Aile "de la belle-mère"

Voici le texte du courriel que j'ai adressé ce matin à la dernière interlocutrice vers laquelle j'ai été orienté à la D.R.A.C. de Basse-Normandie :

(début de citation)

Madame,

Vous ayant téléphoné hier matin pour savoir quand me serait communiquée la dernière version du formulaire à remplir pour obtenir les subventions promises depuis l'an dernier pour le "mur Ouest de la douve Nord" et pour l'étude préalable confiée à Mme Lucyna GAUTIER, j'ai cru comprendre que vous n'aviez pas connaissance des devis d'ores et déjà transmis par mes soins, à deux occasions successives, à l'administration des affaires culturelles et que, au demeurant, l'historique de ce dossier ne vous était pas familier. Je crois donc devoir compléter votre information sur ces deux points.

Par ailleurs, je vous ai parlé de mes projets et de mes contraintes pour la période à venir, au-delà de la restauration du mur Ouest de la douve Nord. Je pense utile de vous résumer ci-après mes propos sur ce troisième sujet.

1 - Je vous prie de trouver ci-joint la copie du dossier de demande de subvention dans son dernier état, tel qu'il a été reçu par le S.D.A.P. d'Alençon le 28 octobre 2011.

2 - Je vous transmets également l'extrait ci-après du journal que je tiens et où je récapitule les échanges au sujet du mur Ouest de la douve Nord, de l'étude préalable ainsi que des travaux suivants. Cet extrait porte sur la période postérieure à la fin 2010 (il y a bien sûr eu des échanges antérieurs mais j'abrège ici). Ces échanges ont eu lieu avec l'administration des affaires culturelles ainsi qu'avec l'architecte Lucyna GAUTIER, le forgeron Roland FORNARI et, dernièrement, le maçon PAVY :
- 23 octobre 2010, courriel de l'architecte des bâtiments de France qui dirige le service départemental de l'architecture et du patrimoine (S.D.A.P.) de l'Orne, m'indiquant qu'un architecte doit être chargé de la maîtrise d'oeuvre de la restauration du mur Ouest de la douve Nord ; elle ajoute que la restauration du mur est soumise à autorisation préalable de l'administration ;
- 2 novembre 2010 : je charge Mme Lucyna GAUTIER, architecte habilitée, de préparer le dossier de demande d'autorisation pour la restauration du mur Ouest de la douve Nord ; je lui signale l'urgence de ces travaux ;
- 5 novembre 2010, l'urgence des travaux sur le mur Ouest de la douve Nord est explicitée à mon interlocuteur habituel au service départemental d'architecture à Alençon ; j'obtiens de ce dernier un accord oral de principe pour subventionner ces travaux en 2011 ;
- 30 janvier 2011 : à l'époque, il était question que l'"étude préalable" de Mme Lucyna GAUTIER traite également du mur Ouest de la douve Nord ; depuis lors, compte tenu des délais (indépendants de mon fait) pour lancer cette étude ainsi que de l'urgence de la restauration de ce mur, nous sommes convenus de déconnecter les deux sujets ;
- 4 mars 2011, visite à la Chaslerie de l'architecte des bâtiments de France qui, au S.D.A.P., suit plus particulièrement les dossiers de l'Ouest du département ; la question du mur est évoquée, ainsi que l'urgence à le restaurer ;
- 22 mars 2011, cette dernière personne me confirme que des subventions devraient pouvoir être dégagées en 2011 pour l'étude préalable ainsi que pour les travaux sur le mur Ouest de la douve Nord ; à la même époque, mon interlocuteur habituel au S.D.A.P. m'indique que l'intervention d'un architecte ne serait pas indispensable pour le mur ;
- avril 2011 : débats avec mon fils aîné en vue d'inclure la restauration de l'"aile des écuries et du colombier" dans l'étude préalable (je cite ces débats ici pour rappeler que le programme des travaux est également débattu et soupesé au niveau familial) ;
- 2 juin 2011, accord de principe avec Mme Lucyna GAUTIER sur la restauration du mur Ouest de la douve Nord et sur le contenu de l'étude préalable (contenu inchangé à ce jour, à savoir douves + aile gauche du manoir) ;
- 4 juin 2011, le plan du projet de restauration du mur Ouest de la douve Nord, établi par Mme GAUTIER, est prêt ;
- 14 juin 2011, la demande d'autorisation pour la restauration du mur Ouest de la douve Nord est déposée au S.D.A.P. à Alençon ;
- 11 juillet 2011 : réception d'une L.R.A.R. de la D.R.A.C. refusant l'autorisation de travaux sur le mur Ouest de la douve Nord, au motif de l'absence d'"une analyse historique et archéologique précise des états disparu/existant pour justifier le projet" ;
- 19 août 2011 : réception de l'autorisation de la D.R.A.C. de restaurer le mur ;
- 31 août 2011 : en consultant des entreprises, je découvre que le mur Ouest de la douve Nord coûtera beaucoup plus cher que son pendant de la douve Sud, en raison de différences de profondeur du fossé ; j'en avise immédiatement mon interlocuteur habituel au S.D.A.P. qui me répond que l'Etat devrait pouvoir subventionner une partie du mur en 2011 (en plus de l'étude préalable) et le solde en 2012 ; mon interlocuteur me demande cependant de ne déposer qu'un seul dossier de demande de subvention pour l'étude préalable et pour l'ensemble du mur Ouest de la douve Nord ;
- 30 septembre 2011 : je découvre à l'occasion d'une conversation avec mon interlocuteur habituel au S.D.A.P. puis d'une autre avec sa directrice que l'administration des affaires culturelles doute de la protection du mur Ouest de la douve Nord au titre des monuments historiques ainsi que de l'inscription de la ferme de la Chaslerie à l'I.S.M.H. ;
- 5 octobre 2011 : la contestation de la protection de la Chaslerie ne porte plus que sur la ferme ;
- 13 octobre 2011 : il n'y a plus de divergence entre l'administration des affaires culturelles et moi sur la protection de la Chaslerie ; le S.D.A.P. d'Alençon m'apprend cependant que, pour la restauration du mur, un décret de 2009 imposerait, sans marge d'interprétation, l'intervention d'un architecte habilité ;
- 17 octobre 2011 : j'apprends d'une source très bien informée qu'il existe divers contre-exemples montrant qu'un mur classé peut, malgré ce décret de 2009, être restauré à moindres frais d'architecte ;
- 25 octobre 2011 : afin de ne pas retarder davantage le dossier, je confie néanmoins à Mme GAUTIER une "mission complète" pour la restauration du mur Ouest de la douve Nord ; une nouvelle demande de subvention, actualisée pour tenir compte de ces derniers éléments, est envoyée dans les circuits administratifs ;
- 7 novembre 2011 : j'apprends que le dossier de subvention en est toujours au stade de l'instruction à Alençon ;
- 15 novembre 2011 : je rappelle mon interlocuteur habituel pour savoir où en est rendue l'instruction du dossier de subvention ; mon interlocuteur me déclare que j'aurais le choix entre deux possibilités, soit tout (mur Ouest de la douve Nord + étude préalable) faire passer en 2011 mais avec un taux de subvention réduit de moitié, soit tout faire passer en 2012 avec 40 % de subvention ; je souligne une nouvelle fois l'urgence de la restauration du mur Ouest de la douve Nord et la nécessité pour moi d'obtenir la subvention à 40 % ; je confirme qu'il est matériellement possible d'échelonner le chantier sur les exercices 2011 et 2012 et m'interroge sur la réglementation qui, selon les affirmations du jour de mon interlocuteur, empêcherait le phasage des travaux ; mon interlocuteur répond qu'il me rappellera le lendemain après-midi.
- 16 novembre 2011 : mon interlocuteur me rappelle comme promis. Il propose de faire passer la subvention en cause en totalité sur l'exercice 2012 et au taux maintenu de 40 %. Il est entendu que je serais dispensé d'attendre son versement pour mener les travaux sur le mur Ouest de la douve Nord. Je donne immédiatement mon accord sur cette proposition. Pour ce qui concerne la restauration du circuit des douves (mur d'escarpe, biefs, etc...), mon interlocuteur suggère que je demande à Mme GAUTIER de définir un calendrier pluri-annuel de réalisation des travaux. Je signale que je souhaiterais que le report préconisé et accepté sur 2012 ne m'empêche pas de lancer également en 2012 d'autres travaux subventionnables (je pense à ce stade à des grilles aux fenêtres du 1er étage ou aux premiers travaux sur le circuit des douves autres que le mur Ouest de la douve Nord).
- 19 novembre 2011 : Importante conversation téléphonique avec Mme GAUTIER. Dans le prolongement de mes récents contacts avec le S.D.A.P. d'Alençon, nous évoquons le programme de travaux en 2012 et au-delà. Pour 2012, je demande à ce stade de prévoir des grilles à trois fenêtres du 1er étage du logis, une dans la chambre au-dessus de la salle-à-manger et deux dans la chambre au-dessus du salon, les trois donnant vers l'extérieur du bâtiment (et non sur la cour). En plus de ces grilles, je voudrais que 2012 voie le début de la restauration du mur d'escarpe des douves. Mme GAUTIER me recommande, pour des questions de coût, de monter un mur à un seul parement de pierres, le reste étant en béton. Il me semble qu'alors, Igor et Valentin (mes deux salariés) auraient besoin de moins de 18 mois pour s'acquitter de la restauration des quelques 160 mètres de mur en question, sur 4 à 5 mètres de haut et 80 cm de large (les 160 mètres correspondent aux 120 mètres du mur principal et à deux fois 20 mètres pour les retours vers le manoir). Je déclare que, en 2012, j'aimerais mener à bien la réimplantation de trois grilles ainsi que les terrassements et les fondations des 160 mètres de mur en question.
- 21 novembre 2011 : Je demande à Roland FORNARI de préparer un devis pour les trois grilles au premier étage du logis.
- 6 décembre 2012 : mon interlocuteur habituel au S.D.A.P. m'indique que le courrier attendu, m'autorisant à commencer les travaux sur le mur Ouest de la douve Nord sans attendre l'arrêté de subvention, est toujours à la signature à Caen mais que la D.R.A.C., consultée, lui répond qu'il n'y a pas de problème. Ce courrier va me parvenir "très rapidement".
- 10 décembre 2012 : Mme GAUTIER vient à la Chaslerie mesurer le mur d'escarpe des douves afin de préparer son étude préalable. Le même jour, Roland FORNARI vient prendre les mesures des trois fenêtres du 1er étage en vue de préparer son devis de grilles.
- 21 décembre 2011 : Roland FORNARI revient à la Chaslerie.
- 22 décembre 2011 : Je reçois l'autorisation de la D.R.A.C. de commencement de travaux du mur Ouest de la douve Nord avant que ne soit signé l'arrêté de subvention.
- 28 janvier 2012 : A ma demande, mon interlocuteur du S.D.A.P. me communique une copie de la demande de subvention pour le mur Ouest de la douve Nord (dont je n'avais pas gardé le double) que j'avais déposée, le 25 octobre 2011. Je l'avais rédigée sur le "formulaire bleu modifié" alors en vigueur. C'était ma deuxième tentative, la première demande ayant été couchée sur le "formulaire bleu" de rigueur jusqu'au milieu de l'année dernière. Mon interlocuteur m'apprend que l'administration ne se contenterait plus, désormais, du "bleu modifié". Il faudrait, paraît-il, que j'établisse une nouvelle demande, la troisième donc, sur un "formulaire jaune" en cours d'édition. Ce nouveau formulaire me serait communiqué lorsque la D.R.A.C. m'écrirait, ce qui devrait être fait rapidement.
- 5 février 2012 : Le souci d'occuper utilement mes salariés et le fait que je sois sans nouvelle de Roland FORNARI m'incitent à donner dorénavant la priorité, après le mur Ouest de la douve Nord, à la restauration de la cage d'escalier classée M.H. du logis de la Chaslerie (en plus des fondations du mur d'escarpe). Les granits des marches de cet escalier, endommagés par un incendie au 19ème siècle, nécessiteront en effet l'intervention d'un artisan spécialisé (je pense à PAVY, puisque M. SACCO vient de me recontacter).
- 8 février 2012 : L'entreprise PAVY vient à la Chaslerie préparer son devis.
- 6 mars 2012 : Mon interlocuteur habituel du S.D.A.P., que je relance pour savoir où en est la D.R.A.C. de l'envoi de son courrier, me conseille de vous téléphoner.

