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Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le samedi 12 février 2011
Administraaaâââtion - Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation
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Longue visite, ce soir à la Chaslerie, de Pierre BOULLE, l'ancien directeur du "Publicateur Libre", venu m'offrir un ouvrage qui vient de sortir, "Châteaux de Normandie" par Hélène LEFEBVRE, aux éditions Patrimoines et médias. Cet ouvrage présente une centaine de "châteaux" de Haute et Basse-Normandie. Au titre de l'Orne, il y en a 17, dont deux sur le territoire de la commune de La Haute Chapelle, à savoir la Saucerie et la Chaslerie :

12 février 2011, Pierre Boullé en train de me lire la page 64 de l'ouvrage qu'il vient de m'offrir.

Je préfère pour ma part réserver le nom de château à des bâtisses ostentatoires, même s'il est vrai que, dans le cas de la Chaslerie, cette appellation se rencontre dans l'usage local. Il me semble que le vocable de manoir, plus modeste, plus lié à la ruralité, convient mieux ici ; c'est en tout cas celui que j'utilise toujours.

Avec toute la verve qu'on lui connaît, Pierre BOULLE a bien sûr évoqué nombre de figures de l'Ouest, notamment Robert de GOULAINE, Raymond GUESDON et certaine illustre famille de défenseurs des bouilleurs de cru. Il a d'ailleurs laissé également à ma disposition le dernier numéro de "L'avenir du bouilleur", organe de la "Fédération des bouilleurs et des récoltants de l'Ouest" dont il est le directeur convaincu.

A ce propos, en ma qualité de fonctionnaire du ministère des finances, je suis heureux de me faire ici l'écho d'informations réglementaires sur cet intéressant sujet, émanant de mes distingués collègues des Droits indirects :

La page 10 du numéro de 2011 de "L'avenir du bouilleur".

P.S. 1 : Je précise que je ne me rappelle pas avoir été informé de la préparation ni de la parution de l'ouvrage dont Pierre BOULLE m'a offert un exemplaire. Le texte sur la Chaslerie me semble relativement bienveillant et objectif mais la photo est antérieure à la tempête de 1999, ce qui est un peu surprenant pour qui apprécie les efforts iconographiques de ce site internet...

Compte tenu des caractéristiques des autres monuments cités, je me demande si les services des affaires culturelles n'ont pas participé à l'élaboration de leur liste. Dans celle-ci figurent en effet des bâtiments qui ont fait l'objet de travaux de restauration au long cours comme Vauvineux, appartenant aux PICQ. Manquent en revanche, selon moi, le logis de Sainte-Marie-la-Robert que vient de vendre Marc CHALUFOUR ou encore le remarquable château du Repas, appartenant à un M. DEWAVRIN qui a cédé la chaîne de distribution "Surcouf". Je retrouve toutefois la Fresnaye de Patrice CAHART, ainsi reconnu comme emblématique du Perche, ou bien encore les Feugerets qui appartiennent à un cousin de mon ancien collègue Augustin de ROMANET.

Je calcule que, si la Chaslerie se trouve ainsi retenue dans une liste de cent châteaux répartis sur deux régions, cela signifie qu'elle doit appartenir aux 1 000 "premiers" châteaux de France, mais sans doute, selon moi, à la seconde moitié de cet ensemble, si l'on classe les monuments par leur "standing". Je considère que c'est là un très bon score. Dans l'Orne, les châteaux qui me paraissent mériter d'être classés parmi les 500 premiers français sont, par ordre alphabétique, le Bourg-Saint-Léonard (appartenant à la commune), Carrouges (qui est resté privé jusqu'à 1936, date à laquelle la famille LE VENEUR l'a vendu à l'Etat), le château d'Ô (ancienne propriété de Jacques de LACRETELLE, désormais propriété du consultant Dominique MARS), le haras du Pin (propriété du département qui fait de gros efforts pour en assurer la promotion) ou encore Sassy, propriété de la famille d'AUDIFFRET-PASQUIER (un duc de cette famille présidait le Sénat quelques décennies après que le grand-oncle Paul a présidé la Chambre des députés). Par la vertu des L.B.O., le château de Médavy tangente extérieurement ce premier groupe car il fait l'objet, ces années-ci, de travaux colossaux que je trouverais volontiers disproportionnés par rapport à la qualité intrinsèque du monument.

