Arboriculture-horticulture

Reçu ce matin, par la poste, la photo d'un article transmise par Sébastien WEIL que j'en remercie.

Il s'agit de "Notes recueillies sur l'arrondissement de Domfront, au mois d'avril 1852, par M. BLANCHETIERE, Membre de la Société Française", article publié en 1853 dans le "bulletin monumental ou collection de mémoires et de renseignements sur la statistique monumentale de la France ; 2è série, tome 9è, 19è vol. de la collection, par les Membres de la Société Française pour la Conservation des Monuments, publié par M. de CAUMONT" à Paris.

Louis BLANCHETIERE relate dans ces notes une excursion qu'il a faite dans l'arrondissement de Domfront en avril 1852. D'emblée, ces notes témoignent des préoccupations et des compétences géologiques de leur auteur, ainsi que de son intérêt pour les routes ; on peut donc se demander si ce n'était pas une sorte d'ingénieur des Ponts ou des T.P.E., comme l'on dit aujourd'hui.

Les notes relatives à la "Châlerie" occupent 10 pages du document et sont agrémentées de la reproduction de deux croquis qui doivent être de la main de Louis BLANCHETIERE. J'ai déjà commenté ces croquis hier, notamment l'un des deux, fort instructif quant à l'état du logis avant l'incendie de 1884.

Quant au texte lui-même, il est également riche d'enseignements, même si j'y relève une erreur de date, Louis BLANCHETIERE ayant cru que le logis datait de 1558, alors qu'il date de l'année de l'édit de Nantes.

On y apprend que les épis du logis étaient en terre cuite, ce que ne permettait pas de comprendre le croquis. A cet égard, la prudence manifestée par M. RONSSERAY dans son article annexé à ce site internet ne peut qu'être louée ; il a en effet pris ses distances avec les affirmations de VIOLLET-LE-DUC pour qui une couverture en ardoise devait s'accompagner d'épis en métal. C'est sans doute la proximité géographique de GER, lieu où étaient modelés ces épis, d'ailleurs avec une argile de LA HAUTE CHAPELLE, qui a permis à M. RONSSERAY de comprendre que cette industrie locale ne pouvait qu'inonder le pays de ses productions, poussant ainsi à une sorte de sur-consommation locale de ses "grès".

Louis BLANCHETIERE donne d'utiles informations sur l'occupation des bâtiments. Le "château" est "inhabité depuis la Révolution", servant "à peine à déposer des fourrages et bois" (pas étonnant que la foudre ait pu y mettre le feu en 1884...). En revanche, l'"aile gauche est aujourd'hui à peu près toute occupée par des fermiers", écrit-il.
"Presque tout le château" est recouvert d'ardoises, ce qui confirme qu'il y avait aussi de la tuile sur certains bâtiments sur cour (on le sait aussi grâce à une photo ancienne des écuries et du colombier).
Le logis comporte une "cuisine à très-grandes dimensions", sans doute la salle-à-manger actuelle puisqu'un four est toujours visible dans sa cheminée.
Le rez-de-chaussée et le "premier étage" (il y en avait donc un second, ce qui confirme la présence de grandes lucarnes) du logis sont "pavés en briques carrées", revêtement qui a aujourd'hui totalement disparu (sauf dans un coin de la cage d'escalier).