3 - Enfin, je signale que le programme de travaux que je souhaite engager le plus tôt possible après le mur Ouest de la douve Nord, c'est-à-dire dès 2012, porte désormais non plus sur les grilles du 1er étage (M. FORNARI paraît trop occupé et mon épouse me freine sur les grilles) mais sur (1) la restauration de la cage d'escalier classée M.H. du logis et (2) le début de la restauration du mur d'escarpe, également classé M.H.
Mon souci de donner actuellement la priorité à la maçonnerie tient aux faits que (1) j'ai la chance d'employer deux salariés qui travaillent bien, (2) ceux-ci me coûtent cher au regard de mes possibilités financières, (3) sauf à les perdre (ce qui compliquerait beaucoup la suite du programme de restauration), il faut donc que je puisse les occuper, (4) si je les perdais, j'aurais sans doute du mal à en retrouver rapidement de comparables.
Pour la restauration de la cage d'escalier, il y a un préalable, à savoir la restauration des marches de granit cassées lors de l'incendie du 19ème siècle. Ceci est un travail délicat qui nécessite l'intervention d'une entreprise spécialisée. L'entreprise PAVY a réalisé un devis complet (voir pièce jointe) mais je souhaiterais ne lui confier que cette tranche de travaux (notée 1 sur ce devis, pour un montant de ... € H.T. (soit ... € T.V.A. incluse). Je sollicite une subvention pour me permettre de financer cette tranche de travaux.
Concernant le début de la restauration du mur d'escarpe, je souhaiterais (1) que Mme GAUTIER prépare rapidement, dans la foulée de la partie de son étude préalable portant sur ce premier sujet, le dossier soumis à votre autorisation, (2) qu'elle l'obtienne dès cette année, (3) qu'il soit entendu que ces travaux seraient subventionnés dès que possible mais (4) que je sois autorisé à les commencer sans attendre l'arrêté de subvention.

