Aile "de la belle-mère"

Je poursuis la rédaction d'un message délicat. Cela m'amène à me replonger dans toutes les pièces du dossier.

Puisque la lecture de ma rédaction actuelle est autorisée aux seules personnes ayant accès aux pages "Privé", à savoir mes fils, j'ai demandé à mon aîné de m'indiquer si, compte tenu des pièces que j'ai exhumées, il considère que je charrie ou si, au contraire, il trouve que j'ai raison.

Le nez sur le guidon, je ne suis sans doute pas le meilleur juge. Et mon aîné est, d'ordinaire, suffisamment critique de mon comportement général pour que je puisse penser qu'il ne me passera rien.

P.S. (du 4 janvier 2018 à 10 heures) : Interrogé à l'instant, le fiston me dit que mon début de message est trop touffu et que le plan de ma rédaction n'apparaît pas assez clairement. C'est sans doute vrai, il faut que ça décante...

Je vais quand même faire un "break", vu que je bosse là-dessus ce matin depuis 4 bonnes heures "non stop".
J'évite de recourir aux somnifères pour ne pas m'habituer à cette drogue. De plus, le somnifère que j'utilise, le "Donormyl", est, je crois, assez bénin. Enfin, lorsque je me résous à en ingurgiter, je n'en absorbe jamais qu'un demi-comprimé au plus.

Comme cette histoire d'architecte entravait mon sommeil depuis plusieurs jours, j'ai avalé un demi-comprimé hier soir. Et grand bien m'en a pris. Au réveil ce matin, j'ai une idée lumineuse qui devrait, je pense, permettre de débloquer la situation. En fait, une idée de compromis.

Avant de la coucher sur le papier et de la proposer, il faut encore que je travaille au bilan de cette affaire. Pour le simple bon ordre de mes dossiers, puisque c'est ainsi que je procède toujours. Et puis je vais devoir participer à Paris à l'anniversaire de mon second petit-fils, ce qui va ralentir ma production.

Mais je devrais être prêt à présenter mon offre dans le courant de la semaine prochaine. A suivre donc.
Cela m'a bien réussi de prendre un demi comprimé de "Donormyl" hier soir. Je vais recommencer ce soir afin d'être en pleine forme demain pour avancer dans mon pensum.

En fait, je ne mettrai pas en ligne (autrement qu'en pages "Privé") le détail de mon analyse. Il me paraît clair qu'agir autrement rendrait vain tout effort de recoller les morceaux.

Lorsque j'aurai terminé cette analyse qui pourra être très complète et factuelle tant sont nombreux les matériaux accumulés, je pourrai articuler ma proposition.

Pour dire les choses clairement et donner une idée de ce que j'ai derrière la tête, il me semble urgent de définir un nouveau cadre, très simplifié, pour mes relations avec l'architecte.

Je pense qu'il ne faut pas chercher à blinder le dossier au moyen d'un cadre contractuel complet et pérenne mais qu'il suffirait pour avancer que :
- de mon côté, je précise clairement les parties du chantier qui me paraissent devoir être réglées prioritairement ; on se bornerait, du moins dans un premier temps, à ne contracter qu'à propos de celles-ci ;
- du côté de l'architecte, on s'engage fermement à tenir un calendrier suffisamment serré sur ce programme ainsi limité en s'en donnant enfin les moyens.

Si l'expérience se révèle probante, vue de mon côté, c'est-à-dire gérable du côté de l'architecte, nous aurons fait un grand pas en avant qui pourra être réitéré.

Sinon (ou si le blocage actuel devait se prolonger), j'espérerais que l'architecte m'aide effectivement à lui trouver un successeur en toute sérénité. Si possible aussi sympathique que lui et aussi compétent sur le plan technique.

Mais il vaudrait mieux, quand même, que je ne rêve pas trop.
Igor, en vacances cette semaine, m'a proposé de venir nous donner un coup de main à la Chaslerie. J'ai tout de suite accepté.

Je me suis dit qu'il pourrait finir de gratter les restes de ciment sur les murs du troisième étage du colombier et creuser à la mini-pelle les fossés pour enterrer les tuyaux bleus du foreur.

En ce qui concerne les restes de ciment à gratter et autres interventions en maçonnerie du 3ème étage du colombier, l'architecte m'a confirmé depuis la mi-novembre que ces travaux, s'inscrivant dans le droit fil de mes efforts antérieurs pour faire disparaître les horreurs manifestes de mes prédécesseurs, ne nécessitent pas d'autorisation particulière.

Donc Igor a pu commencer, dès aujourd'hui, par faire tomber l'enduit de ciment autour de la fenêtre Nord-Oust :

7 janvier 2019.

On s'est alors aperçu qu'il serait trop difficile de remplacer par des pierres les parpaings de béton disposés autour des fenêtres lorsqu'elles ont été percées. Je me bornerai donc là, pour l'essentiel, à substituer de la chaux au ciment des éveils, ce qui permettra de ne pas tout casser à cet endroit :

7 janvier 2019.

7 janvier 2019.

Par ailleurs, ne pouvant décemment pas garder le ciment et la brique creuse de la niche du coin Nord-Ouest de la pièce, j'ai demandé à Igor de les faire sauter...

7 janvier 2019.

7 janvier 2019.

... mais là, nous avons eu la surprise de tomber sur une feuillure en bonne qualité de maçonnerie de pierres...

7 janvier 2019.

7 janvier 2019.

... avec des pierres de seuil convenablement agencées...

7 janvier 2019.

