont agrémentées de la reproduction de deux croquis qui doivent être de la main de Louis BLANCHETIERE. J'ai déjà commenté ces croquis hier, notamment l'un des deux, fort instructif quant à l'état du logis avant l'incendie de 1884.

Quant au texte lui-même, il est également riche d'enseignements, même si j'y relève une erreur de date, Louis BLANCHETIERE ayant cru que le logis datait de 1558, alors qu'il date de l'année de l'édit de Nantes.

On y apprend que les épis du logis étaient en terre cuite, ce que ne permettait pas de comprendre le croquis. A cet égard, la prudence manifestée par M. RONSSERAY dans son article annexé à ce site internet ne peut qu'être louée ; il a en effet pris ses distances avec les affirmations de VIOLLET-LE-DUC pour qui une couverture en ardoise devait s'accompagner d'épis en métal. C'est sans doute la proximité géographique de GER, lieu où étaient modelés ces épis, d'ailleurs avec une argile de LA HAUTE CHAPELLE, qui a permis à M. RONSSERAY de comprendre que cette industrie locale ne pouvait qu'inonder le pays de ses productions, poussant ainsi à une sorte de sur-consommation locale de ses "grès".

Louis BLANCHETIERE donne d'utiles informations sur l'occupation des bâtiments. Le "château" est "inhabité depuis la Révolution", servant "à peine à déposer des fourrages et bois" (pas étonnant que la foudre ait pu y mettre le feu en 1884...). En revanche, l'"aile gauche est aujourd'hui à peu près toute occupée par des fermiers", écrit-il.
"Presque tout le château" est recouvert d'ardoises, ce qui confirme qu'il y avait aussi de la tuile sur certains bâtiments sur cour (on le sait aussi grâce à une photo ancienne des écuries et du colombier).
Le logis comporte une "cuisine à très-grandes dimensions", sans doute la salle-à-manger actuelle puisqu'un four est toujours visible dans sa cheminée.
Le rez-de-chaussée et le "premier étage" (il y en avait donc un second, ce qui confirme la présence de grandes lucarnes) du logis sont "pavés en briques carrées", revêtement qui a aujourd'hui totalement disparu (sauf dans un coin de la cage d'escalier).

Louis BLANCHETIERE s'est beaucoup intéressé à la chapelle et à son décor intérieur. Il écrit en particulier : "Sur les murs se trouvent des fragments de peintures à fresque" (erreur, ce ne sont pas des fresques mais des peintures murales, obéissant à une autre technique ; les fresques sont peintes quand l'enduit n'est pas encore sec, contrairement aux peintures murales) "d'un fort bon style ; mais dont il est impossible de reconnaître les sujets, tant elles ont été détériorées par le temps et par le choc des fagots que les fermiers y déposent" (comme si le logis ne leur avait pas suffi, hélas !). S'ensuit une description de ces décors qui montre que, durant le siècle et demi suivant, les dégradations se sont poursuivies, Louis BLANCHETIERE ayant d'ailleurs compris que "Ce qui a malheureusement hâté la destruction de ces intéressantes décorations, c'est le peu de solidité de l'enduit qui les supporte. En effet, il n'est formé que d'une mince couche d'argile recouverte d'une pellicule de chaux, le tout cédant au moindre choc. Il est probable que cet enduit n'avait pas été fait en vue d'y appliquer des peintures, mais que l'artiste officieux, hôte du châtelain, aura, sans préparation, jeté à l'improviste ses heureuses conceptions sur les murs tels qu'il les a trouvés" (ici, je précise que cet artiste était en fait tombé amoureux de la servante du manoir qu'il a fini par épouser, un LEDIN lui servant même de témoin).
A la fin de ses notes sur la chapelle, Louis BLANCHETIERE s'intéresse aux noms peints sur les sablières intérieures de la chapelle, notamment ACHARD, LEVERRIER, FORTIN et de COURCELLES, CORMIER, COUPEL, ainsi qu'à Pierre IV LEDIN (à qui, s'étant trompé de dates comme on l'a dit, il attribue à tort la reconstruction du logis), Charles-Claude LEDIN et Pierre-François LEDIN.

En fin d'article, Louis BLANCHETIERE complète sa description du site de la Chaslerie et précise que les douves avaient "au moins 10 mètres de largeur et 2 mètres de profondeur" (il négligeait leur envasement, voir photothèque jointe), que "les fermes" (sans doute la ferme et la cave, pour reprendre ma terminologie) voisinaient un verger, et que des "charmilles alignées ombrageaient le jardin" (ce sont ces dernières remarques, que j'avais déjà lues, rapportées par un autre érudit local, qui m'avaient conduit à faire replanter un verger et des charmilles alignées à la Chaslerie).
Au cours des trois dernières semaines, Pascal MAIZERAY a poursuivi son travail de maçonnerie sur la charretterie.

Il y a deux semaines, trois grilles en fer ont été scellées sur la façade Ouest du manoir (au rez-de-chaussée du colombier et des anciennes écuries, dans l'"aile de la belle-mère", ainsi qu'il était indiqué sur les clés permettant d'accéder aux pièces correspondantes, sur le trousseau qui nous a été remis en 1991).

Ce matin, Thierry BOURRE doit repasser voir ses plantations et me présenter ses préconisations. Nous évoquerons mon projet de planter une ou deux lignes de poiriers à l'Est du Pournouët, en limite extérieure du talus des douves, de manière à en agrémenter la vue au printemps. Il faudrait également décider enfin ce qu'on fait sur la parcelle de terrain en face du logement de la famille GAHERY.

Lundi prochain, l'entreprise DUBOURG DECO de Flers (qui m'a été recommandée par mon voisin, M. ROZARD) doit commencer à repeindre (ou passer à la lasure) les portes extérieures et fenêtres du manoir et de ses dépendances. Sur le fournil, la couleur sera maintenue "bleu charron". Sur les fenêtres des bâtiments au Nord et à l'Ouest de la cour ainsi que sur celles de la cave, ce sera désormais du "rouge sang de boeuf". En effet, selon ce que m'a indiqué M. Jean-Jacques ROUCHERAY (qui réstaure magistralement le château de Pont-Rilly à Nègreville près de Valognes, dans le Nord Cotentin), grand connaisseur de ces questions, bleu charron et rouge sang de boeuf sont les couleurs authentiques et normales pour les bâtiments de ces époques et de ces statuts ; en revanche, le blanc précédent était une incongruité.