J'espère que ces informations vous éclaireront et permettront d'avancer. Je me tiens à votre disposition pour les compléter si vous le souhaitez.

Je vous prie d'agréer, Madame, l'expression de mes hommages respectueux.

(fin de citation)

Lucyna GAUTIER est revenue ce matin, assistée de son fils Paul, pour poursuivre ses prises de mesures. Elle m'a expliqué que celles relevées en 2006 étaient erronées sur des points importants...

29 mars 2012, Lucyna et Paul GAUTIER sous les combles du colombier.

J'en ai profité pour recueillir son avis sur les huisseries déjà posées sur le fournil de la ferme. Comme moi, elle est assez critique. Il faudra que je recontacte l'artisan.

Elle a également étudié la cage d'escalier du logis, en vue de soumettre prochainement le résultat de ses recommandations au S.D.A.P. d'Alençon au titre de l'"entretien" ("stricto sensu").

Enfin, elle m'a donné son avis sur la façon de s'y prendre pour débuter la restauration de la pièce, au 1er étage du logis, restée dévastée depuis l'incendie du 19ème siècle. Il faut commencer par le sol, dont l'argile laisse entrevoir du chêne sinon vermoulu, du moins à remplacer :

29 mars 2012, mon pied donne l'échelle.

Il lui reste à réfléchir prioritairement sur quoi faire au plafond de cette pièce :

29 mars 2012, la pièce dévastée du logis.

Au verso du document, une date, le 17 mars 1883 (soit un an avant l'incendie qui ravagea le logis de la Chaslerie), et la signature d'un LEVÊQUE :

L'inscription au verso du plan de 1883.

Qui était ce LEVÊQUE ? Si j'interprète ce que je vois, je note que cette signature largement lévogyre est dominée par le souci de ne pas rater l'accent circonflexe, et j'y devine un signe de hauteur dont le signataire devait escompter qu'il soit respecté par autrui comme il lui paraissait justifié. D'après la date, cet ayant-droit de GOUPIL pourrait bien être Charles, "né le 14 juillet 1823, avocat, juge et Président du Tribunal Civil de Vire, (qui) épousa le 26 avril 1864, à Tinchebray, Emilie CHANCEREL", selon l'ouvrage consacré aux RUAULT du PLESSIS VAIDIERE et à leurs alliances.

Le document est un plan aquarellé, très bien conservé, de la Chaslerie et de ses terres environnantes à l'époque. Je viens de le retrouver dans un recoin des boiseries de mon bureau, au premier étage de la tour Louis XIII. Il avait été laissé à l'intention de son successeur, moi en l'occurence, par Brigitte LEVÊQUE lorsque j'ai acheté la Chaslerie, il y a 21 ans.

En haut du plan, un croquis retient mon attention. Il est simplifié puisqu'aucun angle de la cour n'est droit en réalité mais il indique l'affectation des volumes du rez-de-chaussée à l'époque :

Le plan du rez-de-chaussée des bâtiments sur cour en 1883.

Ainsi, le bâtiment Nord abritait alors, exclusivement, une cave et des caveaux. Dans le logis, la salle à manger actuelle était alors la cuisine, tandis que le salon actuel était divisé en deux, avec une salle à manger et une chambre desservis par un couloir qui permettait d'accéder à une bibliothèque, pièce aujourd'hui inhospitalière. De l'autre côté de la cour, dans la tour Louis XIII, la pièce dont je retire actuellement les bûches était alors une seconde cuisine. Ce qu'on appelle aujourd'hui l'écurie avait bien cette fonction mais était alors divisé en deux, avec deux portes sur cour donc. Dans l'"aile de la belle-mère" actuelle, il y avait déjà les deux pièces que nous connaissons mais celle qui sert aujourd'hui de cuisine précaire était alors une cave et celle qui la jouxte (où j'ai déposé mon rameur) était une remise.

Le voisinage immédiat du manoir en 1883.

Dans le voisinage immédiat du manoir, je note particulièrement que le "Pournouët", à l'Est du manoir et entre les douves, était alors qualifié de jardin ; le circuit de l'eau était plus complet qu'aujourd'hui puisque, à la sortie des douves, l'eau se répartissait en deux bras partant d'un endroit différent de l'actuel, dont l'un des deux, aujourd'hui disparu, courait à travers les terres et parallèlement au Baudouët. Je note qu'il y avait bien alors un mur au fond de la douve Nord, celui qui est actuellement en cours de restauration et que j'appelle le "mur Ouest de la douve Nord" ; enfin, je retiens qu'il y avait bien un pont, clairement représenté sur ce plan, pour franchir le ruisseau alimentant les douves, pont dont je voudrais rétablir l'usage si j'arrive jamais à trouver les financements pour restaurer le mur d'escarpe des douves.

Par ailleurs, ce plan lève un mystère pour moi puisque j'avais lu, notamment dans le manuscrit de Louis GRAVELLE (pour les références, voir sous l'onglet "Bibliographie") qu'il y avait, au Tertre Linot une source alimentant l'abreuvoir situé au milieu de la cour du manoir mais je ne comprenais pas de quoi il s'agissait. Voici donc la réponse :

Le mystère résolu de la source du Tertre Linot.

Cette source existe toujours et explique que le jeune Maxime LEBOUTEILLER ait "coulé" le Valtra à cet endroit l'an dernier, en contrebas de l'ancienne carrière qui se trouve au bout de l'"allée principale", alors qualifiée d'Avenue. A la fin du 19ème siècle, cette source alimentait donc un petit ruisseau qui contournait le "petit bois" actuel et longeait les terres de la Thierrière avant de se jeter dans le canal d'arrivée d'eau dans les douves. Pas de trace en revanche, au moins à cette époque, d'une desserte directe de l'abreuvoir le long de l'"allée principale".
Voici les derniers plans laissés dans mon bureau par Brigitte LEVÊQUE, qui apportent quelques informations supplémentaires sur la Chaslerie, depuis sa vente comme Bien National.

1 - Un plan du début du 19ème siècle, porté sur une sorte de calque qu'a mangé par endroits l'encre utilisée ; il a été collé, il y a longtemps, sur un papier de meilleure qualité :

Plan de la 1ère moitié du 19ème siècle.

2 - Un plan que je daterais de la moitié du 19ème siècle puisqu'il fait ressortir la partition de la Chaslerie entre les deux adjudicataires de la vente comme Bien National avant qu'apparemment, un ayant-droit de GOUPIL réussisse la réunification :

Peu d'informations utiles au verso...