Louis BLANCHETIERE s'est beaucoup intéressé à la chapelle et à son décor intérieur. Il écrit en particulier : "Sur les murs se trouvent des fragments de peintures à fresque" (erreur, ce ne sont pas des fresques mais des peintures murales, obéissant à une autre technique ; les fresques sont peintes quand l'enduit n'est pas encore sec, contrairement aux peintures murales) "d'un fort bon style ; mais dont il est impossible de reconnaître les sujets, tant elles ont été détériorées par le temps et par le choc des fagots que les fermiers y déposent" (comme si le logis ne leur avait pas suffi, hélas !). S'ensuit une description de ces décors qui montre que, durant le siècle et demi suivant, les dégradations se sont poursuivies, Louis BLANCHETIERE ayant d'ailleurs compris que "Ce qui a malheureusement hâté la destruction de ces intéressantes décorations, c'est le peu de solidité de l'enduit qui les supporte. En effet, il n'est formé que d'une mince couche d'argile recouverte d'une pellicule de chaux, le tout cédant au moindre choc. Il est probable que cet enduit n'avait pas été fait en vue d'y appliquer des peintures, mais que l'artiste officieux, hôte du châtelain, aura, sans préparation, jeté à l'improviste ses heureuses conceptions sur les murs tels qu'il les a trouvés" (ici, je précise que cet artiste était en fait tombé amoureux de la servante du manoir qu'il a fini par épouser, un LEDIN lui servant même de témoin).
A la fin de ses notes sur la chapelle, Louis BLANCHETIERE s'intéresse aux noms peints sur les sablières intérieures de la chapelle, notamment ACHARD, LEVERRIER, FORTIN et de COURCELLES, CORMIER, COUPEL, ainsi qu'à Pierre IV LEDIN (à qui, s'étant trompé de dates comme on l'a dit, il attribue à tort la reconstruction du logis), Charles-Claude LEDIN et Pierre-François LEDIN.

En fin d'article, Louis BLANCHETIERE complète sa description du site de la Chaslerie et précise que les douves avaient "au moins 10 mètres de largeur et 2 mètres de profondeur" (il négligeait leur envasement, voir photothèque jointe), que "les fermes" (sans doute la ferme et la cave, pour reprendre ma terminologie) voisinaient un verger, et que des "charmilles alignées ombrageaient le jardin" (ce sont ces dernières remarques, que j'avais déjà lues, rapportées par un autre érudit local, qui m'avaient conduit à faire replanter un verger et des charmilles alignées à la Chaslerie).
Au cours des trois dernières semaines, Pascal MAIZERAY a poursuivi son travail de maçonnerie sur la charretterie.

Il y a deux semaines, trois grilles en fer ont été scellées sur la façade Ouest du manoir (au rez-de-chaussée du colombier et des anciennes écuries, dans l'"aile de la belle-mère", ainsi qu'il était indiqué sur les clés permettant d'accéder aux pièces correspondantes, sur le trousseau qui nous a été remis en 1991).

Ce matin, Thierry BOURRE doit repasser voir ses plantations et me présenter ses préconisations. Nous évoquerons mon projet de planter une ou deux lignes de poiriers à l'Est du Pournouët, en limite extérieure du talus des douves, de manière à en agrémenter la vue au printemps. Il faudrait également décider enfin ce qu'on fait sur la parcelle de terrain en face du logement de la famille GAHERY.

Lundi prochain, l'entreprise DUBOURG DECO de Flers (qui m'a été recommandée par mon voisin, M. ROZARD) doit commencer à repeindre (ou passer à la lasure) les portes extérieures et fenêtres du manoir et de ses dépendances. Sur le fournil, la couleur sera maintenue "bleu charron". Sur les fenêtres des bâtiments au Nord et à l'Ouest de la cour ainsi que sur celles de la cave, ce sera désormais du "rouge sang de boeuf". En effet, selon ce que m'a indiqué M. Jean-Jacques ROUCHERAY (qui réstaure magistralement le château de Pont-Rilly à Nègreville près de Valognes, dans le Nord Cotentin), grand connaisseur de ces questions, bleu charron et rouge sang de boeuf sont les couleurs authentiques et normales pour les bâtiments de ces époques et de ces statuts ; en revanche, le blanc précédent était une incongruité.