Lundi également, Pascal POIRIER doit passer afin que nous discutions d'un projet d'ornements sculptés sur la future charretterie. J'envisage en effet de m'inspirer d'un ornement du manoir du Grand Boudet à Saint-Gilles-des-Marais. Il s'agirait ainsi de poster en hauteur, à deux angles de ce bâtiment, deux loups assis regardant, l'un vers le Sud du côté de la grande allée, l'autre vers le Nord et la façade Sud du manoir ; l'un et l'autre présenteraient l'écu des LEDIN. J'ai choisi des loups en référence au loup courant de l'ancien écu de Lonlay-l'Abbaye (cf un vitrail de la chapelle) ; j'ai prévu de les assoir pour marquer que la Chaslerie était sous leur garde ; enfin, ils présenteront l'écu des LEDIN puisque, d'une part, cette famille était inféodée à l'abbé de Lonlay, d'autre part, elle aimait par-dessus tout faire étalage de ses armes. L'idée de poster deux telles sculptures sur la charretterie répond à mon souci d'offrir au visiteur des anecdotes dès qu'il lève les yeux (coq de la chapelle, épis de faîtage ou boules de noblesse sur le manoir, etc...) ; c'est une idée dont il ne faut pas abuser mais que je trouve plaisante. Bien entendu, la réalisation de ces deux ornements conditionnera la finition des maçonneries donc de la couverture de la charretterie. J'aimerais cependant avoir mené à bien ladite couverture avant les prochaines Journées du Patrimoine.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 8 Novembre 2009
Journal du chantier - Arboriculture-horticulture - Abords, Avenue, terrasse
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Ce matin, avec Thierry BOURRE, nous avons fait le tour des plantations et vérifié le travail effectué par son équipe ces derniers jours. Ils ont coupé les mauvaises herbes sur les lignes de plantation et l'effet en est agréable à regarder.

Nous avons parcouru la propriété à bord du dernier gadget de Thierry, un quad à trois places, un "Ranger 4x4" de marque "Polaris", ce que Thierry appelle sa brouette à moteur. Comme il n'y a pas de pare-brise, il ne faisait pas chaud à bord.

Au passage, Thierry m'a signalé le vol de plants à deux endroits. Cela concerne à peu près 80 arbustes au total, déplantés sur deux lignes dissimulées jusque là par les hautes herbes.

Sachant qu'un plant coûte en moyenne 1 euro chez Thierry BOURRE, je rappelle au visiteur indélicat qu'il trouvera toutes les coordonnées de ce dernier sur la page "Travaux" du site. Pour un prix somme toute modique, il pourra même s'y approvisionner avec un choix d'essences plus important que chez moi.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 9 Novembre 2009
Journal du chantier - Arboriculture-horticulture - Abords, Avenue, terrasse
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Voici, pour info, le courriel que m'a fait parvenir Thierry BOURRE dès ce matin :

"Bonjour,

Veuillez trouver ci-dessous les quelques points que nous avons évoqués ce dimanche 8 novembre au matin :

1/ Boisement 2008-2009 :
L'entretien est quasiment terminé (reste la parcelle traversée par la ligne électrique qui sera terminée demain mardi 10 novembre).
La reprise dans son ensemble est convenable. Cependant, nous regarnirons les allées de hêtres. Nous comblerons les zones où les plants ont été dérobés.
Un regarnis sera également effectué dans la zone d'acacias.
Nous préconisons un prochain passage de broyeur vers le mois de mai.
Un dégagement en plein pourra également être effectué juste avant les Journées du Patrimoine où notre équipe se chargera du dégagement sur la ligne et votre salarié du passage de broyeur.

2/ Boisement 1999-2000 :
Plantation d'aulnes à côté de M. et Mme PHILIPPE : marquage par nos soins des arbres à abattre par votre salarié.
Plantation de chênes et d'aulnes (petite parcelle) à gauche de l'allée en face de la Chaslerie : marquage par nos soins des arbres à abattre par votre salarié ; dépressage des chênes issus de semis naturels en présence éventuelle de votre salarié afin de le former à ce type d'activité.

3/ Cadrans celtiques :
Vérification et regarnis si nécessaires, plantation de quelques poiriers et de séquoïas centraux, en plus protégés de la même façon que les plants des cadrans.

4/ Nouvelles plantations :
Une trentaine de poiriers sera plantée sous la douve selon les mêmes dispositions que les arbres des cadrans, mais en évitant des alignements.

Bonne lecture

Thierry Bourré"

Merci, Thierry, c'est clair, net et précis, comme j'aime !

Thierry BOURRE est passé cette semaine pour préparer les plantations de poiriers en contrebas du talus des douves. Le terrain est très mouillé, de sorte qu'il faudra attendre quelques semaines avant d'installer les arbustes. D'ores et déjà, des piquets permettent d'apprécier l'impression qui sera produite, vue du manoir.

Je pense ainsi qu'il faudrait prévoir deux à trois dizaines de poiriers supplémentaires à l'angle Sud-Est de la clôture délimitant les terrains non loués au fermier. Il me semble aussi que Thierry BOURRE a un peu trop serré ses implantations par rapport au talus Est des douves. Je lui ai fait part de ces remarques pour qu'il corrige.

Par ailleurs, l'intérieur de la charretterie a été débarrassé de toutes les pièces de bois qui y étaient entreposées depuis des lustres. J'ai redécouvert à cette occasion que ce bâtiment avait abrité des vaches, peut-être jusqu'aux années 1950. Cela me donne envie de conserver les vestiges de mangeoires en bois ainsi dégagées. J'observe que les murs et le plafond de la pièce du rez-de-chaussée étaient simplement chaulés. Il faudrait encore éliminer des installations électriques vétustes ainsi que des pièces de bois stockées entre les solives, au plafond de ce volume. Quant au plancher du grenier que l'on voit par en-dessous, il devra être contrôlé et il faudra sans doute procéder à nombre de réparations d'usage.

Enfin, je viens de recevoir le devis, avec les dessins, de Roland FORNARI pour les grilles de la façade Est du manoir. Il s'agirait de "grilles quadrangulaires, à montage à mystère et barreaux formant cadre, posés sur oeillets, avec des fleurs découpées sur le haut des montants". Pour la seule grille de la salle-à-manger par exemple, il y aurait ainsi "17 traverses, 10 montants, 160 trous renflés et 8 fleurs", pour un poids estimé de 220 kg, "le tout en fer pur, seule matière historique exacte ; le tout forgé à chaud, dans les règles de l'art, oeuvré à la main ; le tout monté à mortaise, tenons, rivets, liens... sans soudure ; le tout livré brossé naturel, bannissant peinture et entretien".

Je ne comprends pas tout sur ce devis. Par exemple, pour moi, il n'y a que 16 traverses, ce qui justifierait les 160 trous.