Le plan consécutif à la partition de la Chaslerie.

Notons sur ce 2ème plan que le canal d'arrivée d'eau aux douves a été détourné vers l'Est. Le logis, comme l'aile Ouest et le "Pournouët", était alors clairement divisé en deux lots. Le tracé actuel de la D22 y faisait son apparition (ce qui devrait permettre de dater ce document).

3 - Une copie, réalisée en 1949, du plan cadastral alors en vigueur :

Le plan est daté du 22 février 1949.

La copie du plan cadastral en vigueur en 1949.

J'apprends ici que deux bâtiments avaient été construits dans l'arrière-cour, adossés au mur du manoir au fournil. L'existence d'un pont au-dessus du canal d'arrivée d'eau dans les douves était clairement indiquée, avant même, donc, que le cours de ce canal ne soit modifié (ce qui était arrivé avant 1883, ainsi qu'on a pu le noter sur le message précédent). On peut également remarquer que la douve Sud se prolongeait derrière la charretterie. Retenons donc que ce plan était le plan cadastral encore en vigueur en 1949 mais qu'il avait été dressé avant 1883.

4 - Enfin, un plan de 1962, dressé à l'occasion d'un échange de terres auquel devait alors réfléchir Henri LEVÊQUE :

Ce document confirme qu'à l'époque, on se rappelait l'existence d'une canalisation reliant la source du Tertre Linot au manoir. J'y remarque également que la "route de Domfront à Lonlay-l'Abbaye" (actuelle D22) avait tangenté à une époque pas si lointaine l'extrémité Sud de l'Avenue de la Chaslerie.

Bonjour Monsieur,

Mes sincères félicitations pour vos travaux de restauration et pour ce "journal du chantier". Quel plaisir de suivre, presque en direct, les différentes avancées de votre entreprise !

Il est très problable que vous ayez d'ores et déjà connaissance de l'accessibilité au plan cadastral de 1824 de votre commune. Si ce n'était pas le cas, voici le lien, voir la section A.

Et pour toute autre recherche dans l'Orne...

Cordialement,

Mathieu

N.D.L.R. : Merci beaucoup, cher et mystérieux Mathieu. J'ignorais l'existence de ces liens. J'ai réussi à ouvrir le second. Donc vous nous apprenez que le cadastre encore en vigueur en 1949 datait en fait de 1824. Je comprends également que le plan que je datais du milieu du 19ème siècle (celui où apparaît la D22 et où le canal d'arrivée de l'eau dans les douves a été détourné vers l'Est) est effectivement postérieur à 1824...

Excellents échanges aujourd'hui avec Mr T. à qui je racontais ma réunion hier à la D.R.A.C. Il commence à mieux comprendre que, lorsqu'on restaure de vieilles pierres, il y a des procédures lourdes à respecter. J'ai l'impression que le projet le tente néanmoins. J'essaye de ne rien lui dissimuler des difficultés de la tâche. Lorsqu'il reviendra à la Chaslerie, il pourra ainsi se plonger dans les dossiers que j'ai remis en ordre afin, notamment, de lui en faciliter la lecture.

Pendant qu'Igor et Jonathan charriaient des pierres à proximité du mur Ouest de la douve Nord, je vous ai préparé un petit reportage sur les différents types de pierres que l'on trouve à la Chaslerie.

Sur les bâtiments les plus anciens, il s'agit de grès ferrugineux de formes assez diverses, comme ici sur la tour Sud-Ouest :

11 mai 2012, les pierres les plus fréquentes dans les murs de la Chaslerie.

La tour Louis XIII a, quant à elle, été montée en grès schisteux :

11 mai 2012, les grès schisteux au rez-de-chaussée de la tour Louis XIII.

Sur les deux premiers mètres de hauteur du mur Ouest dés écuries, on remarque toutefois une pierre appelée "pierre blanche" ou "pierre froide" ou encore "pierre de Domfront".

11 mai 2012, la façade Ouest des écuries.

Ainsi, les constructeurs successifs de la Chaslerie ont eu recours à, au moins, trois carrières différentes. On peut penser que celle de grès ferrugineux était la plus proche. En tout cas, c'est surtout de pierres de cette dernière qualité que j'ai besoin pour remonter les murs de douve.

Si vous connaissez, dans le secteur, des bâtiments en ruine montés avec le même grès ferrugineux, je vous prie de me le signaler. J'irai voir s'il y a moyen de compléter ainsi notre approvisionnement.

Je viens de solliciter auprès du président du conseil général de l'Orne la prorogation de deux ans de la décision de subvention de la restauration de la charpente et de la couverture des écuries. En effet, la décision initiale était valable deux ans, alors que les décisions de subvention de l'Etat sont valables quatre ans.

Ceci signifie que, sauf à perdre ces subventions, il faudra que ces travaux soient achevés dans le courant de l'année prochaine, afin de conserver une marge de dépassement de délais.

Au passage, je me suis fait confirmer par mon interlocutrice que, en l'état de sa doctrine, le conseil général de l'Orne ne subventionne pas la restauration de l'intérieur des monuments historiques privés (ici la cage d'escalier) ni celle des murs autres que de bâti (comme les murs de clôture ou, ici, les murs de douves). Vu de la Chaslerie, c'est bien regrettable.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Jeudi 28 Juin 2012
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administration - Menuiserie - Aile "de la belle-mère" - Cave - Ferme et son fournil
0
Les compagnons de Didier DUVEAU posent aujourd'hui 5 menuiseries, 3 au fournil de la ferme, 1 à la cave (ce qui empêchera enfin une chouette de nous y gratifier de ses pelotes) et 1 au rez-de-chaussée du colombier. A l'évidence, la solidité de la quincaillerie a été privilégiée :

28 juin 2012, deux croisées du fournil de la ferme.

Pour les questions esthétiques, j'ai demandé à M. DUVEAU de se rapprocher de Lucyna GAUTIER avant de commencer à fabriquer la porte extérieure du fournil de la ferme. Je l'avais de même invité à rencontrer cet après-midi M. TIERCELIN mais il était déjà retenu par un autre engagement. Dommage !

Bonsoir,

Voilà, voilà, j'arrive, alors cette rencontre fut-elle fructueuse ?

Avez-vous eu un interlocuteur de choix ou me trompé-je sur ses connaissances des châssis ?

Je retiens mon souffle, dépêchez-vous, on manque d'air par ici.

A l'occasion, si les châssis de fenêtres de la boulangerie ne sont pas posés, une photo d'un plan plus rapproché, me rendrait service.

Bonne soirée !

N.D.L.R. : Ah ! Enfin vous voilà !

Je commence par vous répondre sur les nouveaux châssis de fenêtres de M. DUVEAU. Ils sont désormais posés. Voici ce que cela donne pour le fournil de la ferme :

28 juin 2012, le fournil de la ferme vu du Nord.

28 juin  2012, le fournil de la ferme vu du Sud.

28 juin 2012, la fenêtre de la façade Nord du fournil de la ferme.