P.S. 2 : Le texte de l'ouvrage que je viens de citer me paraissant familier, j'ai eu l'idée de me replonger dans ma bibliothèque (celle qui s'est trouvée sous la douche lors du dégât des eaux de cet hiver). Et là, bonne pioche, j'ai retrouvé le même laïus avec la même photo, sous une autre couverture mais avec le même titre, le même auteur et le même éditeur. Seuls diffèrent la date de parution, ici 1997 et, surtout, le nombre de monuments présentés, ici 160. Un bon tiers de châteaux ont donc disparu de la liste en 13 ans ; pour l'Orne, il s'agit d'Argentan (transformé en tribunal), de la Bonelière (appartenant à nos voisins MEYER), de Bonvouloir (aux ACHARD de BONVOULOIR, parents des LEDIN et dont le nom figure sur une sablière de la chapelle de la Chaslerie), de Cerisy-Belle-Etoile, de Chambois, de Commeaux (très beau manoir, remarquablement restauré par les WARESQUIEL-BURRUS), de Domfront et de Pontgirard. Bref, le nouvel ouvrage n'est qu'une réédition allégée de l'ancien (comme je m'aperçois que n'oublie pas de l'indiquer, enfin, la quatrième de couverture). Huit monuments de l'Orne ont donc disparu de la liste, pas toujours à bon escient à mon avis. Je me dis que, des 17 qui restent dans l'édition actuelle, quelques-uns pourraient sortir de la liste avant que ce ne soit le tour de la Chaslerie. D'autant que les travaux de restauration en cours ne peuvent au demeurant qu'améliorer encore le classement de notre manoir-vedette !

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le mercredi 16 février 2011
Administraaaâââtion - Animation, fêtes, visites - Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux
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Le malheureux est actuellement en dépôt à Notre-Dame-sur-l'Eau, à Domfront.

Il serait beaucoup mieux dans la chapelle de la Chaslerie où il pourrait être restauré à mes frais, continuer à être montré au public et, surtout, être mis hors d'atteinte des vandales qui le détériorent beaucoup trop souvent.

Quel élu aura l'intelligence de décider ce transfert ?

Pascal envisageait, après avoir terminé d'œuvrer au mur de refend de la ferme, d'attaquer la restauration du mur Ouest de la douve Nord. Je lui ai demandé d'attendre encore quelque temps. En effet, je souhaite recueillir l'avis de Lucyna GAUTIER sur cette tranche de travaux pour laquelle il est d'ailleurs attendu une subvention de l'Etat dont la préparation du dossier n'a pas encore commencé.

Comme le plombier n'est pas revenu à la Chaslerie, les travaux dans le bâtiment Nord sont, une fois de plus, gelés. J'attends de M. DELTA qu'il déplace le support du w.-c., me transmette une documentation sur le matériel sanitaire à choisir et, surtout, fasse le nécessaire pour implanter un circuit de chauffage par le sol. Il m'a expliqué qu'une fois ce circuit posé par lui et la nouvelle chape coulée par Pascal, il faudrait encore qu'il chauffe cette dernière avant que le carreleur ne puisse intervenir.

J'ai donc demandé à Pascal de poursuivre son travail sur la ferme, toujours sur la base des plans de Lucyna GAUTIER. Pascal devra déplacer du matériel de Roland BOUSSIN, encore entreposé dans l'extension Sud de ce bâtiment, afin de pouvoir intervenir sur la fenêtre Ouest de cette extension. Ensuite, il devrait travailler sur les ouvertures de la partie de la ferme qui correspond au futur petit salon (l'ancienne salle à vivre). Il a cependant besoin de continuer à mettre à l'abri du matériel de chantier ; il devra donc fermer provisoirement en parpaings l'ouverture du rez-de-chaussée du mur de refend.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le jeudi 3 mars 2011
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Ferronnerie - Logis - Météo
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Il est 19 heures. Roland FORNARI et ses deux compagnons viennent tout juste de repartir au Sap. Je ne sais comment ils ont pu, avec Pascal, travailler par un froid pareil.

