Aile "de la belle-mère"

Dans le prolongement de mon récent courriel lui indiquant quelles sont mes priorités de chantier, j'ai invité aujourd'hui Arnaud PAQUIN à déjeuner à ma cantine favorite. La réunion a duré près de deux heures et a permis de préciser mon programme de travaux - du moins mes ambitions en la matière -. J'ai insisté sur les questions de calendrier et marqué mon souhait que toute la phase paperassière soit au plus tôt derrière nous. Il est prévu qu'Arnaud PAQUIN rédige rapidement son compte rendu de la réunion de chantier du 15 novembre dernier et revienne vers moi avec un projet de contrat organisant notre coopération.

Arnaud PAQUIN a bien compris que notre chantier favori est très lourd pour mes épaules (sans oublier mes poches) et que je suis susceptible de devenir angoissé, comme encore récemment, pour cette raison ; il m'a recommandé de prendre du recul, par exemple en effectuant une retraite dans un certain cadre (il a cité à ce propos le nom d'Ignace de LOYOLA). Quand je lui ai dit que j'étais Béarnais d'origine, il a demandé si j'avais des attaches protestantes ; je comprends qu'il trouve ma tournure d'esprit plus empreinte de rigueur que de grâce, ce en quoi je ne saurais lui donner tort, bien entendu.
A la réflexion, je trouverais idiot de m'endetter à mon âge à hauteur de 150 000 € en supportant des mensualités de 2 000 € si c'est pour ne pouvoir financer que 75 000 € de travaux et me retrouver, à l'âge de 73 ans, avec 75 000 € d'épargne. Mon problème est en effet de financer mon programme immédiat de travaux de plomberie et chauffage en attendant un hypothétique relais par mon aîné dans cinq ans, pas de me constituer une épargne pour l'époque où je serai gaga.

J'envisage donc de décliner cette offre de crédit. Mon problème de financement reste entier. Ça devient très tendu, tout ça.

Or, si mon idée de réintégration fiscale de déficits fonciers antérieurs était réalisable (ce qu'à dire vrai je crois être le cas, au moins pour une partie qui demeure substantielle à mon échelle), cela me permettrait dans un premier temps de lever le pied sur les travaux non subventionnés, donc de profiter de cette période de répit pour reconstituer un peu d'épargne m'autorisant une relance de ces travaux dans un second temps. Je parle ici d'une pause qui pourrait durer trois bonnes années. Autrement dit, le calendrier du chantier en serait lourdement affecté. Pas sûr que ça ne couine pas dans mon entourage.

Décidément, la restauration de vieilles pierres n'est pas une sinécure !

P.S. (du 26 novembre 2018) : (Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade
Envoyé : lundi 26 novembre 2018 08:21
À : (...)
Cc : T.F.
Objet : RE: Prêt

Cher Monsieur,

En réalité, cette offre ne correspond pas à ma demande. Je n'ai en effet nul besoin de me constituer une épargne de 75 000 € - accessible dans 7 ans ? - mais de financer mes travaux immédiats.

Cordialement,

PPF

_____________________________________________________________________

De : (...)
Envoyé : samedi 24 novembre 2018 08:56
À : 'Pierre-Paul Fourcade'
Objet : RE: Prêt

Bonjour Monsieur FOURCADE,

Nous pouvons donc partir sur un placement de 75 000 et un prêt de 150 000€ ?

Pouvez-vous venir semaine prochaine à l’agence ?

A vous lire

(Fin de citation)
(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade <penadomf@msn.com>
Envoyé : lundi 26 novembre 2018 21:57
À : Arnaud Paquin Architecte
Cc : T.F.
Objet : RE: Chaslerie - 2ème tranche de restauration des menuiseries du logis

Je viens de réviser et de compléter le texte de mon message en ligne. Tout cela est en train de devenir beaucoup trop difficile pour moi. Je n'en peux plus de toutes les contraintes auxquelles je devrais faire face pour continuer à avancer à ce stade. Cela est devenu impossible, je suis prêt à jeter l'éponge. Et advienne que pourra !