Je tâcherai d'expliquer prochainement ici ce qu'est un "montage à mystère". J'avoue ne pas l'avoir encore saisi, même en étudiant de près les dessins de Roland FORNARI. En quelques mots, d'après ce que j'ai retenu de son discours, il s'agit en quelque sorte d'un processus de montage de la grille qui empêche de pouvoir jamais enlever un seul quelconque barreau sauf à démanteler l'ensemble. Toute la grille est à la fois solidaire et flexible, de sorte qu'elle pourrait se déformer sans forcer au cours des siècles, même si le bâtiment était victime d'un quelconque glissement de terrain distordant la maçonnerie d'une ouverture. Il semble ainsi qu'on ne doive jamais être trop prévoyant...

J'ai acheté aujourd'hui, sur les conseils de Maxime, une mini-pelleteuse d'occasion (modèle de 1999, 3250 heures au compteur) de marque Pel Job, de 2,5 tonnes (le poids est l'indicateur pertinent de puissance), destinée à faciliter les terrassements à la Chaslerie, qu'il s'agisse de drainages ou de tris de pierres. Nous disposons en outre d'une écurie de trois tracteurs, dont l'un, puissant, est doté d'une benne. Autrement dit, nous commençons à être bien équipés pour la prochaine phase de travaux.

Maxime profite de ses congés scolaires pour entretenir tout le matériel. Il a ainsi rapporté aujourd'hui le gyro-broyeur dont il a remplacé les couteaux, révisé les fixations et sur la caisse duquel il a soudé une tôle destinée à renforcer une partie rouillée.

Eric OLIVIER, l'électricien-plombier-chauffagiste basé à Romagny qui intervient à la Chaslerie, est venu discuter avec moi des prochaines implantations de prises électriques, interrupteurs et autres radiateurs dans sept pièces du bâtiment Nord. Les installations antérieures ont en effet été déposées pour vétusté. Une fois ces travaux réalisés, la restauration de ce bâtiment se poursuivra par les enduits intérieurs.

En contrebas du Pournouët, Thierry BOURRE a replanté des cannes de jonc pour donner une idée de l'implantation des futurs poiriers. Cela ne correspond pas tout à fait à ce que j'avais demandé mais nous allons planter ces arbres en suivant ses préconisations. L'expérience a en effet montré qu'en matière d'arbres, il est difficile d'avoir la science infuse et il est toujours temps de compléter.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 19 Avril 2010
Journal du chantier - Terrassement - Arboriculture-horticulture - Cave - Murs divers
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Branle-bas de combat aujourd'hui à la Chaslerie ! Carole mobilise toutes les bonnes volontés !

Il faut en effet faire place nette au Sud de la cave, en vue d'y implanter un système de drainage enfin efficace, de manière à éviter que, chaque hiver, la cave ne soit inondée. Par conséquent, il faut décider rapidement où transplanter les rosiers très vigoureux de la façade Sud de ce bâtiment.

Donc Carole est en train d'imaginer la future plate-bande à l'Ouest du mur entre la chapelle et le manoir où il faudra replanter ces fleurs. Comment s'y abriter du vent ? Quelle largeur prévoir pour cette plate-bande ? Quels espacements respecter entre les rosiers ou bien entre le mur et les rosiers ? Comment éviter que la plate-bande ne soit envahie par les herbes voisines ? Où placer un banc ?

Tout cela demande des idées d'ensemble, mais aussi des mesures précises. Bref, Bernard et moi ne sommes pas de trop pour aider l'artiste à concevoir l'oeuvre.

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Ce Bernard est une perle ! Qu'on en juge !

Ce matin, Carole l'avait chargé de dégager de leur herbe les plates-bandes destinées aux rosiers. L'herbe devait être découpée en plaques (ce que les golfeurs appellent des "escalopes", ma spécialité d'ailleurs), de manière à pouvoir être redéposée dans un autre endroit de l'avant-cour, là où, jusqu'à il y a quelques semaines, les maçons avaient stocké des pierres.

Bernard a vite compris que, pour mener à bien cette tâche, nos outils ne suffiraient pas. Il a donc manifesté l'intention de repasser chez lui chercher sa houette. C'est à ce moment-là que je lui ai demandé de m'aider, à l'occasion, à trouver des sceaux de Salomon multiflores (Polygonatum multiflorum, classe des Lilopsida, famille des Convallariaceae), comme me le demande mon professeur de biologie florale à Caen, pour un herbier que je dois rassembler.

J'ai juste eu le temps de montrer à Bernard une photographie de ce "muguet sauvage" qu'il était revenu, armé de sa houette et brandissant un seau dans lequel il me rapportait un sceau de Salomon entier, racines incluses, comme il convient.

J'ai déjà expliqué sur ces pages à quel point j'étais mauvais quand il s'agissait de choisir des couleurs de peintures. Les visiteurs assidus de ce site (que je salue, ils le méritent bien) sauront désormais que je suis encore loin d'avoir acquis le coup d'oeil d'un gars de la campagne pour reconnaître les herbes sauvages.

Tout cela pour dire que les théories de Ricardo sur les avantages comparatifs s'appliquent parfaitement ces jours-ci à la Chaslerie : chacun y contribue à l'effort commun au mieux de ses forces et capacités ; Carole conçoit, je planifie, finance et contrôle (ce qui n'est quand même pas rien), Pascal et Maxime (dès que sa scolarité le lui permet) maçonnent, Claude coupe l'herbe et entretient le matériel avec Maxime, Bernard soigne les arbres, les haies et les plates-bandes et trouve même le temps de m'aider dans mes études.

La morale de cette histoire est que je vais donc demander sans tarder à Bernard de rechercher la scolopendre (Asplenium scolopendrium) qui me manque toujours pour mon herbier. J'en ai certes découvert une dans le puits de la Chaslerie (le seul puits ouvert actuellement, étant entendu qu'il y en a au moins deux autres mais qui ont été bouchés ou refermés) mais je me vois mal y descendre de 3 mètres pour cette récolte.

Au volant de son "Manitou", Roland BOUSSIN replace la charpente de la charretterie. Je l'ai invité à graver dans le chêne de sa sablière "A ETE RESTAUREE PAR ROLAND BOUSSIN EN 2010".

C'est en quelque sorte un clin d'oeil que je me permets à son prédécesseur Jean MIDY, qui était intervenu sur la charpente des écuries et de la cave du manoir et les avait de même gravées, voici la bagatelle de deux siècles et demi (comme on peut le vérifier sur la page "Visite" de ce site internet).

Roland BOUSSIN, qui connaît ses classiques (je pense ici au texte de la sablière de la cave), me demande si je souhaiterais voir mon nom également inscrit, à l'instar d'un LEDIN, sur cette sablière. Je réponds que non ; mon nom sur une plaque tombale de la chapelle de la Chaslerie, ce sera bien assez pour moi, mais le plus tard possible.