Il reste bien sûr à jointoyer et peindre tout cela. Compte tenu du fait qu'il s'agit, à ma demande, de doubles vitrages pour ce bâtiment destiné à être occupé l'hiver, je trouve que le résultat n'est pas mauvais. Qu'en dites-vous ?

S'agissant de la visite du représentant de la D.R.A.C., j'ai trouvé qu'elle s'est achevée dans un bien meilleur climat que celui que j'avais ressenti au départ. Alors qu'il faisait une chaleur torride, mon interlocuteur a en effet préféré commencer par une réunion dans mon bureau au cours de laquelle il a souhaité passer en revue les différents dossiers en suspens. Or il est de fait que ceux-ci sont nombreux. Manifestement, ma façon de rédiger des courriels (et, sans doute, des messages sur notre site favori) n'est pas ressentie par certains fonctionnaires comme une aide à ne pas mélanger les informations dont ils ont besoin dans le cadre de leurs procédures ; il faudrait que j'en tienne compte à l'avenir. Ainsi :
- pour la restauration de la charpente et de la couverture des écuries, j'ai rappelé que je faisais en sorte de lancer ces travaux au premier semestre 2013 mais que je devais attendre que mon fils aîné ait décidé, en liaison avec l'architecte, s'il y a lieu ou non de modifier les lucarnes, d'en ajouter ou d'en enlever ; je pense que mes explications ont convaincu que le problème était pris ici à bras le corps ;
- pour les travaux du menuisier et du forgeron sur diverses fenêtres du logis et du bâtiment Nord, mon interlocuteur savait que j'avais déjà encaissé les subventions correspondantes mais ignorait si les travaux avaient été effectués ; il paraît en effet que manque à ses dossiers de suivi une certification émanant du S.D.A.P. Il a néanmoins pu se rendre compte que tous ces travaux avaient bel et bien été réalisés ;
- puis il a abordé le dossier de la cage d'escalier du logis ; après que Lucyna GAUTIER a fourni, comme on le sait et suite à la demande de la D.R.A.C., son estimation du nombre d'heures de travail de mes employés, il semble qu'il faille désormais expliciter la nature précise des travaux que ces derniers réaliseront ; ceci ne me pose pas de problème ; j'espère seulement que ce nouveau document que je vais préparer sans délai sera le dernier qui me sera réclamé avant que le dossier de demande de subvention ne puisse être déclaré complet ; il m'a semblé en tout cas qu'à l'occasion de ce dossier, mon interlocuteur avait bien compris l'économie réalisable par rapport à un devis officiel, ce qui est un point essentiel à mes yeux ;
- pour le mur Ouest de la douve Nord, mon interlocuteur a souhaité de nouveaux justificatifs sur deux points : le nombre d'heures de travail de mes employés et l'utilité du poste "aléas" dans le chiffrage de Lucyna GAUTIER (d'autant que ce dernier date quasiment de la fin du chantier) ; sur le premier point, je suis en mesure de fournir toutes explications et même de nombreuses photos confirmant la réalité des travaux effectués (qualité des fondations, double parement du montage, soin des travaux, réalité des drainages, durée précise de chaque tâche, etc...) ; sur le second point, il nous reviendra, à l'architecte et à moi, d'exposer que le poste "aléas" a été conçu comme un fourre-tout destiné à parer à l'incertitude de postes non facturés par des tiers ; donc il me semble que tout cela est un petit peu fastidieux à détailler mais que nous devrions pouvoir fournir rapidement les explications attendues ;
- pour le mur d'escarpe, j'ai exposé les démarches en cours afin de détourner le filet d'eau au fond de la douve, ce qui a sans doute rassuré mon interlocuteur sur mon souci de respecter toutes les réglementations, même extérieures à son champ de compétence. Sur le fond, mon interlocuteur a estimé que je pourrais être autorisé très rapidement à démonter le mur existant mais qu'il lui faudrait davantage d'éléments avant d'autoriser le coulage des nouvelles fondations ; c'est, d'après moi, à ce moment-là de notre entretien que l'atmosphère s'est détendue et que le dialogue est clairement devenu constructif ; j'ai en effet exposé que je répugnais à faire intervenir un cabinet d'études coûteux pour des calculs de fondations que je saurais effectuer moi-même, s'agissant d'un mur de soutènement parfaitement classique, et mon interlocuteur, lui aussi ingénieur, l'a admis ; ceci était un point crucial pour moi. A partir de là, la conversation a porté librement sur les complexités des procédures et j'ai pris bonne note des références internet d'un document établi par les conservateurs régionaux des monuments historiques pour tâcher d'éclairer le public ; j'étudierai ce document.

Voilà, je pense, l'essentiel de ce que nous nous sommes dits dans mon bureau. Nous sommes ensuite allés sur le terrain. J'ai commencé par montrer l'intérieur du bâtiment Nord et donné un aperçu de l'intérieur du logis. Mon interlocuteur a ainsi pu se rendre compte du fait, étonnant pour tout observateur sensé, que je fais passer la préservation du gros-œuvre de la Chaslerie avant le confort de ma petite famille ; à mon avis, il ne doit pas rencontrer souvent de zigotos de mon acabit ; il est même probable que tout fonctionnaire des affaires culturelles doit se réjouir du fait que, tel Bernard Palissy, je sacrifie énormément à l'intérêt du bâtiment. Mon interlocuteur a cependant noté la grande humidité de la première volée de la cage d'escalier (due, selon moi, au très brutal réchauffement de l'atmosphère au cours des dernières 24 heures ainsi qu'à l'usage abusif de ciment par mes prédécesseurs).

Ce n'est donc qu'à la fin de la visite que nous sommes allés examiner les douves. Nous sommes très rapidement passés à côté d'Igor et de Jonathan (il m'a semblé que la qualité de leur travail avait fortement impressionné). Mon interlocuteur s'est cependant étonné des joints creux ; je lui ai répondu que c'était habituel dans le Domfrontais, à la différence du Perche par exemple (je me suis cependant abstenu de lui signaler que les joints du châtelet d'entrée d'un manoir géographiquement voisin, le manoir de la G., étaient ainsi, à mes yeux, complètement ratés). Enfin, nous sommes descendus dans les douves et mon visiteur y a pris de nombreuses photos.

Au final, M. TIERCELIN m'a semblé tout à fait rassuré par les travaux réalisés ainsi que par la coïncidence entre mes déclarations sur le mur d'escarpe et ce qu'il a pu constater d'autant plus aisément que l'herbe avait été coupée à son intention. Je retiens également qu'il m'a assuré que les promesses de subventions seraient bien (sauf circonstance majeure exceptionnelle) tenues et que je n'ai pas non plus de souci à me faire à propos des subventions nécessaires pour la restauration du mur d'escarpe et des biefs. Nous sommes convenus de rester en contact si j'avais d'autres éclaircissements à demander sur les textes.

Nous n'avons guère parlé de la passion de mon interlocuteur pour les châssis anciens de fenêtres. J'espère bien que cela sera possible à notre prochaine rencontre.