Lundi également, Pascal POIRIER doit passer afin que nous discutions d'un projet d'ornements sculptés sur la future charretterie. J'envisage en effet de m'inspirer d'un ornement du manoir du Grand Boudet à Saint-Gilles-des-Marais. Il s'agirait ainsi de poster en hauteur, à deux angles de ce bâtiment, deux loups assis regardant, l'un vers le Sud du côté de la grande allée, l'autre vers le Nord et la façade Sud du manoir ; l'un et l'autre présenteraient l'écu des LEDIN. J'ai choisi des loups en référence au loup courant de l'ancien écu de Lonlay-l'Abbaye (cf un vitrail de la chapelle) ; j'ai prévu de les assoir pour marquer que la Chaslerie était sous leur garde ; enfin, ils présenteront l'écu des LEDIN puisque, d'une part, cette famille était inféodée à l'abbé de Lonlay, d'autre part, elle aimait par-dessus tout faire étalage de ses armes. L'idée de poster deux telles sculptures sur la charretterie répond à mon souci d'offrir au visiteur des anecdotes dès qu'il lève les yeux (coq de la chapelle, épis de faîtage ou boules de noblesse sur le manoir, etc...) ; c'est une idée dont il ne faut pas abuser mais que je trouve plaisante. Bien entendu, la réalisation de ces deux ornements conditionnera la finition des maçonneries donc de la couverture de la charretterie. J'aimerais cependant avoir mené à bien ladite couverture avant les prochaines Journées du Patrimoine.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le dimanche 8 novembre 2009
Journal du chantier - Arboriculture-horticulture - Abords, Avenue, terrasse
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Ce matin, avec Thierry BOURRE, nous avons fait le tour des plantations et vérifié le travail effectué par son équipe ces derniers jours. Ils ont coupé les mauvaises herbes sur les lignes de plantation et l'effet en est agréable à regarder.

Nous avons parcouru la propriété à bord du dernier gadget de Thierry, un quad à trois places, un "Ranger 4x4" de marque "Polaris", ce que Thierry appelle sa brouette à moteur. Comme il n'y a pas de pare-brise, il ne faisait pas chaud à bord.

Au passage, Thierry m'a signalé le vol de plants à deux endroits. Cela concerne à peu près 80 arbustes au total, déplantés sur deux lignes dissimulées jusque là par les hautes herbes.

Sachant qu'un plant coûte en moyenne 1 euro chez Thierry BOURRE, je rappelle au visiteur indélicat qu'il trouvera toutes les coordonnées de ce dernier sur la page "Travaux" du site. Pour un prix somme toute modique, il pourra même s'y approvisionner avec un choix d'essences plus important que chez moi.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le lundi 9 novembre 2009
Journal du chantier - Arboriculture-horticulture - Abords, Avenue, terrasse
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Voici, pour info, le courriel que m'a fait parvenir Thierry BOURRE dès ce matin :

"Bonjour,

Veuillez trouver ci-dessous les quelques points que nous avons évoqués ce dimanche 8 novembre au matin :

1/ Boisement 2008-2009 :
L'entretien est quasiment terminé (reste la parcelle traversée par la ligne électrique qui sera terminée demain mardi 10 novembre).
La reprise dans son ensemble est convenable. Cependant, nous regarnirons les allées de hêtres. Nous comblerons les zones où les plants ont été dérobés.
Un regarnis sera également effectué dans la zone d'acacias.
Nous préconisons un prochain passage de broyeur vers le mois de mai.
Un dégagement en plein pourra également être effectué juste avant les Journées du Patrimoine où notre équipe se chargera du dégagement sur la ligne et votre salarié du passage de broyeur.

2/ Boisement 1999-2000 :
Plantation d'aulnes à côté de M. et Mme PHILIPPE : marquage par nos soins des arbres à abattre par votre salarié.
Plantation de chênes et d'aulnes (petite parcelle) à gauche de l'allée en face de la Chaslerie : marquage par nos soins des arbres à abattre par votre salarié ; dépressage des chênes issus de semis naturels en présence éventuelle de votre salarié afin de le former à ce type d'activité.

3/ Cadrans celtiques :
Vérification et regarnis si nécessaires, plantation de quelques poiriers et de séquoïas centraux, en plus protégés de la même façon que les plants des cadrans.

4/ Nouvelles plantations :
Une trentaine de poiriers sera plantée sous la douve selon les mêmes dispositions que les arbres des cadrans, mais en évitant des alignements.

Bonne lecture

Thierry Bourré"

Merci, Thierry, c'est clair, net et précis, comme j'aime !