Bernard a demandé à Maxime de se mettre aux commandes de la mini-pelleteuse, afin de retourner en profondeur la terre qu'il vient de finir de dégager de son herbe sur les futures plates-bandes de rosiers. Je suis surpris de la compacité du sol, au pied du mur allant de la chapelle au manoir. A l'évidence, celle-ci résulte des passages de tracteurs charriant des pierres, lors de la récente restauration de la maçonnerie de ce mur.

Mais la terre d'ici est peu fertile, tout juste bonne à produire de l'herbe à vaches quand on ne la sature pas d'engrais. Ce soir, Bernard a d'ailleurs rapporté une benne d'humus tiré de "la fontaine du Tertre Linot", un terrain qu'il connaît bien mieux que moi car il me l'a vendu après l'avoir longtemps travaillé quand il était agriculteur. Les rosiers de Carole apprécieront, sans nul doute.

Pascal taille des grès en vue de restaurer les ouvertures du fournil de la ferme. Parfois, le grès éclate en lamelles plus ou moins épaisses, obligeant Pascal à reprendre son travail à zéro.

Car la pierre d'ici est dure à travailler.

Quant à Thierry BOURRE, nous l'attendons toujours pour planter de nouveaux poiriers, comme convenu. Cette attente est d'autant plus longue à mon gré qu'alentour, les poiriers commencent à être en fleurs.

Les poiriers en fleurs, bonheur fugace du printemps, comme ces jours-ci à la Chaslerie. Ces poiriers trop souvent abattus chez des voisins par des tronçonneuses implacables dont j'entends les stridences barbares dans le lointain.

Car les tracteurs géants de l'agriculture moderne tolèrent de moins en moins les obstacles à leur progression, ici haies ou poiriers typiques du Domfrontais. C'est aussi ce qu'on appelle le progrès, prétend-on parfois.

Sous la dent des scies, le chêne de Bellême rosit avant de jaunir quelques heures plus tard. C'est ce que m'a expliqué Roland BOUSSIN hier, alors que son équipe ajustait des pièces de bois pour remonter la charpente de la charretterie.

Au milieu de la nuit dernière, à la seule lueur de la lune montante, je suis allé me promener autour de la Chaslerie. Maintenant que cette charpente est de nouveau en place, on redécouvre la masse de ce bâtiment au Sud de l'avant-cour. Je trouve qu'il occupe bien l'espace et que l'impression en est agréable lorsqu'on arrive sur le manoir, en descendant le chemin qui le relie à la D22. L'avant-cour retrouve donc, petit à petit, son équilibre profond. Dans quelques mois, la nouvelle statue de Sainte Anne, en cours de finition, et la grille vers le Pournouët, encore en projet, devraient parachever les travaux lourds sur cette avant-cour. Ne resterait plus alors qu'à traiter la lancinante question de la restauration de l'allée historique, que bloque toujours un agriculteur têtu.

Hier, Bernard a replanté les rosiers de la cave sur les nouvelles plates-bandes, le long du mur allant de la chapelle au manoir. Il lui a fallu les déterrer à la benne, le tracteur Valtra se cabrant sous l'effort qui lui était ainsi demandé.

Le plombier-chauffagiste recommandé par Didier SAMSON est revenu pour préparer ses devis. Nous sommes convenus de déplacer au rez-de-chaussée de la tour Louis XIII la petite chaudière qui, à ce jour, alimente en eau chaude le seul cabinet de toilettes en fonction. La citerne à fuel n'aurait pas besoin d'être déplacée. Maintenant que nous disposons d'une mini-pelleteuse, ce sera en effet un jeu d'enfant que de creuser les tranchées nécessaires à l'alimentation de la chaudière dans la tour. En l'état du dossier, je repousse donc à des jours meilleurs le règlement de fond de la question du mode de chauffage unique de l'ensemble du manoir.

Pour le bâtiment Nord, nous sommes d'accord, le nouveau plombier et moi, pour procéder en deux temps.

Lors d'une première tranche de travaux qui pourrait commencer rapidement, il déplacerait la chaudière et installerait le chauffage dans 6 pièces dudit bâtiment : au rez-de-chaussée, l'entrée, la chambre, son cabinet de toilettes et son passage-dressing et, au premier étage, les deux chambres. Les sanitaires seraient installés dans le cabinet de toilettes du rez-de-chaussée et dans la chambre Ouest de l'étage.

La seconde phase pourrait commencer lorsque Pascal aurait effectué les travaux nécessaires pour transformer en cuisine le rez-de-chaussée de la tour Nord-Est, là où se trouve actuellement une chambre non chauffée, jouxtant la salle à manger du manoir. L'essentiel de ces travaux de maçonnerie consisterait à ouvrir le mur de la tour, sur toute son épaisseur (de l'ordre de 1,2 mètre à cet endroit), de façon à relier la future cuisine avec l'actuelle chaufferie et future arrière-cuisine. Le plombier pourrait, lors de sa deuxième tranche de travaux, faire arriver ses installations dans le nouveau salon d'hiver (ancienne cuisine), la nouvelle arrière-cuisine, la nouvelle cuisine et la nouvelle salle de bains (au premier étage de la tour Nord-Est, à la place d'un volume qui sert actuellement de débarras à la grande chambre voisine, celle du grand lit à baldaquin). Je précise ici, à toutes fins utiles, que j'écris "nouvelles" ici alors qu'il s'agit le plus souvent d'anciennes affectations, certaines antérieures à la Révolution ; mais, entre-temps, ces usages étaient tombés en désuétude.

De manière à ne pas retarder davantage le lancement des travaux sur l'escalier de l'entrée du bâtiment Nord, Pascal devrait prioritairement enduire de chaux les murs de cette pièce. Le menuisier pourrait revenir ensuite, dès que le chauffage par le sol aurait été installé.

Bien sûr, il va falloir trouver un nouvel abri pour les bûches actuellement entreposées dans la future chaufferie. Pascal propose de retaper lui-même sommairement l'appentis de la grange, près de l'ancienne carrière. Cela me paraît une bonne idée et je lui donne mon accord. Cela permettra aussi de protéger des intempéries d'autres bûches, actuellement éparses sur la propriété, suite à des coupes de bois.

Aidé de Maxime, Pascal a bien avancé cette semaine sur la restauration des maçonneries du fournil de la ferme. Avec Roland BOUSSIN, nous avons commencé à discuter de la restauration de sa charpente et de sa couverure. Avec le nouveau plombier, nous avons évoqué la mise aux normes de la fosse septique commune à ce fournil et à la ferme.

Enfin, Roland PADET, serrurier à Domfront, est passé vérifier diverses serrures extérieures du manoir et de ses dépendances.

L'équipe de Thierry BOURRE a planté aujourd'hui, à l'Est du Pournouët, une cinquantaine de poiriers. Je lis sur l'étiquette "Poirier Caleryana".