P.S. (du 7 juin 2017) : Avec le recul de 5 ans supplémentaires de travaux (et de galères, administraaaâââtives et autres), je trouve que la lecture de ce compte rendu conserve quelque chose de réconfortant pour moi.

Lucyna GAUTIER est venue cette après-midi discuter du projet de restauration de l'intérieur de l'"aile de la belle-mère" avec Mr T. et la demoiselle à l'écharpe blanche.

Le problème n'est pas facile puisqu'il s'agit avant tout de concevoir un système d'escaliers qui permettent de desservir les deux niveaux des "écuries" et les quatre du "colombier", étant entendu qu'en plus, d'une part les planchers ne sont pas au même niveau, à étage identique, entre les écuries et le colombier, d'autre part la largeur des bâtiments n'est pas telle que l'on puisse accoler un escalier à n'importe quel mur.

Le fait est qu'à leur habitude, nos prédécesseurs ont imaginé là des solutions aussi mal conçues que réalisées, ce qui leur vaudra prochainement la seule destination qu'elles méritent, à savoir la décharge.

Voici en effet le monstre :
- au niveau du rez-de-chaussée de l'ex-écurie, les deux marches de descente vers le salon (à gauche de la photo) et la première travée de l'escalier, accolé au mur de refend :

13 octobre 2012, la descente vers le salon et le début de la montée vers le 1er étage.

- la première travée (13 marches), vue de l'entrée du salon :

13 octobre 2012, la première travée.

- après un angle à 90° sur la droite, la deuxième travée (8 marches) :

13 octobre 2012, la deuxième travée.

- après un angle de 180°, la troisième travée (6 marches) :

13 octobre 2012, la troisième travée.

- après une angle de 90°, celui-ci sur la gauche, la 4ème travée (3 marches) :

13 octobre 2012, la quatrième travée.

- après avoir tourné de 90°, cette fois sur la droite, il y a encore une marche à monter :

la cinquième travée ; ici Lucyna, à l'entrée de la chambre du 2ème étage du colombier.

- après un nouveau virage à 90° sur la droite, la sixième travée (10 marches) :

13 octobre 2012, la sixième travée.

- enfin, après un nouvel angle à 90°, ce dernier sur la gauche, la septième travée (3 marches) ; et en plus, on est gêné par le brisis du colombier :

13 octobre 2012, la septième travée.

Rappelez-moi comment son neveu évoquait le concepteur de cette pure merveille ! Ah oui, il parlait du "goût" et de "l'intelligence des choses du passé" du zigomar en question.

Poubelle, je vous dis, et direct !

Guy HEDOUIN
rédigé le Dimanche 14 Octobre 2012
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Maçonnerie-carrelage - Menuiserie - Aile "de la belle-mère"
0
Bonjour,

Vous voyant vous gratter la tête afin de trouver une solution pour votre escalier, voici un modèle qui siérait bien.

Je vous prie de présenter mes salutations à vos jeunes visiteurs.
Par la même occasion, demandez à la jeune fille à l'écharpe blanche si elle rencontre toujours des difficultés avec Safari.

Bonne journée à tous !

P.S.: L'idée d'un escalier à vis serait-elle réalisable ?

N.D.L.R. : Oui, elle le serait, du moins en première analyse (il faudra néanmoins s'assurer qu'on peut desservir convenablement tous les niveaux des bâtiments en question, ce qui n'est pas certain tant le problème est compliqué). On pense en effet à ce stade à un escalier tournant, à marches de bois pleines, donc analogue à un modèle traditionnel dans les manoirs du secteur (la Foucherie à La Haute Chapelle, les Brosses à Céaucé et plein d'autres). Cet escalier prendrait la place de la première travée actuelle, c'est-à-dire serait accolé au colombier mais monté à l'intérieur du volume de l'ancienne écurie ; il réduirait d'autant la longueur du salon actuel de l'aile de la belle-mère ; j'ai donc suggéré à Mr T. et à la demoiselle à l'écharpe blanche de translater, vers l'intérieur de l'écurie, le mur de refend du salon qui en supporte actuellement la cheminée ; si cette idée est retenue, le nouveau mur devra être monté avant le début de l'intervention de Roland BOUSSIN.

Un deuxième problème à régler vite concerne l'implantation des lucarnes sur les brisis de la toiture. Lucyna propose que, côté Ouest, on prévoie des sortes de fentes vitrées, aussi discrètes que possible (je crois qu'elle appelle cela des castes).

Enfin, il faudrait décider rapidement (car cela influe sur les choix d'escalier) l'emplacement des futures salles d'eau, notamment la salle de bains de la plus belle chambre, celle qui se trouvera dans le colombier, au deuxième étage, avec ses trous de boulin. Faute de meilleure idée, Lucyna propose d'installer ces commodités au-dessus de cette chambre, donc juste sous les terrassons du colombier ; mais ce ne serait pas très pratique pour les occupants de cette chambre ; donc la réflexion se poursuit aussi sur ce point.

Quant à Safari, ladite demoiselle vous remercie de votre attention et répond que ça ne marche toujours pas sur son ordi. Elle me dit qu'elle va vous contacter.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Lundi 10 Décembre 2012
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Aile "de la belle-mère"
0
Lucyna GAUTIER a transmis hier soir à Mr T. ses plans en vue d'améliorer l'habitabilité de l'"aile de la belle-mère". Voici, avec mes commentaires, ce que cela donne.

D'abord, le façades. La façade sur cour (que Lucyna appelle Sud alors qu'elle est orientée vers l'Est) montre qu'on conserverait les ouvertures d'Henri LEVÊQUE sur le colombier et sur ce qui correspond, au rez-de-chaussée, au salon du logement. En revanche, sur la partie la plus au Nord (à droite) de cette façade, il y aurait de petites modifications : la porte d'accès aux écuries actuelles (à la future salle-à-manger) serait en partie vitrée et complétée à gauche d'une nouvelle ouverture, bien dessinée. Au niveau de la toiture, la cheminée serait décalée vers le Nord et les lucarnes rebalancées en conséquence. Tout ceci me semble bienvenu et relativement aisé à réaliser, la principale difficulté étant de trouver le bon granit pour les deux nouvelles ouvertures.

Façade Est.

Du côté de la façade actuelle d'arrivée (orientée vers l'Ouest et non, comme indiqué sur le dessin, vers le Nord), il y aurait de nombreuses modifications :
- au rez-de-chaussée, l'horrible porte extérieure d'accès aux écuries, percée par Henri LEVÊQUE, serait supprimée et remplacée par une fenêtre assortie aux autres ;
- au niveau du 1er étage, les ouvertures actuelles dans la maçonnerie disparaitraient au profit d'ouvertures beaucoup plus discrètes dans les brisis ; cela semble une excellente idée, les ouvertures actuelles ayant été très mal réalisées par Henri LEVÊQUE et dénaturant la massivité nécessaire de cette façade.