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le dimanche 28 février 2010
Journal du chantier - Electricité - Ferronnerie - Arboriculture-horticulture - Abords, Avenue, terrasse - Logis - Charretterie
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Thierry BOURRE est passé cette semaine pour préparer les plantations de poiriers en contrebas du talus des douves. Le terrain est très mouillé, de sorte qu'il faudra attendre quelques semaines avant d'installer les arbustes. D'ores et déjà, des piquets permettent d'apprécier l'impression qui sera produite, vue du manoir.

Je pense ainsi qu'il faudrait prévoir deux à trois dizaines de poiriers supplémentaires à l'angle Sud-Est de la clôture délimitant les terrains non loués au fermier. Il me semble aussi que Thierry BOURRE a un peu trop serré ses implantations par rapport au talus Est des douves. Je lui ai fait part de ces remarques pour qu'il corrige.

Par ailleurs, l'intérieur de la charretterie a été débarrassé de toutes les pièces de bois qui y étaient entreposées depuis des lustres. J'ai redécouvert à cette occasion que ce bâtiment avait abrité des vaches, peut-être jusqu'aux années 1950. Cela me donne envie de conserver les vestiges de mangeoires en bois ainsi dégagées. J'observe que les murs et le plafond de la pièce du rez-de-chaussée étaient simplement chaulés. Il faudrait encore éliminer des installations électriques vétustes ainsi que des pièces de bois stockées entre les solives, au plafond de ce volume. Quant au plancher du grenier que l'on voit par en-dessous, il devra être contrôlé et il faudra sans doute procéder à nombre de réparations d'usage.

Enfin, je viens de recevoir le devis, avec les dessins, de Roland FORNARI pour les grilles de la façade Est du manoir. Il s'agirait de "grilles quadrangulaires, à montage à mystère et barreaux formant cadre, posés sur oeillets, avec des fleurs découpées sur le haut des montants". Pour la seule grille de la salle-à-manger par exemple, il y aurait ainsi "17 traverses, 10 montants, 160 trous renflés et 8 fleurs", pour un poids estimé de 220 kg, "le tout en fer pur, seule matière historique exacte ; le tout forgé à chaud, dans les règles de l'art, oeuvré à la main ; le tout monté à mortaise, tenons, rivets, liens... sans soudure ; le tout livré brossé naturel, bannissant peinture et entretien".

Je ne comprends pas tout sur ce devis. Par exemple, pour moi, il n'y a que 16 traverses, ce qui justifierait les 160 trous.

Je tâcherai d'expliquer prochainement ici ce qu'est un "montage à mystère". J'avoue ne pas l'avoir encore saisi, même en étudiant de près les dessins de Roland FORNARI. En quelques mots, d'après ce que j'ai retenu de son discours, il s'agit en quelque sorte d'un processus de montage de la grille qui empêche de pouvoir jamais enlever un seul quelconque barreau sauf à démanteler l'ensemble. Toute la grille est à la fois solidaire et flexible, de sorte qu'elle pourrait se déformer sans forcer au cours des siècles, même si le bâtiment était victime d'un quelconque glissement de terrain distordant la maçonnerie d'une ouverture. Il semble ainsi qu'on ne doive jamais être trop prévoyant...

J'ai acheté aujourd'hui, sur les conseils de Maxime, une mini-pelleteuse d'occasion (modèle de 1999, 3250 heures au compteur) de marque Pel Job, de 2,5 tonnes (le poids est l'indicateur pertinent de puissance), destinée à faciliter les terrassements à la Chaslerie, qu'il s'agisse de drainages ou de tris de pierres. Nous disposons en outre d'une écurie de trois tracteurs, dont l'un, puissant, est doté d'une benne. Autrement dit, nous commençons à être bien équipés pour la prochaine phase de travaux.

Maxime profite de ses congés scolaires pour entretenir tout le matériel. Il a ainsi rapporté aujourd'hui le gyro-broyeur dont il a remplacé les couteaux, révisé les fixations et sur la caisse duquel il a soudé une tôle destinée à renforcer une partie rouillée.

