Administraaaâââtion

Courriel reçu hier de M. MAFFRE :

(début de citation)

Messieurs,

Veuillez trouver ci-joint le compte-rendu de la réunion de chantier du lundi 11 mai 2015.

A la demande du maitre d'ouvrage, le prochain rendez-vous aura lieu le lundi 25 mai 2015, à 9h30, sur place.

Bien cordialement

(fin de citation)

Quant au compte rendu, je ne le mets pas en ligne tant sa rédaction témoigne que M. MAFFRE a été inhibé dans sa rédaction par la perspective de retrouver son texte sur notre site favori.

Il me connaît encore mal car, avec la pudeur qui me caractérise indubitablement, j'aurais mis un blanc sur les passages délicats. Au lieu de quoi, nous avons reçu un document parfaitement incolore, inodore et sans saveur. Et de surcroît sans aucune photographie. Donc, comme le diraient nos amis anglo-saxons, "there is room for improvement".

D'après ce que m'a dit Franck LIEGEAS, la couverture du colombier de la Chaslerie aurait été droite à l'origine. Ceci me rappelle des photos, aperçues dans des livres, du château de Cricqueville-en-Auge :

Ces photos sont d'autant plus troublantes que ce château date de 1584 (14 ans avant la Chaslerie) et que le décor de ses façades a pu inspirer, avec son damier de pierres et de briques, les bâtisseurs de notre logis favori.

Or j'apprends que Roland BOUSSIN serait allé se plaindre à M. MAFFRE de ma demande à son gendre de consigner par écrit, en utilisant les termes techniques appropriés, ses observations.

Laissant la pleureuse de service à ses gémissements, j'ai proposé au fiston de prendre à ma charge une partie du surcoût prévisible d'une modification du programme de restauration de la charpente du colombier, au cas où, comme cela me semble probable en l'état du dossier, les appréciations de Franck LIEGEAS - un garçon sérieux à qui je fais volontiers confiance - seraient confirmées lors de la prochaine réunion de chantier à laquelle ce charpentier méticuleux devra, bien entendu et n'en déplaise à son beau-père, participer.

Je reprends la plume à 3 heures du matin. Il n'y a toujours aucun message de Franck LIEGEAS dans ma boîte aux lettres. Comme on l'a montré ici, la S.A.R.L. BOUSSIN-LIEGEAS est donc incapable de tenir parole tant :
- (1) à propos de son calendrier d'intervention - je rappelle qu'il était initialement prévu que la restauration de la charpente et de la couverture du colombier commence à la fin de l'année dernière - que :
- (2) à propos du parapluie qui était stipulé contractuellement et qui, à ce jour, ne fonctionne toujours pas convenablement, ceci malgré une première alerte relevée par mes photos du 30 avril et confirmée lors de la première visite de chantier de l'architecte, le 11 mai, et
- (3) à propos du rapport promis par Franck LIEGEAS après ses constats du 12 mai dernier.

A l'évidence, ma façon de suivre le chantier au jour le jour - bien sûr quand je suis sur place - et de mettre rapidement en ligne mes commentaires sur notre site favori (en général durant la nuit qui suit) déplaît à certains qui préféreraient qu'un témoin aussi actif soit réduit au silence. Dans l'immédiat, en me privant du rapport de Franck, promis deux fois, ceux-ci espèrent entraver ma parole.

Eh bien, c'est raté. Je vais mettre en ligne les photos que j'ai prises hier et je vais les commenter avec mon propre vocabulaire, en essayant d'être aussi clair que possible.

En fait, la charpente du colombier est composée de deux ossatures, deux sortes de cages thoraciques enchâssées l'une dans l'autre :
- une première ossature, dite par moi intérieure, belle, constituée de grosses pièces de bois bien taillées, globalement saine, y compris ses arêtiers, bien que plus ancienne que la seconde ; cette première ossature se trouve au seul niveau du 3ème étage du colombier (l'étage des lucarnes désormais démontées) ;
- une seconde ossature, dite par moi extérieure, dont les pièces principales sont souvent pourries, qui recouvre la première au niveau du 3ème étage (celui des brisis) et la complète au 4ème niveau, celui des terrassons ; les arêtiers de ce 4ème niveau sont archi-morts, de même que le poinçon Est (côté cour) ; les arêtiers de cette ossature extérieure au niveau du 3ème étage sont fluets, plaqués sur les arêtiers costauds de l'ossature intérieure auxquels ils ne sont pas parallèles puisqu'ils présentent un angle plus aigu (= fermé) avec le plan horizontal (si vous préférez, avec le plancher du 3ème niveau).