Voici les deux compagnons en question en train de véhiculer une grille de la tour :

3 mars 2011, les deux compagnons de Roland FORNARI dans le godet de Pascal.

Comme l'on voit, ils ont de bonnes bouilles.

Sur les cinq grilles prévues au programme, trois ont été posées, les deux de la tour qui me donnent cette fois entière satisfaction, et une grande grille du salon dont je ne peux encore me rendre compte de l'effet car elle demeure pour quelques heures harnachée de toutes parts.

Demain après-midi, Roland et ses compagnons reviendront débarrasser cette grille de ses attelles et installer les deux autres. Roland sera donc présent sur le chantier à 16 heures et pourra participer à ma réunion avec Lucyna GAUTIER et Marie FRULEUX, l'architecte des bâtiments de France en charge de la Chaslerie à Alençon.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le vendredi 4 mars 2011
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Ferronnerie - Logis - Références culturelles
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Saint Laurent périt martyrisé sur un gril :

Le supplice de Saint Laurent sur un gril.

Ce n'est pas le sort que nous réserverons à Roland FORNARI que voici, ce soir, en majesté devant son ouvrage, en train de fraterniser avec Lucyna GAUTIER :

4 mars 2011, Roland FORNARI et Lucyna GAUTIER devant le logis de la Chaslerie.

Je suis extrêmement satisfait du travail de Roland. Je trouve que ses grilles complètent magnifiquement la Chaslerie. Hier et aujourd'hui, j'ai eu le plaisir d'écouter Roland me raconter une partie de sa vie, et c'est un véritable roman picaresque. Voici en particulier un homme qui a eu le loisir, si l'on peut dire, dans sa jeunesse, de lire 5 000 livres en 6 ans, une expérience peu commune à beaucoup d'égards. Et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres.

A la Chaslerie, il a fait preuve d'une remarquable ingéniosité pour résoudre le problème que je lui avais posé : arrimer solidement des grilles énormes sans abîmer les granites. Voici la solution qu'il a mise en œuvre :

4 mars 2011, une épingle de fixation d'une grille.

L'épingle, en fait une sorte d'épée, est enfoncée jusqu'à la garde dans deux œillets plantés au niveau de joints entre les granites. Ce faisant, elle plaque au mur les extrémités des attaches rivetées à la grille.

Comme je suis très satisfait de son travail, qui a aussi fait l'admiration de Marie FRULEUX venue inspecter les travaux de la Chaslerie, j'envisage de lui commander d'autres grilles pour lesquelles il a donc pris les mesures.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le samedi 5 mars 2011
Journal du chantier - Administraaaâââtion - Références culturelles
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Selon Bossuet dans ses "Leçons au dauphin", "la finalité de la vie politique est de rendre la vie commode et les gens heureux". J'ai le souvenir d'avoir dû commenter cette citation lors de mon passage-éclair sur les bancs de Sciences-Po. De mémoire, je croyais qu'il s'agissait, non de la finalité de la vie politique mais de l'objet de l'administration.

Le fait est qu'hier, lors de la visite de Marie FRULEUX, l'architecte des bâtiments de France, je me répétais en boucle cette citation déformée. Je ne voudrais pas, en effet, que le louable souci de bien faire pousse à multiplier des paperasses qu'à mon âge canonique, je considèrerais volontiers comme inutiles, chronophages, donc à sabrer.

Espérons que mon vœu silencieux sera entendu !

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le lundi 14 mars 2011
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Ferronnerie - Logis - Animation, fêtes, visites
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@ Brigitte BUCHOT :

Votre réaction au sujet des grilles rejoint les points de vue de Thibaud et de Carole, même si cette dernière a sensiblement réduit la vigueur de ses critiques.

Cela démontre, selon moi, que les travaux consentis pour restaurer un monument historique ne sont pas toujours compris par - excusez-moi de vous traiter ainsi - les profanes.

En d'autres termes, la "plus-value latente", comme disent les gens des impôts, apportée par de tels travaux sur un monument est vraisemblablement une moins-value. C'est donc là un exemple que je pourrais produire au fisc si jamais le funeste projet d'"I.R.F." en cours de mise au point venait à voir le jour.