Eric OLIVIER, l'électricien-plombier-chauffagiste basé à Romagny qui intervient à la Chaslerie, est venu discuter avec moi des prochaines implantations de prises électriques, interrupteurs et autres radiateurs dans sept pièces du bâtiment Nord. Les installations antérieures ont en effet été déposées pour vétusté. Une fois ces travaux réalisés, la restauration de ce bâtiment se poursuivra par les enduits intérieurs.

En contrebas du Pournouët, Thierry BOURRE a replanté des cannes de jonc pour donner une idée de l'implantation des futurs poiriers. Cela ne correspond pas tout à fait à ce que j'avais demandé mais nous allons planter ces arbres en suivant ses préconisations. L'expérience a en effet montré qu'en matière d'arbres, il est difficile d'avoir la science infuse et il est toujours temps de compléter.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le lundi 19 avril 2010
Journal du chantier - Terrassement - Arboriculture-horticulture - Cave - Murs divers
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Branle-bas de combat aujourd'hui à la Chaslerie ! Carole mobilise toutes les bonnes volontés !

Il faut en effet faire place nette au Sud de la cave, en vue d'y implanter un système de drainage enfin efficace, de manière à éviter que, chaque hiver, la cave ne soit inondée. Par conséquent, il faut décider rapidement où transplanter les rosiers très vigoureux de la façade Sud de ce bâtiment.

Donc Carole est en train d'imaginer la future plate-bande à l'Ouest du mur entre la chapelle et le manoir où il faudra replanter ces fleurs. Comment s'y abriter du vent ? Quelle largeur prévoir pour cette plate-bande ? Quels espacements respecter entre les rosiers ou bien entre le mur et les rosiers ? Comment éviter que la plate-bande ne soit envahie par les herbes voisines ? Où placer un banc ?

Tout cela demande des idées d'ensemble, mais aussi des mesures précises. Bref, Bernard et moi ne sommes pas de trop pour aider l'artiste à concevoir l'oeuvre.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le mardi 20 avril 2010
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Arboriculture-horticulture - Nature (hors géologie)
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Ce Bernard est une perle ! Qu'on en juge !

Ce matin, Carole l'avait chargé de dégager de leur herbe les plates-bandes destinées aux rosiers. L'herbe devait être découpée en plaques (ce que les golfeurs appellent des "escalopes", ma spécialité d'ailleurs), de manière à pouvoir être redéposée dans un autre endroit de l'avant-cour, là où, jusqu'à il y a quelques semaines, les maçons avaient stocké des pierres.

Bernard a vite compris que, pour mener à bien cette tâche, nos outils ne suffiraient pas. Il a donc manifesté l'intention de repasser chez lui chercher sa houette. C'est à ce moment-là que je lui ai demandé de m'aider, à l'occasion, à trouver des sceaux de Salomon multiflores (Polygonatum multiflorum, classe des Lilopsida, famille des Convallariaceae), comme me le demande mon professeur de biologie florale à Caen, pour un herbier que je dois rassembler.

J'ai juste eu le temps de montrer à Bernard une photographie de ce "muguet sauvage" qu'il était revenu, armé de sa houette et brandissant un seau dans lequel il me rapportait un sceau de Salomon entier, racines incluses, comme il convient.

J'ai déjà expliqué sur ces pages à quel point j'étais mauvais quand il s'agissait de choisir des couleurs de peintures. Les visiteurs assidus de ce site (que je salue, ils le méritent bien) sauront désormais que je suis encore loin d'avoir acquis le coup d'oeil d'un gars de la campagne pour reconnaître les herbes sauvages.

Tout cela pour dire que les théories de Ricardo sur les avantages comparatifs s'appliquent parfaitement ces jours-ci à la Chaslerie : chacun y contribue à l'effort commun au mieux de ses forces et capacités ; Carole conçoit, je planifie, finance et contrôle (ce qui n'est quand même pas rien), Pascal et Maxime (dès que sa scolarité le lui permet) maçonnent, Claude coupe l'herbe et entretient le matériel avec Maxime, Bernard soigne les arbres, les haies et les plates-bandes et trouve même le temps de m'aider dans mes études.