Sur la base de ce vocabulaire, voici mes propres observations, portant sur les aspects sanitaires ainsi que sur les aspects structurels de ces deux ossatures :

1) à propos de l'ossature intérieure :

- le poteau qui jouxte la souche de cheminée à son Nord est pourri extérieurement :

18 mai 2015.

18 mai 2015.

- la poutre horizontale, orientée Nord-Sud mais proche du côté Est, est pourrie à son extrémité Sud :

18 mai 2015.

- la poutre horizontale qui supporte le poinçon Est est atteinte par la mérule (de même que la pièce oblique, appartenant à la 2ème ossature, qui la surmonte) en sa partie Nord :

18 mai 2015.

- les pièces de bois qui relient en leur milieu les grandes poutres Nord-Sud horizontales et les poutres Nord-Sud du cadre extérieur supérieur de la 1ère ossature sont fluettes ; un éclairage électrique y a été installé, sans doute vers 1960, en direction du plafond du 3ème niveau :

18 mai 2015.

18 mai 2015.

- les pièces de bois installées sur la bissectrice des 4 angles formés par les poutres du cadre extérieur supérieur présentent des mortaises, actuellement inutiles, que Franck LIEGEAS avait, le 12 mai dernier, interprétées comme la preuve que ces pièces de bois avaient été retaillées pour les raccourcir à l'époque où l'ossature extérieure avait été installée :

18 mai 2015.

18 mai 2015.

18 mai 2015.

2) à propos de l'ossature extérieure :

- sur tout son pourtour, le cadre extérieur supérieur de la 1ère ossature est doublé par des pièces de bois appartenant à la 2ème ossature ; en voici une vue du côté Nord et photographiée par en-dessus :

18 mai 2015.

- ces pièces de bois du cadre extérieur supérieur de la 2ème ossature ont été fixées à la première ossature par des clous forgés trop courts, d'où les encoches que l'on retrouve partout :

18 mai 2015.

- ce cadre de bois extérieur est pourri du côté Ouest :

18 mai 2015.

18 mai 2015.

18 mai 2015.

- à mi-hauteur des arêtiers des terrassons, un petit cadre de bois destiné à soutenir des chevrons est constitué de pièces trop courtes, de sorte qu'elles flottent par rapport à ces arêtiets :

18 mai 2015.

18 mai 2015.

18 mai 2015.

18 mai 2015.

- les arêtiers supérieurs sont fluets et morts ; voici le moins moche :

18 mai 2015.

- les arêtiers inférieurs de la 2ème ossature sont plus pentus que les arêtiers de la 1ère ossature ; selon moi, ceci devrait pousser à se demander quelle était la pente de la couverture d'origine (possiblement moindre que celle des brisis de la couverture mansardée) :

18 mai 2015.

- le haut des poinçons est mort :

18 mai 2015.

Pour que mon constat soit complet, il aurait fallu que je vous parle du caractère rachetèque et que j'ai toujours trouvé incongru des pièces de bois situées aux 4 angles de la 1ère ossature et qui relient, à proximité du plancher des combles, les arêtiers de cette ossature et les blochets correspondants.

Grâce à ces photos et malgré mon vocabulaire profane, j'espère néanmoins vous avoir montré que le comportement de M. BOUSSIN est lamentable et qu'au lieu d'aller pleurnicher auprès de l'architecte, il ferait mieux de travailler enfin convenablement et sans essayer de nous forcer la main. A mes yeux, ces procédés sont minables.

J'espère aussi que les photos que je viens de mettre en ligne seront consultées par M. MAFFRE. Si tel est le cas, je pense qu'il y verra la preuve que la 2ème ossature ne suffit pas à justifier que l'on s'en tienne, sans réfléchir davantage ni en débattre au fond, au projet initial de restauration à l'identique d'une couverture mansardée.