Ces travaux seront cependant très délicats à réaliser pour ne pas rendre perceptibles, par des différences de couleur de la pierre, les interventions nécessaires en maçonnerie. Il est vraisemblable que nous devrons démonter une grande partie du parement extérieur de cette façade afin de panacher les pierres ; ce sera un gros travail.

Façade Ouest.

J'en viens aux travaux intérieurs. Autant, sur les façades, j'estime que mon avis doit être considéré comme très important et à respecter (ce que les juristes appellent un "avis conforme"), autant, pour l'intérieur, je suis hors de la "boucle décisionnelle" et n'émets qu'un "avis simple". Après tout, c'est le fiston qui paye, les travaux sont dans "sa bulle", donc c'est lui qui décide librement. Ceci dit, compte tenu de mon expérience des chantiers, ce que je dis peut avoir un petit intérêt.

Au niveau du rez-de-chaussée, le plan de Lucyna n'appelle pas de remarque particulière de ma part :
- Les pièces sont de belles dimensions.
- Il faudra déplacer la cheminée d'une travée de charpente vers le Nord, de manière à redonner au salon un bon volume après l'amputation due à la nouvelle cage d'escalier ; ceci me paraît bienvenu.
- La cuisine provisoire actuelle, au rez-de-chaussée du colombier servira de débotté et de vestiaire avec un w.-c. : excellente idée.
- La nouvelle cuisine sera intégrée à la future salle-à-manger : très bien ; il ne faudra cependant pas se tromper dans le style de cette cuisine afin de la rendre discrète dans ce volume. Elle sera complétée par une arrière-cuisine : excellent pour assourdir le bruit des machines et dissimuler une quincaillerie moderne incongrue en ces lieux.
- La porte extérieure du salon donnera accès à un palier surélevé d'une marche par rapport au salon et il faudra monter deux marches pour passer du débotté au salon (Lucyna s'est trompé, sur son dessin, à propos du sens de cette montée) ; il sera toujours nécessaire de monter puis descendre une marche pour passer de la cour au débotté.

Le rez-de-chaussée.

Au niveau du 1er étage, j'éprouve quelques hésitations. Mais rien de fondamental :
- La chambre 1 n'est guère modifiée par rapport à sa découpe actuelle ; plutôt que deux lavabos, je recommanderais un lavabo et un bidet.
- Je ne suis pas sûr que le palier de l'escalier tournant, équivalent à trois marches, soit aisé à insérer dans le dispositif ; il est vrai néanmoins que le démarrage de l'escalier à l'étage en-dessous est suffisamment... inattendu pour donner quelque flexibilité dans la réalisation.
- Il faut deux marches (au lieu d'une, actuellement) pour accéder à la chambre 1 ; il faut également 5 marches pour accéder au couloir des autres chambres. A ce stade, le progrès n'est pas flagrant par rapport au spaghetti absurde d'Henri LEVÊQUE ; il est vrai que c'est surtout au-dessus de ce niveau que les zigouigouis de l'escalier étaient ridicules. Il y a encore 4 marches pour passer du couloir aux 3 autres chambres, donc un vide sanitaire sous le plancher de ces chambres ; l'idée sous-jacente de mettre enfin ces volumes en phase avec la hauteur des lucarnes me semble très bienvenue, donc ces séries de 4 marches ne me gênent pas en tant que telles. Il faudrait toutefois examiner sur la coupe du bâtiment si le caractère mansardé de la toiture joint aux nombreux placards prévus ne donnerait pas à ces chambres des dimensions trop exigües.
- Plutôt qu'un dressing entre les chambres 2 et 3, ne vaudrait-il pas mieux prévoir une autre salle de bains ? Certes, cela poserait des problèmes d'éclairage et de ventilation, donc de dessin de la petite ouverture extérieure à prévoir, sur le terrasson sans doute, mais cela me paraît mériter d'être envisagé.
- Dans la salle de bains, toujours 2 lavabos. Bizarre. La baignoire me paraît bien courte pour de grands gaillards (il faut penser à la dégénérescence de l'espèce, 10 cm par génération si l'on veut bien ne pas interrompre une si brillante lignée...). Donc à revoir ; une solution serait de faire tourner la baignoire de 90° en piquant l'espace du lavabo du fond.
- La mezzanine a-t-elle de l'intérêt ? Bibliothèque, sans doute. Pourquoi pas ?

Le premier étage.

Au niveau du 2ème étage, l'idée est de mettre en valeur les trous de boulin. Le lit est donc absorbé pour partie par une alcôve. Les deux lavabos me choquent moins car les jeux de miroirs peuvent être traités de façon intéressante. Le palier fonctionne bien avec l'étage en-dessous.

Le deuxième étage.

Lucyna a prévu de conserver un 3ème étage de manière à disposer un bureau sous la belle charpente mansardée du colombier. Le problème est que l'escalier débouche en plein milieu du volume, ce qui peut gêner son ameublement. Il est vrai qu'il n'y aura jamais foule là-haut. Et je ne vois pas comment on pourrait utilement modifier la trémie sauf à raidir sensiblement les marches, ce qui serait casse-gueule. Il ne faudra pas se tromper dans les rampes qui devront demeurer arachnéennes.

Le troisième niveau.

Enfin, la coupe longitudinale permet de comprendre que le sol du débotté au rez-de-chaussée ne peut être relevé ; apparemment, il est même légèrement abaissé, ce qui me semble opportun. La coupe fait apparaître un vide sanitaire de 59 cm au plafond de la chambre 1 : je n'en vois pas l'intérêt ni l'usage ; à supprimer.

Coupe longitudinale.

Le point le plus préoccupant de cet ensemble de dessins est l'escalier en colimaçon. Si on prévoit, comme sur la coupe, que la structure de l'escalier portera sur une cloison en pan-de-bois, je doute fort que cela suffise à assurer la solidité de l'ensemble. Lucyna devra donc préciser très rapidement son projet sur ce point, cela me paraît indispensable en l'état du dossier.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Jeudi 20 Décembre 2012
Journal du chantier - Plomberie-chauffage - Terrassement - Aile "de la belle-mère"
0
Dans les écuries, Igor a percé le sol de ciment pour faire passer la sorte de pipe-line destiné à abriter diverses canalisations, dont celles du futur chauffage de l'"aile de la belle-mère". J'observe ce matin le niveau de l'eau dans ce trou. Elle n'est vraiment pas loin de la surface :

20 décembre 2012, le niveau de l'eau à ce jour sous les écuries de la Chaslerie.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Jeudi 20 Décembre 2012
Journal du chantier - Maçonnerie-carrelage - Terrassement - Tour Louis XIII - Aile "de la belle-mère"
0
Au débouché du "pipe-line" dans les écuries, la baignoire s'est transformée en pédiluve. En fait, c'est là que se déversent actuellement les eaux drainées dans la future chaufferie voisine.

20 décembre 2012, le pédiluve des écuries.