Mais Wikipedia me donne plus de détails. J'apprends ainsi que "le poirier de Chine (Pyrus calleryana) est une espèce de poirier originaire de Corée et du Japon. Il doit son nom latin et anglais (Callery pear) à un missionnaire français nommé Joseph-Marie Callery qui le ramena de Chine en 1858.
C'est un arbre à feuilles caduques au port naturellement érigé pouvant mesurer de 15 à 20 m de haut".
Thierry BOURRE m'a pourtant assuré qu'il ne dépasserait pas 3 mètres. Curieux. J'ai donc bien fait de suivre la suggestion de Carole et de ne pas planter là où cela aurait bouché la vue vers l'Est, le "poumon" (une tourbière) ainsi que les terres louées au fermier.

"Son écorce grise est rugueuse et fissurée. Les feuilles brillantes vert foncé alternées mesurent de 4 à 7 cm de long, ont un long pétiole et virent au rouge vif en automne."
Intéressant.

"Les fleurs blanches de 2 à 3 cm de diamètre et à 5 pétales apparaissent au début du printemps avant les feuilles. Elles sont légèrement malodorantes."
Ceci n'est pas gênant pour moi, en raison de l'éloignement du manoir.

"Le fruit comestible ressemble à une pommette marron très dure de 1 cm de diamètre. Il se ramollit après une période de gel mais reste très aigre et sans intérêt gustatif."
De toutes façons, j'en aurais été bien embarrassé.

"Il contient une ou deux petites graines. C'est à son petit fruit que l'arbre doit son surnom d'arbre « à haricot » en Chine. Pyrus calleryana est un arbre hermaphrodite rustique (jusqu'à -25°C, zone USDA 5), vigoureux et peu regardant sur le type de sol. De croissance rapide, il peut donner ses premiers fruits dès sa troisième année. À l'état naturel, P. calleryana est un arbre à rameau épineux mais de nombreux cultivars sont inermes."

"Il a une période de dormance assez courte et conserve ses feuilles longtemps en automne."
Intéressant pour moi.

"Il tolère l'ombre mais a besoin d'une exposition ensoleillée pour bien fructifier. Certains cultivars, comme « Bradford », sont résistants au feu bactérien, au phytophthora, au chancre du collet et peu sensibles au dépérissement du poirier. P. calleryana se reproduit facilement par semis. On obtient en moyenne 10% d'arbres faibles particulièrement sujets au dépérissement du poirier et il est important de les éliminer."

"Pyrus calleryana fut initialement introduit en Amérique du Nord dans le cadre de programme de croisement génétique afin de créer des poiriers domestiques disposant de la résistance au feu bactérien de certaines variétés de P. calleryana. Ce fut un échec mais en raison de sa très belle floraison printanière et de son beau feuillage rouge en automne, le poirier de Chine a été, depuis 1950, « reconverti » en arbre d'ornement principalement dans toute l'Amérique du Nord. L'espèce n'a pourtant pas que des avantages. En raison de la grande dispersion de ses graines par les oiseaux et de sa grande tolérance à tous types de sols et de climats, P. calleryana s'est aujourd'hui tellement propagé aux États-Unis qu'il y est désormais considéré comme une espèce invasive. Autre inconvénient, son bois est assez cassant, ses fleurs ne sentent pas très bon et son pollen peut provoquer des allergies."
Le fait que le bois soit cassant peut présenter des inconvénients par tempête, comme cela arrive ici.

"On utilise les semis de Pyrus calleryana comme porte-greffe pour de nombreuses variétés de poirier commun et surtout de nashi. Il est aussi particulièrement adapté aux variétés Comice, Bosc, et Seckel. Il est surtout utilisé en Chine et plus récemment aux États-Unis et au Japon.
Ce porte-greffe tolère des sols plus humides que le porte-greffe OHxF ou le cognassier."
Ca tombe bien, le terrain où il est planté ici est très humide.

"L'arbre fructifie plus vite et donne des fruits plus gros mais peut avoir un comportement irrégulier. À maturité, l'arbre est légèrement plus petit qu'un semis de Pyrus communis. Il est intéressant en climat chaud et terre sableuse ; s'adapte bien en France. Il se propage également bien par bouturage. Il existe de nombreux cultivars tels que « Bradford » (poirier de Bradford, le plus répandu), « Capital », « Chanticleer », « Red spire », « Aristocrat », « Autumn Blaze », « Cleveland Select », « Fauriei » ou « Whitehouse ». Les quatre premiers sont les plus résistants au feu bactérien et font donc de meilleurs porte-greffes pour les variétés de poires sensibles telles que la passe-crassane.
« Bradford », a un port très érigé qui le rend intéressant en zone urbaine mais, du fait de sa ramification anguleuse, il est également assez fragile et résiste mal aux tempêtes de neige ou aux grands vents."
Ca, ça tombe mal...

"De plus, sa durée de vie ne dépasse pas 25 ans, c'est pourquoi on lui préfère désormais des variétés plus résistantes telles que « Cleveland Select »."
Cette brève durée de vie est un inconvénient pour moi qui travaille à horizon de 150 ans, en général.

Un de mes vieux amis, le préfet Paul C., me demandait récemment quelle trace je laisserais sur cette Terre. Je lui ai immédiatement répondu "la restauration d'un monument historique", non sans ajouter "ce n'est peut-être pas considérable mais, au moins, ça ne fait de mal à personne".

En fait, nous venons de planter sur la parcelle au Nord du manoir et au centre du grand calendrier celtique, le plus à l'Est, un "Sequoia sempervirens" de 2 mètres de haut à ce stade mais dont un cousin a déjà atteint 115 mètres de haut quelque part en Californie.

Au centre de l'autre calendrier celtique, le plus proche de la D22, nous avons de même planté un "cèdre du Liban" ; un tel arbre peut vivre plusieurs milliers d'années.

Tout cela laisse rêveur. Quand je vous disais (voir un échange dans le Livre d'Or, à la date du 19 novembre dernier) qu'il faut être un peu fou pour entreprendre la restauration d'un monument historique...

Ce matin, Bernard a, comme chaque année, planté des cosmos ("Cosmos bipinnatus") de part et d'autre des entrées de la cour, dans les plates-bandes qu'il avait méticuleusement nettoyées. Je lui ai ensuite demandé d'essayer d'occire au round-up les bambous qui prolifèrent au Sud du mur Sud de la charretterie.

Puis Bernard, Claude et Pascal ont ressorti les bancs et mobiliers de jardin entreposés dans le fournil.

En ce moment, Claude rejointoye le mur Nord du bâtiment Nord et Pascal sort des écuries où elles étaient stockées, des tuiles nécessaires pour les couvertures de la charretterie.