Sur ce, il est 5 h 15 du matin, je repars me coucher car je dois faire de la route aujourd'hui et il vaudrait mieux que je ne dorme pas trop au volant.

Je relis ce matin le "Projet" de M. MAFFRE pour la restauration de la charpente et de la couverture du colombier.

Tout ce qui est écrit là me convient parfaitement, sous réserve d'un changement éventuel de programme si, de l'avis de l'architecte, les preuves de la forme ancienne de la charpente sont suffisantes.

Réunion de chantier ce matin. Nous étions presque au grand complet :

25 mai 2015.

Presque tous sont montés dans les échafaudages...

25 mai 2015.

25 mai 2015.

25 mai 2015.

25 mai 2015.

25 mai 2015.

25 mai 2015.

25 mai 2015.

25 mai 2015.

... avant de redescendre sur le plancher des vaches :

25 mai 2015.

Résultat des courses, si je résume :

1 - ce que j'appelle l'ossature intérieure a été conçu pour supporter une couverture mansardée et non une couverture droite ; on peut imaginer que cette ossature intérieure est due à Jean MIDY, le charpentier qui avait recouvert la cave et les écuries en y laissant sa signature ;

2 - il y a eu un changement d'équipe entre la réalisation de l'ossature intérieure et celle de l'extérieure ; la seconde équipe était nettement moins habile ; l'hypothèse a été émise que Jean MIDY serait mort en cours de chantier.

Résultat des courses, si je résume le résumé :

3 - Rien ne permet, en l'état de la charpente du colombier, de reconstituer une couverture droite.

Pour moi qui pinaille, resterait pendante la question de la hauteur du jet d'eau sur la souche de cheminée ; mais cette dernière n'a dû être construite que lors de la transformation des deux étages bas du colombier en habitation (sans doute pour abriter le chapelain qui logeait jusque là dans la tour Louis XIII) ; or les linteaux des ouvertures de cette époque sont du XVIIIème. Donc, sauf à imaginer que la souche de cheminée ait été construite, dans la première moitié du XVIIIème, le long d'une couverture droite ancienne, puis que la charpente ait été changée en totalité vers 1760, il n'y a plus le moindre indice permettant d'imaginer ce qu'aurait pu être une couverture droite. L'angle de tir est donc des plus étroits et je dois m'incliner.

La restauration de la charpente et de la couverture du colombier devrait donc être poursuivie en conservant le profil mansardé que nous connaissons.

Igor a placé le "Valtra" de manière à ce que sa benne recueille les détritus des charpentiers :

27 mai 2015.

Régis et ses compagnons ont démonté la charpente des terrassons :

27 mai 2015.

27 mai 2015.

27 mai 2015.

Comme on le savait, le poinçon Est était particulièrement abîmé :

27 mai 2015.

27 mai 2015.

27 mai 2015.

27 mai 2015.

Ce soir, la charpente des terrassons s'est comme qui dirait volatilisée et la pose de l'entrait neuf destiné à remplacer celui, atteint par la mérule, qui soutenait le poinçon Ouest a commencé :

27 mai 2015.

Auparavant, les deux futurs entraits en question avaient subi les assauts de la mortaiseuse :

27 mai 2015.

27 mai 2015.

Le nettoyage de l'espace entre les deux sablières, l'extérieure et l'intérieure, a commencé. Ce n'est pas du luxe...

27 mai 2015.

... notamment au niveau de la lucarne Sud où il a fallu arracher quelques lattes du parquet des combles :

27 mai 2015.

Il est ainsi apparu que, malgré la présence d'aubier, notamment à cet endroit, la sablière intérieure devrait pouvoir être conservée telle quelle :

27 mai 2015.

On n'a pas manqué de retrouver là des interventions au ciment qui ont été immédiatement éliminées...

27 mai 2015.

... ainsi que, au niveau des fenêtres du 2ème étage, percées comme l'on sait vers 1960, la trace de solutions médiocres :

27 mai 2015.

Ce soir, le démontage de la moitié Nord de la sablière extérieure Ouest a commencé :

27 mai 2015.