_______________________________________________________________________

De : Pierre-Paul Fourcade
Envoyé : lundi 26 novembre 2018 13:39
À : Arnaud Paquin Architecte
Objet : Chaslerie - 2ème tranche de restauration des menuiseries du logis

Cher Monsieur,

Pour info : https://www.chaslerie.fr/blog/message/44994

Pourriez-vous contacter (...) pour apprendre comment interpréter cette lettre ?

Par ailleurs, "Enedis" vient de m'appeler à l'instant pour l'histoire de transfo que vous savez. Ils voulaient encore me coller des appareillages visibles à l'extérieur de la charretterie. J'ai dit à mon interlocutrice (06 78 73 59 07) que vous alliez déposer une demande de permis de construire pour mes travaux et que le volet "Enedis" serait réexaminé avec eux à ce moment.

Bien cordialement,

PPF

(Fin de citation)
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le jeudi 29 novembre 2018
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Electricité - Aile "de la belle-mère"
0
Hier, sur la route de Villers, j'ai fait étape à Bretteville-sur-Odon chez M. ROBVEILLE, l'électricien à qui je souhaiterais, dans un premier temps, confier l'éclairage de la charpente du colombier. Je n'ai pas réussi à le convaincre de se déplacer à notre manoir favori, il a d'autres priorités ces temps-ci, comme il me le laisse entendre et comme je le comprends.

J'essayerai de nouveau dans quelques mois, en espérant que son horizon se soit alors dégagé.
Depuis un an, on sait que je rame pour tâcher de rééquilibrer le programme de travaux en le fondant sur de bonnes bases (comme la priorité au chauffage central) et en l'adaptant à mes moyens. Je m'appuie, pour ce faire, sur divers interlocuteurs, dont un architecte du patrimoine et des artisans avec qui j'espère poursuivre des relations de travail apaisées et confiantes. Il en va de même pour mes contacts avec la D.R.A.C.

Je ne puis, à l'inverse, me laisser pourrir la vie par des intervenants qui adopteraient face à moi un comportement dont j'estimerais sereinement qu'il dépasse les bornes.

Je me rappelle l'avoir expliqué à mon cadet il y a quelques mois, alors qu'il m'exhortait à renouer avec un architecte du patrimoine au comportement incorrect (de même que "Salvador Dali = Avida Dollars", cet individu était apparu digne du sobriquet "Ferme à bifton").

Ces jours-ci, je me trouve devant le même type de choix à propos d'un salarié pour le moins rétif.
Tout bien pesé de mon côté, je suis prêt à tirer toutes conséquences de son attitude si, comme il ne me l'a déjà que trop souvent affirmé, il persiste à refuser de s'amender.

En particulier, que quiconque soit bien convaincu qu'il ne sera pas dit qu'à mon âge, je serais prêt à entamer une carrière de pétochard face au chantage, quel qu'en soit l'objet.

A bon entendeur, salut !
(Début de citation)

De : Arnaud PAQUIN <arnaudpaquin.architecte@gmail.com>
Envoyé : samedi 8 décembre 2018 20:31
À : Pierre-Paul Fourcade
Objet : Re: Chaslerie - Fin de la géothermie profonde, début de l'aquathermie

Formidable !
C'est une chance.
Je vois lundi matin avec Sébastien Leboisne et vous-même pour le rendez-vous avec le ferronnier.
Très cordialement

Arnaud PAQUIN

__________________________________________________________________

De : Pierre-Paul Fourcade
Envoyé : samedi 8 décembre 2018 01:44
À : Arnaud Paquin Architecte
Cc : C.F. ; T.F.
Objet : Chaslerie - Fin de la géothermie profonde, début de l'aquathermie

Cher Monsieur,

En raison de la découverte, totalement inattendue, d'une très importante réserve d'eau tiède sous la Chaslerie, j'ai décidé d'abandonner l'idée de nous chauffer ici par géothermie profonde (dite aussi "par sondes") et d'opter pour l'aquathermie.