La morale de cette histoire est que je vais donc demander sans tarder à Bernard de rechercher la scolopendre (Asplenium scolopendrium) qui me manque toujours pour mon herbier. J'en ai certes découvert une dans le puits de la Chaslerie (le seul puits ouvert actuellement, étant entendu qu'il y en a au moins deux autres mais qui ont été bouchés ou refermés) mais je me vois mal y descendre de 3 mètres pour cette récolte.

Au volant de son "Manitou", Roland BOUSSIN replace la charpente de la charretterie. Je l'ai invité à graver dans le chêne de sa sablière "A ETE RESTAUREE PAR ROLAND BOUSSIN EN 2010".

C'est en quelque sorte un clin d'oeil que je me permets à son prédécesseur Jean MIDY, qui était intervenu sur la charpente des écuries et de la cave du manoir et les avait de même gravées, voici la bagatelle de deux siècles et demi (comme on peut le vérifier sur la page "Visite" de ce site internet).

Roland BOUSSIN, qui connaît ses classiques (je pense ici au texte de la sablière de la cave), me demande si je souhaiterais voir mon nom également inscrit, à l'instar d'un LEDIN, sur cette sablière. Je réponds que non ; mon nom sur une plaque tombale de la chapelle de la Chaslerie, ce sera bien assez pour moi, mais le plus tard possible.

Bernard a demandé à Maxime de se mettre aux commandes de la mini-pelleteuse, afin de retourner en profondeur la terre qu'il vient de finir de dégager de son herbe sur les futures plates-bandes de rosiers. Je suis surpris de la compacité du sol, au pied du mur allant de la chapelle au manoir. A l'évidence, celle-ci résulte des passages de tracteurs charriant des pierres, lors de la récente restauration de la maçonnerie de ce mur.

Mais la terre d'ici est peu fertile, tout juste bonne à produire de l'herbe à vaches quand on ne la sature pas d'engrais. Ce soir, Bernard a d'ailleurs rapporté une benne d'humus tiré de "la fontaine du Tertre Linot", un terrain qu'il connaît bien mieux que moi car il me l'a vendu après l'avoir longtemps travaillé quand il était agriculteur. Les rosiers de Carole apprécieront, sans nul doute.

Pascal taille des grès en vue de restaurer les ouvertures du fournil de la ferme. Parfois, le grès éclate en lamelles plus ou moins épaisses, obligeant Pascal à reprendre son travail à zéro.

Car la pierre d'ici est dure à travailler.

Quant à Thierry BOURRE, nous l'attendons toujours pour planter de nouveaux poiriers, comme convenu. Cette attente est d'autant plus longue à mon gré qu'alentour, les poiriers commencent à être en fleurs.

Les poiriers en fleurs, bonheur fugace du printemps, comme ces jours-ci à la Chaslerie. Ces poiriers trop souvent abattus chez des voisins par des tronçonneuses implacables dont j'entends les stridences barbares dans le lointain.

Car les tracteurs géants de l'agriculture moderne tolèrent de moins en moins les obstacles à leur progression, ici haies ou poiriers typiques du Domfrontais. C'est aussi ce qu'on appelle le progrès, prétend-on parfois.

Sous la dent des scies, le chêne de Bellême rosit avant de jaunir quelques heures plus tard. C'est ce que m'a expliqué Roland BOUSSIN hier, alors que son équipe ajustait des pièces de bois pour remonter la charpente de la charretterie.

Au milieu de la nuit dernière, à la seule lueur de la lune montante, je suis allé me promener autour de la Chaslerie. Maintenant que cette charpente est de nouveau en place, on redécouvre la masse de ce bâtiment au Sud de l'avant-cour. Je trouve qu'il occupe bien l'espace et que l'impression en est agréable lorsqu'on arrive sur le manoir, en descendant le chemin qui le relie à la D22. L'avant-cour retrouve donc, petit à petit, son équilibre profond. Dans quelques mois, la nouvelle statue de Sainte Anne, en cours de finition, et la grille vers le Pournouët, encore en projet, devraient parachever les travaux lourds sur cette avant-cour. Ne resterait plus alors qu'à traiter la lancinante question de la restauration de l'allée historique, que bloque toujours un agriculteur têtu.