Sur la charretterie, 5 employés de Roland BOUSSIN clouent les chevrons et s'apprêtent à poser les planches et le tissu de protection convenus. Ils sont placés sous la direction de Thierry qui a une longue expérience de la Chaslerie, puisqu'il y était déjà intervenu sur la voûte de la chapelle et le dôme à l'impériale ainsi que sur la couverture du logis et de la tour Nord-Est.

Après les festivités de la Sainte Anne, la vie reprend son cours normal sur le chantier.

Pascal, qui sera encore aidé par Maxime pendant 4 semaines, a bien l'intention de finir bientôt les maçonneries du fournil de la ferme (achèvement des murs pignons et restauration du four). Il est probable qu'ensuite, il travaillera au drainage extérieur de la cave.

Bernard aura pour tâche principale, durant les prochaines semaines, d'arroser les arbres qui souffrent le plus de la sécheresse, notamment le jeune séquoïa au centre d'un cadran celtique, les hêtres des allées autour du manoir et les jeunes pommiers proches de la départementale. Pour ce faire, il utilisera la citerne que vient de réparer Maxime et pompera l'eau nécessaire dans le Beaudouët. Il faudra également qu'il coupe les "chardrons" près de la départementale et qu'il commence, notamment si la sécheresse cesse enfin, à couper l'herbe dans les plantations au Sud du manoir.

Quant à Roland FORNARI, le forgeron d'art, il vient de me prévenir que, pour les prochaines Journées du Patrimoine, il ne pourrait avoir posé la grille commandée pour le passage dans le mur entre le manoir et la chapelle. Il a en effet trop de travail en ce moment. Pour moi, ce n'est pas une mauvaise nouvelle pour des raisons fiscales qu'il serait fastidieux d'évoquer ici (tenant au très probable relèvement prochain du taux de la T.V.A. sur les travaux qui y sont soumis, ce qui n'est pas le cas des travaux confiés à cet artisan).

Le mauvais temps a gêné Pascal et Maxime dans la poursuite de la restauration du fournil de la ferme. Ils viennent à peine d'en remonter le conduit de cheminée du pignon Ouest.[img:500]2010_08_11_13 bis[/img]Ils ont néanmoins commencé à installer les échafaudages nécessaires pour le pignon Est.

J'ai demandé à Pascal de prévoir, dans ce pignon Est, une niche de manière à ce que nous puissions y installer la statue non identifiée qui, jusqu'à l'arrivée de la Sainte Anne en juin dernier, trônait dans la niche extérieure de la chapelle du manoir. Cette statue de calcaire étant en mauvais état, c'est Morgane POIRIER, la fille aînée du sculpteur de la Sainte Anne, qui doit la restaurer (elle vient d'être admise à un difficile concours administratif de restauratrice de statues pour les musées) :

Si le mauvais temps devait continuer, il faudrait néanmoins que Pascal et Maxime aient de quoi s'occuper, puisque je les paye à l'heure. En l'état du chantier, il n'y a pas de travaux à réaliser à l'abri ; en particulier, la poursuite de la restauration intérieure du bâtiment Nord est conditionnée dans l'immédiat par l'intervention du plombier (qui doit poser le système de chauffage par le sol au rez-de-chaussée et par des radiateurs à l'étage), puis par celle d'un électricien (celui que j'ai contacté semble avoir du mal à organiser son planning - problème connu, c'était déjà le cas de son oncle...-).

J'envisage donc de demander à Pascal d'installer un parapluie au-dessus du puits de la ferme, de manière à pouvoir en restaurer confortablement la maçonnerie. Il faudrait rétablir la construction en forme de pain de sucre, typique des puits du secteur. Voici d'ailleurs deux photos d'un puits distant de moins de 500 mètres de la Chaslerie, qui montrent à quoi je pense :

Il va donc falloir retrouver la pierre conique du sommet, ce qui ne va pas être facile dans notre capharnaüm...

Le mauvais temps n'ayant pas que des inconvénients, Bernard a pu cesser d'arroser les hêtres, charmes et fruitiers qui souffraient le plus. Il s'est donc translaté dans une parcelle au Nord du manoir, le long du Beaudouët ; là, il coupe les "doches" et les "chardrons" qui envahissent les plantations d'il y a deux ans.

Ce faisant, Bernard a remarqué le passage fréquent de rongeurs le long de la rive du ruisseau qu'ils ont largement sapée. Il a donc placé son piège, des pommes servant d'appât. En 3 jours, il vient d'attraper 9 bestioles, rats, rats musqués ou ragondins.

Voici le piège en position ce matin ; comme on le voit, un ragondin y était pris :

Et voici ce ragondin aux pieds de Bernard : un gros pépère, assurément, et bien dodu (le ragondin, pas Bernard), ce qui montre à quel point on peut prospérer à la Chaslerie ! Ses longues incisives orange étaient impressionnantes...

Il va donc falloir déposer une demande d'autorisation préalable pour la restauration de l'allée principale.

C'est l'occasion d'évoquer ici les plans cadastraux dont je dispose à ce sujet. Pour la clarté de l'exposé, je vais partir du plus récent puis remonter dans le temps. (N.B. : la présente rédaction de ce message tient compte des découvertes que j'ai faites aux archives départementales de l'Orne le 25 novembre 2010, et dont je rends compte, sous l'onglet "Sujets divers", dans un message du 26 novembre 2010 ; en particulier, je m'interroge désormais sur la justesse des deux derniers plans ci-après).

Le plus récent a été préparé dans le cadre du remembrement de La Haute Chapelle qui était en cours lorsqu'en 1991, j'ai acheté la Chaslerie. Il est présenté ici de façon telle que "grosso modo", le Nord soit à gauche. Trois parcelles apparaissent sur cet extrait : en haut, celle du manoir (ZT 5), en bas celle de la ferme (ZT 2), à droite celle des agriculteurs les plus proches (géographiquement), actuellement les frères VINCENT (ZT 4).

Le plan cadastral lors du dernier remembrement.

C'est sur la base de ce plan que, dans le cadre de ce remembrement, l'essentiel des terres de la Chaslerie a été regroupé en une seule parcelle. En fait, ce plan n'est pas celui qui dit le droit actuellement ; il représente en effet ce qui serait advenu si ma voisine de l'époque, Jeannette LEVEQUE, n'avait pas renié sa parole en cours de remembrement (pour le détail de cette sale affaire, voir à l'onglet "Sujets divers", neuf messages mis en ligne en novembre 2010). On pourra noter qu'à l'intérieur de ces parcelles consécutives à une étape du remembrement (mais c'est également vrai sur le plan définitif où aurait dû être retracé le dernier avatar), toute trace de haie ou de fossé a disparu (même les douves, ce qui est un comble s'agissant d'un monument historique classé !). Est-il utile que j'indique que, de mon point de vue, ce plan, ainsi laminé, constitue de fait un encouragement à faire disparaître toute haie du bocage environnant, un "pousse-au-crime" bien inutile en l'état des mœurs de certains agriculteurs peu enclins, à l'évidence, à défendre la beauté des sites ?