Je pense cependant avoir bien agi, dans l'intérêt du bâtiment et en respectant l'"esprit des lieux". Il me semble, d'après leurs réactions, que des observateurs avertis comme Guy HEDOUIN et les professionnels de la restauration de monuments comme Nicolas et Lucyna GAUTIER ainsi que Marie FRULEUX, partagent mon point de vue.

Donc, j'écouterai attentivement toutes autres réactions à venir à propos de ces grilles. D'autant, on l'a compris, que j'ai bien l'intention d'en rétablir d'autres et de ne plus laisser orphelins tous ces œillets plantés il y a des siècles dans les joints des chambranles des fenêtres.

P.S. : Le débat sur les grilles se développe. A propos du "papier" de Roland FORNARI, une autre visiteuse du site m'écrit :

"Je vois :
- de la mauvaise foi, toute de gauche ;
- que, malgré ses lectures si nombreuses, Monsieur n'a pas appris à écrire de façon moins prétentieuse et à ne pas user d'artifices pour camoufler des maladresses... et "essayer de faire croire ce qui n'est pas "!"

Moi, je persiste à trouver de la noblesse et une grande humanité dans le point de vue de Roland et, au moins à ce sujet, je partage pleinement sa façon de voir, de penser et de s'exprimer.

Deux bonnes nouvelles aujourd'hui, dont m'a informé Marie FRULEUX, l'architecte des bâtiments de France qui suit à Alençon le dossier de la Chaslerie : la D.R.A.C. accepte de subventionner en 2011 la restauration du mur Ouest de la douve Nord ainsi que l'étude préalable de Lucyna GAUTIER.

Le mur permettra d'éviter que le fournil du manoir ne finisse par glisser dans les douves. L'étude préalable organisera la suite des travaux de gros-oeuvre, notamment à propos de l'allée, mais aussi sur les douves et sur la ferme.

J'ai ainsi pu signer ce soir le devis de Lucyna.

L'un des chantres venus dimanche dernier à la Chaslerie m'a rappelé que, sur la tour du château de Rânes, il y avait une très belle grille. Je suis donc allé la photographier ce matin.

Effectivement, cette grille "vaut le détour".

Voici d'abord la façade sur cour, avec la fameuse tour, du château de Rânes :

25 mars 2011, la façade sur cour du château de Rânes.

Et voici cette grille vue de dessous, avec la lanterne attenante :

25 mars 2011, la grande grille de la tour de Rânes.

La voici sous un autre angle, qui met bien en évidence les deux cylindres qui flanquent cette grille, comme deux polochons peuvent border un lit :

25 mars 2011, autre vue de la grande grille de la tour de Rânes.

J'ai pu monter dans la tour et prendre la grille en photo de l'intérieur, de manière à mieux comprendre comment ces cylindres sont reliés aux traverses de la grille. Quand on regarde vers le sol, voici donc ce que l'on voit...

25 mars 2011, le bas d'un cylindre de la grille de la tour de Rânes, vue de l'intérieur de la tour.

... et voici le haut du même cylindre :

25 mars 2011, le haut d'un cylindre de la grande grille de la tour de Rânes.

Je trouve que, de l'intérieur, la présence de ces cylindres améliore la vue dans les angles et que, de l'extérieur, ils se marient parfaitement avec les reliefs (dont j'ai oublié le nom) de la maçonnerie de granit, elle-même de remarquable facture.

Pour le reste, je retrouve sur la tour de Rânes une grille analogue à celles déjà remarquées à L... et Mebzon :

25 mars 2011, petite grille de la tour de Rânes.

Comme nous le rappelle la fiche de Wikipedia, le château de Rânes est resté dans la même famille jusqu'en 1908. La commune l'a acheté et le gère depuis 1947.

Or, je suis toujours frappé par les dégâts commis au patrimoine par l'abrutissement de divers élus locaux. Ainsi, chaque fois que je passe devant l'ancien parc du château de Flers, je suis consterné par les "aires de jeux" encombrées de toboggans criards qui dénaturent les abords. A Rânes, l'ancien parc dessiné par Le Nôtre est, de la même façon, devenu un ramassis de buts de hand ou de foot, pour ne rien dire de l'abominable golf miniature et de l'horrible court de tennis, bien entendu tous vides de tout joueur, dont on ne peut échapper à la vision :

25 mars 2011, le parc martyrisé du château de Rânes, vu du sommet de la tour.