Hier, Bernard a replanté les rosiers de la cave sur les nouvelles plates-bandes, le long du mur allant de la chapelle au manoir. Il lui a fallu les déterrer à la benne, le tracteur Valtra se cabrant sous l'effort qui lui était ainsi demandé.

Le plombier-chauffagiste recommandé par Didier SAMSON est revenu pour préparer ses devis. Nous sommes convenus de déplacer au rez-de-chaussée de la tour Louis XIII la petite chaudière qui, à ce jour, alimente en eau chaude le seul cabinet de toilettes en fonction. La citerne à fuel n'aurait pas besoin d'être déplacée. Maintenant que nous disposons d'une mini-pelleteuse, ce sera en effet un jeu d'enfant que de creuser les tranchées nécessaires à l'alimentation de la chaudière dans la tour. En l'état du dossier, je repousse donc à des jours meilleurs le règlement de fond de la question du mode de chauffage unique de l'ensemble du manoir.

Pour le bâtiment Nord, nous sommes d'accord, le nouveau plombier et moi, pour procéder en deux temps.

Lors d'une première tranche de travaux qui pourrait commencer rapidement, il déplacerait la chaudière et installerait le chauffage dans 6 pièces dudit bâtiment : au rez-de-chaussée, l'entrée, la chambre, son cabinet de toilettes et son passage-dressing et, au premier étage, les deux chambres. Les sanitaires seraient installés dans le cabinet de toilettes du rez-de-chaussée et dans la chambre Ouest de l'étage.

La seconde phase pourrait commencer lorsque Pascal aurait effectué les travaux nécessaires pour transformer en cuisine le rez-de-chaussée de la tour Nord-Est, là où se trouve actuellement une chambre non chauffée, jouxtant la salle à manger du manoir. L'essentiel de ces travaux de maçonnerie consisterait à ouvrir le mur de la tour, sur toute son épaisseur (de l'ordre de 1,2 mètre à cet endroit), de façon à relier la future cuisine avec l'actuelle chaufferie et future arrière-cuisine. Le plombier pourrait, lors de sa deuxième tranche de travaux, faire arriver ses installations dans le nouveau salon d'hiver (ancienne cuisine), la nouvelle arrière-cuisine, la nouvelle cuisine et la nouvelle salle de bains (au premier étage de la tour Nord-Est, à la place d'un volume qui sert actuellement de débarras à la grande chambre voisine, celle du grand lit à baldaquin). Je précise ici, à toutes fins utiles, que j'écris "nouvelles" ici alors qu'il s'agit le plus souvent d'anciennes affectations, certaines antérieures à la Révolution ; mais, entre-temps, ces usages étaient tombés en désuétude.

De manière à ne pas retarder davantage le lancement des travaux sur l'escalier de l'entrée du bâtiment Nord, Pascal devrait prioritairement enduire de chaux les murs de cette pièce. Le menuisier pourrait revenir ensuite, dès que le chauffage par le sol aurait été installé.

Bien sûr, il va falloir trouver un nouvel abri pour les bûches actuellement entreposées dans la future chaufferie. Pascal propose de retaper lui-même sommairement l'appentis de la grange, près de l'ancienne carrière. Cela me paraît une bonne idée et je lui donne mon accord. Cela permettra aussi de protéger des intempéries d'autres bûches, actuellement éparses sur la propriété, suite à des coupes de bois.

Aidé de Maxime, Pascal a bien avancé cette semaine sur la restauration des maçonneries du fournil de la ferme. Avec Roland BOUSSIN, nous avons commencé à discuter de la restauration de sa charpente et de sa couverure. Avec le nouveau plombier, nous avons évoqué la mise aux normes de la fosse septique commune à ce fournil et à la ferme.

Enfin, Roland PADET, serrurier à Domfront, est passé vérifier diverses serrures extérieures du manoir et de ses dépendances.