Deuxièmement, le plan qui était en vigueur juste avant ce remembrement. Sur cet extrait, le Nord est en haut à gauche. Là, le géomètre avait encore respecté les limites des parcelles traditionnelles.

Cadastre en vigueur jusqu'au début des années 1990.

L'allée principale y était clairement représentée et l'on voit même que, curieusement pour qui a connu les lieux depuis quelques décennies, elle s'infléchissait sur la droite entre les anciennes parcelles 27 et 29, avant, semble-t-il de longer, au niveau de l'avant-cour du manoir, le mur de la chapelle au manoir. Ce plan avait en outre l'intérêt de représenter la charretterie dans son emprise d'origine (à côté du 12) ainsi que des bâtiments aujourd'hui démontés ou même disparus (en particulier le fournil de la cave, le bûcher de l'arrière-cour du manoir - près du 15 -, ou des granges diverses à proximité de la ferme). Ce plan montre également le circuit des douves dans son état des années 1950, avec l'arrivée de l'eau à l'angle Sud-Est des douves, une première sortie en limite Sud de la parcelle 9 et une sortie importante au Nord de la parcelle 8.

Troisièmement, voici un plan datant, semble-t-il, du milieu du XIXème siècle, tel que Nicolas GAUTIER l'avait copié je ne sais où :

Le plan cadastral qui devait être en vigueur dans la seconde moitié du XIXème siècle.

Sur l'allée principale, il ne nous apprend pas grand chose, sauf peut-être qu'avant de déboucher devant la cour du manoir, elle s'incurvait nettement dans l'avant-cour (où figurait une construction disparue - j'ai entendu parler d'une forge, on l'aperçoit d'ailleurs sur certaines cartes postales du début du XXème siècle, cf photothèque -). Ce plan du XIXème siècle nous montre surtout en quoi consistait alors le circuit des douves, avec un arrivée fraîchement creusée au Sud-Est du manoir ainsi q'une sorte de canal recourbé selon les lignes du terrain au Nord-Ouest. Je signale également que n'apparaît pas sur ce plan le bâtiment Nord, ce que semble contredire un témoignage reçu récemment en "Sujets divers" sur ce site internet (à propos d'un cadran solaire daté de 1815 et aujourd'hui disparu).

Quatrièmement, le plan dit "du cadastre napoléonien", copié ici par Nicolas GAUTIER sur l'original conservé aux archives départementales à Alençon :

Copie par Nicolas GAUTIER du plan dit

Si cette copie est exacte, la principale information que j'y découvre tient au fait qu'avant de franchir la douve Sud, l'allée principale passait entre deux petites parcelles qui me semblent témoigner de la présence très ancienne, à cet endroit, de deux pavillons d'entrée ou d'un châtelet. Apparemment, ces constructions avaient déjà disparu à l'époque de ce plan mais on en conservait encore la mémoire. Quant aux douves, l'on voit qu'il en restait un bout derrière la charretterie et l'on a confirmation de l'implantation de leur ancienne arrivée d'eau, un circuit que j'ai fait recreuser dès 1991.

P.S. du 26 novembre 2010 : il semble que la copie par Nicolas GAUTIER du "plan cadastral napoléonien" (en fait, plan de 1824) comporte des erreurs. Je signale que je donne aujourd'hui la bonne version de ce plan dans un message édité sous l'onglet "Sujets divers".

En fait, pour la restauration de l'allée principale de la Chaslerie, tout se trouve conditionné par le refus de mes voisins (actuellement les frères VINCENT) de me vendre la bande de terrain dont j'aurais besoin pour conserver à la chaussée son emprise actuelle. Ce blocage m'oblige en effet à déporter la chaussée de quelques mètres vers l'Est si je veux replanter l'avenue d'arbres dans des conditions incontestables par ces voisins.

Ces voisins prétendent en effet que la moitié du talus le long de leur terrain leur appartient. C'est aussi ce qui est illusté sur le plan détaillé de l'allée que j'ai fait établir, dès avril 1992, par la S.C.P. OLLIVIER-PELLE, géomètres-experts à Alençon. Sur ce document, trop large pour être scanné en entier avec mon matériel, le Nord est en haut. En voici un extrait, au départ de l'allée :

Ce plan détaillé semble ainsi confirmer que, si le talus qui se trouve à droite de l'allée en descendant m'appartient en totalité, ainsi que le fossé qui le longe, il n'en irait pas de même pour le talus de gauche que je serais censé partager avec mes voisins. Puisque l'allée est, sur une largeur de 8 mètres, donc avec ses deux talus, inscrite à l'I.S.M.H., on arriverait à une situation absurde où ces voisins pourraient continuer à bloquer la restauration tant que je ne me déciderais pas à en décentrer la chaussée. Comme l'on voit, cette question est délicate ; elle a d'ores et déjà donné lieu à de longs débats sur lesquels je reviendrai dans la rubrique "Sujets divers", puisqu'il ne s'agit pas là, à proprement parler, de faits qui ont leur place dans le "journal du chantier" ; mais plutôt dans le vrac des "Sujets divers", entre un article sur la généalogie et un autre sur la géologie ; dans une sous-rubrique à créer, si l'on veut, et qui pourrait s'intituler "moeurs locales"...

Accessoirement, ce plan détaillé montre que l'allée commence à 158 m d'altitude et a 534 m de long entre, d'une part, ce départ au Sud du manoir et, d'autre part, la double porte cochère et piétonnière du manoir. Au total, la dénivellation est de 20 m ; la pente moyenne est donc de l'ordre de 4 % mais elle n'est pas constante puisque le profil de l'allée est globalement concave, l'arrivée s'effectuant au terme d'un faux-plat.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le 31 Octobre 2010
Journal du chantier - Terrassement - Arboriculture-horticulture - Abords, Avenue, terrasse - Charretterie
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Je vais maintenant vous expliquer à quel stade nous en sommes rendus de la restauration de l'allée principale de la Chaslerie.

D'abord, voici dans quel état elle se trouvait lors de notre achat :
- une première vue vers le Nord, en direction du manoir :

28 février 1993, en arrivant sur le manoir.

- une seconde vue vers le Sud et l'entrée de l'allée :

28 février 1993, en direction du bourg de La Haute Chapelle.

De prime abord, elle paraissait donc tout à fait accueillante.

En fait, malgré cette apparence pimpante, le chemin n'était plus carrossable que pour les tracteurs agricoles, tant il était défoncé, et les arbres semblaient souvent rabougris, des fils barbelés s'y étant en outre enkystés.

Tout à mon idée d'inclure dans ma restauration le renouvellement des arbres, j'ai donc fait abattre les chênes, souvent creux et malades, en question :

Mars 1993, abattage des chênes, ici un arbre creux.