Comment se fait-il qu'en pleine campagne, alors que l'espace ne manque pas, des crétins officiels aient pu commettre de tels forfaits ? Jusqu'à quels tréfonds faudrait-il descendre pour sonder l'inculture et l'insensibilité de tels vandales empanachés ? Mystère et boule de gomme !

Un tel exemple, qui n'est hélas pas isolé, me confirme que rien ne vaut la propriété privée - et encore si l'on a la chance de tomber sur un fou de patrimoine - pour prendre en mains, sauver et transmettre convenablement de tels joyaux emblématiques du terroir. Autre mystère pour moi : pourquoi n'y a-t-il pas davantage de tels fous, auxquels je me flatte - on l'a compris - d'appartenir ?

A Rânes, il y aurait pourtant de très belles choses à faire pour ôter de sa froideur administrative à la façade sur le parc...

25 mars 2011, la façade sur jardin du château de Rânes.

... ou encore pour redonner toute leur majesté à de superbes portails :

25 mars 2011, le petit portail de Rânes.

25 mars 2011, le grand portail du château de Rânes.

J'ai passé l'après-midi à parcourir la campagne à une vingtaine de kilomètres au Sud de la Chaslerie, avec la vague idée de rechercher une cheminée de pierre pour la ferme en cours de restauration (voir le "Journal du chantier").

En fait, je souhaitais me rendre compte de l'état d'un château (je l'appelerai ici X) que des amis m'avaient fait découvrir il y a une quinzaine d'années. J'avais le souvenir d'y avoir vu de très belles cheminées. Il était alors en triste état, mais encore restaurable, et manifestement, de beaucoup plus belle facture que la Chaslerie.

Non sans mal, j'ai retrouvé l'endroit. Depuis mon dernier passage, ce chef-d'oeuvre du patrimoine régional, bâti il y a environ 600 ans, a été presque entièrement dévasté par des démolisseurs ou des vandales. Son état est lamentable, ce n'est plus qu'une ruine en fin d'agonie, qu'on en juge par les photos suivantes...

Voici la porte d'entrée :

27 mars 2011, la porte d'entrée de la ruine de X.

Quand on entre dans le bâtiment, voici ce qu'on a sous les yeux, un remarquable dessous d'âtre (je ne connais pas le terme technique), magnifiquement sculpté :

27 mars 2011, le vestibule de X.

Si, marchant là sur plus d'un mètre d'épaisseur de gravats, on lève les yeux vers ce qui était un plafond, voici ce qu'on aperçoit désormais, le vestige d'une très belle cheminée :

27 mars 2011, la cheminée du premier étage de X, au-dessus de l'ancien vestibule.

Il y a quinze ans à peine, il y avait encore, au bout de ce vestibule, un magnifique escalier à vis en granit. Il a disparu, arraché.

A gauche du vestibule, une grande salle, avec la grande cheminée armoriée dont je me souvenais :

27 mars 2011, la grande cheminée armoriée de X.

Voici le blason en question (si un visiteur du site reconnaît cet écu, je suis preneur d'explications) :

27 mars 2011, les armes de X.

Dans une pièce voisine, au milieu des immondices, il reste encore une belle cheminée. Mais pour combien de temps ?

27 mars 2011, une autre cheminée de X.

Faisant le tour du bâtiment, j'ai constaté qu'une partie de la couverture avait été refaite récemment :

27 mars 2011, vue extérieure de X.

Cette intervention étrange donne donc à penser que X est la propriété d'une indivision dont les membres se déchirent ; l'un voudrait préserver son bout de château quand l'autre n'a eu de cesse que de détruire son héritage et l'a osé. Tout cela est bien triste, assurément. Six siècles de beauté anéantis en moins de quinze ans par un barbare !

Les abords de X ne sont guère plus réjouissants. A l'évidence, les remembreurs ont frappé et les vaches n'ont plus un arbre sous lequel s'abriter en attendant l'abattoir :

27 mars 2011, le bocage martyrisé aux abords de X.

Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine ! Quel immense gâchis ! Tant de grandeur, balayée ! Que tout cela est consternant !