Ceci va me permettre d'abaisser très fortement les coûts de cette installation. L'inconvénient sera la nécessité d'assurer un entretien régulier du dispositif.

Globalement, c'est une excellente nouvelle, vue d'ici.

Pour plus de détail, cf le site favori : https://www.chaslerie.fr/blog/architecte?p=138#blog-post-45059

Bien cordialement,

PPF

(Fin de citation)
Christian a souhaité me voir à 8 h 30 ce matin alors que nous avions rendez-vous à 10 heures. Portant un pansement à un bout de doigt, il m'a affirmé qu'il devait être considéré en congé de maladie aujourd'hui.

Je lui ai proposé de tenir notre réunion sur le champ. Il l'a accepté et j'ai donc abordé le fond de notre différend en lui demandant une nouvelle fois d'adopter une attitude compatible avec son statut de salarié. Il a confirmé son refus de me communiquer le cahier sur lequel il doit, comme stipulé par son contrat de travail, noter ses heures de travail. Il accepte toutefois de me prévenir désormais en cas d'absence. La conversation a tourné de façon telle que nous n'avons pas évoqué ses menaces.

Je lui ai en effet recommandé de réfléchir une dernière fois à la nécessité de tenir le cahier. Mais il l'a refusé et a déclaré que, puisque, d'après lui, je ne lui fais pas confiance, il arrêtait là notre collaboration. Il m'a ensuite demandé de lui régler son salaire de novembre, calculé sur la base de 35 heures de travail par semaine, ainsi que 19,10 € de frais sur factures. J'ai voulu lui rembourser ces frais mais ai confirmé que, pour le salaire, j'ai besoin du cahier afin de vérifier qu'après ses nombreuses absences sans qu'il m'en ait prévenu, il ne cherche pas à se faire payer des heures non effectuées.

Il est alors parti en refusant le remboursement immédiat des frais et en me disant : "c'est donc la guerre !".
Vérification faite à 9 h 30, Christian paraît bel et bien avoir abandonné le chantier. Il n'a même pas pris la peine de fermer la porte du colombier derrière lui :

10 décembre 2018.

Voici le spectacle sous les combles du colombier. Il a tout laissé en désordre, se bornant à enlever la scie électrique qui lui appartient :

10 décembre 2018.

10 décembre 2018.

10 décembre 2018.

10 décembre 2018.

Il a quasiment achevé son travail au niveau du panneau central du brisis Est...

10 décembre 2018.

... mais, outre les quatre terrassons, le brisis Nord reste à traiter...

10 décembre 2018.

... de même que tous les encadrements de lucarnes et plus de la moitié du brisis Ouest :

10 décembre 2018.

Le rayon de soleil de ce matin fait ressortir que, pour l'entretien des allées et des massifs de fleurs, il a, malgré mes instructions, utilisé du "Round-Up" :

10 décembre 2018.

10 décembre 2018.

Sans vouloir me livrer ici à un inventaire des reproches qui pourraient être formulés (ce n'est pas le lieu de le faire ni, d'ailleurs, mon intention présente), je puis seulement indiquer que, malgré mes multiples demandes, y compris récentes, il n'a toujours pas mis à l'abri diverses pièces de bois peu décoratives...

10 décembre 2018.

10 décembre 2018.

... ni davantage avancé dans son travail sous la charretterie.

Si, comme cela me semble probable, il ne réapparaît plus ici, il faudra que je trouve une solution pour remédier à la désorganisation résultant de son comportement, tant pour les chantiers en cours ou prévus que pour la pérennité-même de l'APIJOMM. Je me verrais mal en particulier entamer une carrière de jardinier ou, encore moins, d'homme toutes mains durant ma 68ème année.