On a ainsi retrouvé, dans nombre de ces arbres, les marques noires provoquées par l'impact d'une bombe américaine à la Libération :

Mars 1993, des marques noires troublantes.

En 1997, des travaux de terrassement ont permis de faciliter l'entretien du terrain derrière la charretterie...

16 novembre 1997, terrassements derrière la charretterie.

... et de rétablir un talus disparu en bas de l'allée :

22 novembre 1997, rétablissement du talus sur le faux-plat.

En 2008, 17 ans donc après l'achat de la Chaslerie, aucun compromis n'avait toujours pu être trouvé avec les frères VINCENT, les agriculteurs voisins. J'ai donc décidé de tourner la page et me suis résolu à envisager un déplacement de la chaussée de l'allée. Les tilleuls que j'avais déjà fait planter à l'arrivée sur le manoir ont donc dû, pour la moitié d'entre eux, être transplantés de quelques mètres vers l'Est :

18 janvier 2008, transplantation de tilleuls près du manoir.

Voici d'ailleurs l'un des frères LEMARINIER à l'oeuvre :

18 janvier 2008, transplantation de tilleuls.

Le terrassier JARRY est ensuite intervenu pour déplacer de 8 mètres vers l'Est l'un des deux talus de l'allée, celui à droite en descendant. Le voici au travail en bas de l'allée :

6 février 2008, déplacement du talus à droite en descendant.

et le voici en haut de l'allée :

6 février 2008,déplacement du talus et creusement du fossé à droite en descendant.

Lors de ce travail, nous étions convenus que Philippe JARRY devait sauver un maximum d'arbres du talus de droite, afin de ne pas trop déséquilibrer l'allée :

8 février 2008, de jeunes chênes sont replantés sur le talus.

Nous en avons également profité pour récurer les fossés et poser des drains le long de l'allée :

Depuis lors, nous nous sommes bornés à maintenir la chaussée en état carrossable, quitte à la rempierrer de temps à autre, comme ici en 2010 :

7 juin 2010, Bernard en train de rempierrer la chaussée.

Désormais, la future emprise de l'allée ne fait plus débat. Les travaux à venir vont consister à en déplacer la chaussée de 4 mètres vers l'Est et à planter des arbres de haute tige (essence à définir) de part et d'autre de cette avenue :

26 juillet 2010, l'allée principale vue de son extrêmité Sud.

Il faudra également préciser le tracé de l'allée lors de sa traversée de l'avant-cour ; c'est d'ailleurs pour me rendre compte des effets produits que, comme l'on sait, j'ai placé des blocs de granite sur la pelouse de l'avant-cour.

A ce stade, la priorité est donc de déposer la demande d'autorisation prévue par la réglementation. J'imagine que la réalisation pourrait intervenir avant l'été prochain.

Ce matin, Bernard a tondu l'herbe devant le manoir. Ce sera la dernière fois de l'année :

24 novembre 2010, dernière tonte de l'année.

De son côté, Pascal a commencé à intervenir sur la porte extérieure du bâtiment Nord :

24 novembre 2010, début des travaux de rétrécissement de la porte extérieure du bâtiment Nord.

En milieu d'après-midi, outre le linteau, tout le côté droit a été démonté, parfois au marteau-piqueur :

24 novembre 2010, fin du démontage du chambranle droit de la porte extérieure du bâtiment Nord.

Je précise que le marteau-piqueur était nécessaire uniquement là où Pascal était déjà intervenu, il y a quelques mois, lorsque nous avions changé la pierre de seuil.

Roland BOUSSIN est revenu aujourd'hui à la Chaslerie pour compléter les échafaudages du fournil de la ferme, en compagnie de son gendre et bras droit, Franck LIEGEAS :

26 novembre 2010, pose des échafaudages sur le fournil de la ferme.

Nous avons discuté du calendrier de ses futures interventions. Son équipe devrait restaurer à l'atelier la charpente du fournil pendant les prochaines semaines. Il faudra qu'au préalable, il aille récupérer des poutres qui m'ont été vendues sur les conseils de Jean LEMARIE, mon ami antiquaire-brocanteur.

Roland me promet son retour à la Chaslerie pour la fin janvier, afin de commencer sur place les travaux de charpente et de couverture de ce fournil. Je lui ai demandé qu'à cette occasion, il découvre l'extension Sud de la ferme, afin que Pascal puisse ensuite restituer son aspect de longère. Dans cette perspective, il serait souhaitable que Lucyna GAUTIER, l'architecte, puisse dessiner les lucarnes destinées à remplacer les fenêtres du 1er étage de cette extension ; Roland BOUSSIN m'indique toutefois qu'elle a dû repartir en Pologne, pour y être au chevet de sa mère.

En discutant avec Roland, je me suis aperçu que la charpente du corps de la ferme avait bougé. Cela m'est apparu au niveau de la sablière Ouest :

26 novembre 2010, vue des sablières Ouest de la ferme.

Roland m'a expliqué que ce désordre était dû aux travaux réalisés à l'intérieur du bâtiment. Nous y avons en effet retiré des sommiers et deux cloisons intérieures, de sorte que le poids de la couverture a tendance à faire s'écarter les murs. En raison des délais courus entre cette modification, il y a quatre ans déjà (comme le temps passe vite, à la Chaslerie !), et la reprise qui n'est toujours pas intervenue, le désordre risquerait de se développer si nous n'y parions vite. Il va donc falloir remonter prioritairement l'une des cloisons intérieures. Voici donc une mauvaise nouvelle mais, heureusement, nous nous sommes aperçus du problème à temps.

Avec Roland, nous avons également programmé ses travaux sur les écuries du manoir avant la fin de 2011. A défaut de respecter cette échéance, je risquerais en effet de perdre le reliquat de la subvention accordée par le conseil général de l'Orne et ce serait stupide. Je vais cependant tâcher d'obtenir du conseil général qu'il relâche cette contrainte, assez gênante en l'état de mes autres priorités.

De son côté, Pascal a fini de remonter le jambage droit de la porte extérieure du bâtiment Nord :

26 novembre 2010 à 16 heures.

La photo suivante permet de mieux voir en quoi a consisté son intervention :

26 novembre 2010, vue de la porte extérieure du bâtiment Nord en cours de remontage, prise de l'intérieur du bâtiment.

L'embrasure de la porte a été nettement ouverte et ... nous avons pensé en temps utile à l'électricité !

Quant à Bernard, il a achevé de couper l'herbe devant le manoir :

26 novembre 2010, Bernard à la débroussailleuse et en tenue de combat !

Tout est donc en ordre pour dimanche prochain (après-demain) à 11 h 30 : il y aura alors messe en latin à la chapelle de la Chaslerie, qu'on se le dise !