Si le niveau a baissé, c'est parce qu'Igor a pompé. Donc ce n'est que partie remise tant que l'écoulement en aval ne sera pas assuré...
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Samedi 5 Janvier 2013
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Menuiserie - Aile "de la belle-mère"
0
@ Mr T. :

Voici donc les photos prises ce matin :

- la première est censée te montrer que le palier en haut de la première travée actuelle pourrait recevoir le départ du colimaçon :

5 janvier 2013, la travée droite.

- le poteau d'angle pourrait sans doute être prolongé pour servir de moyeu au colimaçon :

5 janvier 2013, un moyeu en devenir.

- il s'agirait pour ce colimaçon d'atteindre l'ancienne ouverture, qui a été murée de briques creuses par la "grande âme du Domfrontais" ; cela me semble réalisable :

5 janvier 2013, le volume disponible pour le colimaçon.

- la place disponible sous le brisis doit permettre, je pense, de faiire déboucher ce colimaçon au niveau du 2ème étage du colombier...

5 janvier 2013, l'espace sous brisis.

... même si, comme on le voit sur la photo suivante, le linteau de la porte à rouvrir devra être surélevé :

5 janvier 2013, la porte à rouvrir, vue du deuxième étage du colombier.

Il est fort possible que cette idée de colimaçon ansi placé simplifie la desserte de l'étage des anciennes écuries. Il faudrait que Lucyna s'en assure sur ses plans.

Il me semble que les marches de la travée droite pourraient être conservées. La rampe pourrait être remplacée par un modèle plus élégant (ce ne devrait pas être difficile de faire mieux que le truc actuel). Il conviendrait également d'habiller les étagères sous la première travée. A ce sujet, je te rappelle la forme des moulures de la cheminée...

5 janvier 2013, la cheminée du salon actuel de l'

... ainsi que celles de deux portes voisines :

5 janvier 2013, une porte dont le bas a dû être bidouillé.

5 janvier 2013, une autre porte ancienne qui a dû être bidouillée par le héros du comique troupier.

Si tu conserves la première travée de l'escalier, il convient de te demander s'il est indispensable ou utile de déplacer la cheminée. Ne pas le faire simplifierait sensiblement le chantier. Mais c'est à toi de décider quel volumes respectifs de salon et de salle à manger-cuisine tu préfères, sachant qu'il est d'ailleurs loisible de faire disparaître la cheminée du salon actuel afin de la replacer du côté des anciennes écuries ; alors, le rez-de-chaussée du colombier pourrait servir de nouveau de cuisine...

P.S. (à 15 h 20) : Je viens de téléphoner à Mr T. Il m'a déclaré s'interroger sur l'opportunité d'utiliser le mur de refend des anciennes écuries pour recevoir, non pas un comme actuellement, mais deux conduits de cheminée, l'un pour le futur salon, l'autre pour la future salle à manger. L'idée me paraît intéressante ; je lui ai donc proposé de transplanter dans ses futurs volumes l'ancienne cheminée du manoir de Mebzon qui se trouve actuellement dans ma chambre, au 1er étage du logis ; Carole trouve en effet cette cheminée trop encombrante et souhaiterait la faire disparaître ; même si je ne suis pas complètement d'accord avec elle, je me dis que, si ce changement de décor lui fait plaisir, autant la satisfaire.

Pour aider le fiston à réfléchir à cette suggestion, voici la fameuse cheminée de Mebzon :

L'ancienne cheminée de Mebzon, actuellement au 1er étage du logis de la Chaslerie.

En fait, le manoir de Mebzon date des 14ème et 15ème siècles. Or, les anciennes écuries de la Chaslerie sont du 18ème siècle. Les fenêtres du 18ème n'ont rien à voir avec celles du 14ème ; il faudrait en tenir compte pour ne pas déséquilibrer l'ambiance de la pièce où serait réimplantée cette cheminée ; en clair, cette pièce devrait, à mon avis, comporter moins d'ouvertures mais des coussièges n'auraient là rien de farfelu...

Coussièges au château de Saint-Mesmin.

Coussièges au château de Plieux (Gers), chez l'écrivain Renaud CAMUS.

La bibliothèque de Plieux, chez Renaud CAMUS.

Puisque les deux dernières photos ont été prises à Plieux, voici l'allure de cette austère et altière demeure :

Le château de Plieux.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Lundi 7 Janvier 2013
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Maçonnerie-carrelage - Menuiserie - Aile "de la belle-mère"
0
Grâce à l'amabilité de Guy HEDOUIN, voici, présentés dans un format que je puisse mettre en ligne, les premiers plans reçus ce soir :

Si j'en juge par la largeur des lits du 1er étage, l'escalier prévu sur ces dessins ne permettrait pas le passage d'un adulte. Sans doute dois-je voir là l'aveu que trois enfants au moins occuperaient bientôt les chambres dessinées à l'étage. Je les imagine déjà m'appeler "Bon-Papa" et je fonds !

Je note par ailleurs qu'il y aurait deux entrées voisines, débouchant chacune sur un vestibule ; je ne vois pas très bien l'utilité de tels doublons dans le compartimentage. Sauf s'il s'agit de repasser par la cour pour aller du salon à la salle à manger où les chères têtes blondes ont déjà une table à leurs dimensions qui les attend.

Le déplacement de la cheminée, tel qu'il est présenté, n'est pas sans incidence sur l'éclairage naturel du salon puisqu'il rend l'une des trois fenêtres inutile et une autre inutilisable.

Les contournements de l'escalier ne paraissent pas apporter d'améliorations probantes par rapport à la situation actuelle et j'ai du mal à m'extasier devant l'ingéniosité du nouveau système qui occulte la réalité d'un volumineux vide sanitaire entre le plafond du rez-de-chaussée et le plancher du 1er étage.

Grâce au "vide" de la cage d'escalier et à la mezzanine, il suffira d'une télé à l'étage pour qu'on l'entende jusqu'au salon, voire, par résonance avec ce vide sanitaire, dans chacune des chambres d'enfants.

et caetera...
0
Qui est l'auteur du plan ?

Je trouve bizarre la cheminée sur laquelle l'escalier s'adosse, il y a au moins un mur pour séparer.

On n'est plus dans la configuration d'un escalier à vis, me semble-t-il.

N.D.L.R. : L'auteur est peut-être la future mère de la ribambelle d'enfants que ces chambres annoncent, derrière cet escalier qui semble impraticable par des adultes (sauf peut-être par des Egyptiens de hiéroglyphes, ceux qui marchent de profil).

Bien sûr, vous avez raison pour la cheminée ; il est vrai que le mur en question rendrait les fenêtres voisines particulièrement incommodes.

De façon plus générale, ce malheureux crobard ne tient pas suffisamment compte des ouvertures existantes dont il gâche plusieurs. L'idée de tenir l'épaisseur des murs pour négligeable, comme vous le relevez à juste titre, est originale.

Je suis bien entendu trop obtus pour apprécier les charmes de ce type de "partis architecturaux" (comme disent sans doute les gens sérieux qui ne cessent de jouer les redresseurs de torts, en dictant leurs censures et en refusant d'entendre quelques vérités) !