... de sorte que j'ai décidé de ne pas faire disparaître cette niche mais de la conserver pour y installer, le moment venu, un rangement de menuiserie. Je comprends en effet que cette niche était une porte, trop basse pour pouvoir être utilisée en tant que telle de nos jours, qui a été percée et proprement maçonnée dans le courant du XIXème siècle, lorsque d'anciens trous de colombe ont fait les frais de cette opération. Cette porte basse a été bouchée et salopée dans les années 1950, lorsque a été percée la porte centrale qui demeurera, comme l'a prévu le projet de juillet dernier de l'architecte. Conclusion : je ne vais guère rétablir les trous de colombe initiaux dans la moitié Ouest du mur Nord du colombier. Juste remettre un peu d'ordre dans ceux qui entourent la niche de cette partie du mur.

En revanche, il est confirmé que la niche Nord-Est est bien, en totalité, une saloperie bâclée des années 1950. Donc là, pas de quartier : on fera disparaître cette horreur et on rétablira à sa place les trous de colombe envolés :

7 janvier 2019.

Je continue à réfléchir à mon projet de lettre à l'architecte. Je voudrais trouver le ton juste pour arriver à le convaincre qu'il est aussi de son intérêt de débloquer la situation.

Il faudra donc, sans doute, que je n'évoque que par allusions le calendrier antérieur. Ce n'est pas le plus facile pour moi qui, par caractère, suis enclin à mettre les points sur les "i" d'une façon qui peut être contre-productive.

J'ai toujours été comme cela. Je me rappelle ainsi une réflexion de Mme HETTIER de BOISLAMBERT à ma mère, vers 1960, à propos de mes dessins d'enfant : elle notait que mes couleurs étaient fortement appliquées et nettement délimitées. Du DERAIN plus que du Marie LAURENCIN, en quelque sorte. Par comparaison, ma sœur donnait dans le genre pastel.
Mon projet de courriel à l'architecte est prêt. J'y présente des excuses pour mes torts ("if any", Nicodème, comme tu me l'as recommandé). Surtout j'y formule une contre-proposition qui me paraît simple et de bon goût.
CQFD
(Je me donne encore 24 heures pour laisser ma prose décanter.)
A la réflexion, pourquoi attendre davantage ?

C'est parti, mon kiki !

(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade
Envoyé : mercredi 9 janvier 2019 18:43
À : Arnaud Paquin Architecte
Objet : Chaslerie - Proposition de déblocage de la situation


Monsieur,

Je souhaite revenir sur nos derniers échanges pour voir avec vous s’il serait possible de poursuivre notre collaboration, quitte à en adapter les modalités. Cela me paraitrait en effet souhaitable pour chacun de nous deux

En premier lieu, je voudrais vous présenter mes excuses pour les termes que j’ai pu employer dans mes échanges avec vous à la fin de l’année dernière et qui ont pu vous heurter à une période où vous-même aviez des soucis familiaux que j’ignorais. J’espère que ceux-ci ont pu s’estomper et forme le vœu que votre année 2019 se déroule sous les meilleurs auspices.

Concrètement, il me semble que nous pourrions nous contenter, au moins dans un premier temps, de borner cette collaboration à la restauration des menuiseries extérieures de la Chaslerie. Celles-ci sont classées donc nécessitent l’intervention d’un architecte du patrimoine et il me semble que, prenant le relais d’un de vos confrères, vous avez su diagnostiquer le caractère inapplicable en l’état de préconisations de ce dernier et engager avec les artisans concernés un dialogue utile pour y remédier. Votre dernier courriel me confirme que vos idées sont très claires à ce sujet, de sorte qu’il ne devrait pas être long ni difficile pour vous de débloquer la situation en couchant vos idées par écrit, sous forme d’un document qui permettrait à la D.R.A.C. d’assurer le « contrôle scientifique et technique » dont elle est en charge et aux artisans de ne pas avoir de doute sur leur commande. Comme, rien que sur le logis, il existe une vingtaine de fenêtres de modèles très proches, il ne devrait pas être gênant pour vous que votre mission couvre également les ouvertures de l’aile Ouest (notamment au niveau des lucarnes du colombier) où la problématique est identique ainsi que des portes dont l’état sanitaire est préoccupant, l’une d’entre elles posant en outre, comme vous le savez, un problème urgent de sécurité.

Sur un tel programme, nous pourrions confirmer votre mode de rémunération, étant signalé que je ne vois pas pourquoi, en dépit de votre offre généreuse, je ne devrais rien vous régler au titre de l’ « esquisse » du « projet » de restauration de l’aile Ouest que vous m’avez remise il y a six mois et que je considère comme la meilleure qu’il m’ait été donné de voir à ce jour.

Au-delà de ce programme, j’envisagerais si, comme je le comprends, vous n’êtes pas disposé à prendre les engagements dont j’ai besoin sur un calendrier de livraison de vos prestations, de confier la maîtrise d’œuvre à un (ou une) architecte qui ne soit pas nécessairement architecte du patrimoine mais qui aurait néanmoins le goût et la compétence indispensables pour traiter de vieilles pierres. La réglementation l’autorise puisque tous les travaux de cette catégorie porteront en effet sur des parties seulement inscrites.

Je désirerais néanmoins que, si vous faisiez vôtre cette dernière orientation, le passage du relais à un (ou une) tel(le) architecte pour les seules parties inscrites s’effectue dans les meilleures conditions de confraternité possibles. A ce titre, je tiendrais le plus grand compte de vos indications sur l’identité possible du successeur, identité que je ne manquerais pas de solliciter de votre expertise.

En tout état de cause, je me déclare disponible pour vous rencontrer, y compris à votre cabinet si vous le préférez, afin que nous puissions officialiser un accord de ce type et dans cet esprit. Bien entendu, toute autre hypothèse demeurerait envisageable dès lors qu’elle permettrait de débloquer la situation.

Cordialement,

PPF

(Fin de citation)