Administraaaâââtion

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le mardi 2 juillet 2019
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Maçonnerie-carrelage - Tour Louis XIII
0
En milieu d'après-midi, Igor avait à faire passer la rigole dissymétrique du "trottoir" autour de l'angle Nord-Ouest de la tour Louis XIII, exercice d'autant plus délicat que, cette tour étant bastionnée, cet angle est aigu :

2 juillet 2019.

2 juillet 2019.

La solution qu'il m'a proposée, consistant à intercaler deux paires de triangles pour boucher des trous complexes à l'angle, est identique à celle que j'avais imaginée.

Comme vous le constatez, toute cette géométrie dans l'espace n'est pas des plus évidentes. Si mes explications ne sont pas claires, vous comprendrez mieux, je l'espère, quand vous verrez le résultat.
Score du jour : environ 120 pavés et 8 mètres.

Demain mercredi : relâche. Je suis obligé d'aller à Paris où je raccompagnerai Carole. Route cette nuit. Retour pour moi dès demain.

Jeudi : Igor pilotera la mini-pelle pour permettre de passer le tuyau d'arrivée d'eau potable, à destination de l'aile Ouest, sous le seuil du passage entre la cour et l'arrière-cour. Ceci est conforme à la recommandation de Régis FOUILLEUL, venu ce soir et à qui j'ai montré les réservations et tuyaux du rez-de-chaussée de la tour Louis XIII.

Régis posera vendredi son tuyau en attente du fossé Ouest de la cour. Il est nécessaire que ceci soit réalisé avant le pavage de la 1ère "terrasse"

Jeudi également : venue du cuisiniste de mon aîné qui me présentera le plan-masse qu'il recommande ici. A ce sujet, j'ai retardé l'intervention de Sébastien LEBOISNE au plafond de cette pièce (les solives à 45°) ; j'attends en effet de connaître la préconisation du bureau d'études sur le nombre de chaufferies à prévoir car cela conditionnera l'avenir de l'arrière-cuisine actuelle.

Pour le reste :
- toujours pas de devis ni même d'écho de la part de l'architecte du patrimoine suggérée par Arnaud PAQUIN ; Yves LESCROART n'arrive pas non plus à la joindre ;
- j'attends de connaître la date de livraison des plans du géomètre car ceci retarde l'intervention du bureau d'études dont les conclusions seront étudiées ici avec le plus grand intérêt.
(Début de citation)

De : Pierre-Paul Fourcade
Envoyé : jeudi 4 juillet 2019 01:55
À : Francis Doré
Objet : Chaslerie et Mont Crespin

Cher professeur,

Vous souvenez-vous du Mont Crespin à propos duquel je vois que vous aviez produit un document pour le B.R.G.M. en 1983 ?

J'ai acheté hier soir une quinzaine de m2 de dalles qui en proviennent :

3 juillet 2019.

3 juillet 2019.

3 juillet 2019.

3 juillet 2019.

Si vous avez des infos sur cette carrière, y compris des anecdotes sur son exploitation et l'usage de ses granits, sachez que nous (le "site favori" et moi) sommes preneurs.

Bien cordialement,

PPF

(Fin de citation)
A propos de la carrière du Mont Crespin, à Frênes, le vendeur du lot de dalles de granit m'a fourni cette nuit, via le site "leboncoin.fr" grâce auquel nous sommes entrés en contact, quelques informations complémentaires. Je le cite : "Le dernier tailleur de pierres a quitté le site en 1960 d'après les informations dont je dispose. Avant les bombardements de 1944, Flers était totalement construit en granit du Mont-Crespin (cf article). Bonne réception, A samedi."

C'est en effet ce samedi qu'il doit me livrer ces dalles.
L'annonce de "leboncoin.fr" m'a été signalée hier matin par Frédéric LE BON, de l'entreprise BODIN. Elle avait été mise en ligne la veille au soir mais Frédéric a placé des "alertes" sur divers sites internet et l'avait immédiatement repérée en pensant à moi.

Hier matin, je me trouvais à Paris, et fort occupé comme je le raconterai dans un prochain message.

J'ai immédiatement contacté le vendeur et nous sommes convenus que je passerais le voir dès hier soir, à son domicile à Frênes, c'est-à-dire près de Tinchebray.

Lorsque je suis arrivé à une dizaine de mètres de sa maison, il est sorti sur le devant de son portail et m'a dit : "Je vous reconnais, vous êtes le propriétaire de la Chaslerie, on admire vos travaux, l’œuvre d'une vie". (La suite de la discussion m'a appris que mon vendeur ne connaît pas notre site favori - ce qui est un grand tort - mais qu'il vient régulièrement à notre manoir favori lors des "Journées du Patrimoine" - ce qui est pas mal, quand même -).

Après une pareille entrée en matière, vous ne serez pas surpris que j'aie topé en dépit d'un prix élevé et bien que j'aie vu, dès que je l'ai découvert, que ce lot serait très insuffisant pour l'usage auquel je pensais, à savoir le futur dallage de la salle-à-manger de notre logis favori. J'ai également compris tout de suite que les dalles de ce lot sont du XIXème siècle, donc peu patinées par des siècles d'usage (comme c'était le cas des dalles utilisées en 2014 pour l'entrée du logis, dalles qui avaient déjà été découvertes - celles-ci à La Motte-Fouquet - par l'excellent Frédéric). Mais leur couleur me convient, et elles comportent les mêmes types de "crapauds" (inclusions noires) que celles du lot de 2014.

Ces dalles proviennent, paraît-il, pour l'essentiel, du sol d'une ancienne écurie du secteur. Mon vendeur en a utilisé une bonne trentaine de m2 pour une terrasse, bien jointoyée au ciment, sur le côté de sa maison. Il a consommé un autre lot, celui-ci non jointoyé, pour servir de bordure à son potager mais désire garder ces dernières à cet endroit. Dommage pour ce qui nous concerne mais je lui ai demandé de me signaler d'autres lots analogues dont il aurait connaissance.

Ces dalles ont un autre inconvénient à mes yeux puisque leur largeur est uniforme et relativement faible (32 ou 33 cm), alors que le lot de 2014 était panaché (33, 38 et 43 cm). Autrement dit, si elles devaient être utilisées pour la salle-à-manger de notre logis favori, on aimerait bien qu'il y en ait d'autres de plus grande largeur, de manière à ce qu'il n'y ait pas de hiatus entre les sols de l'entrée et de la salle-à-manger qui se trouve être contiguë.

Bref, dès que j'ai topé pour ce lot, j'ai téléphoné à Frédéric LE BON pour l'en informer et le remercier. Je lui ai dit que j'attendais la réponse du bureau d'études pour savoir à quelle épaisseur scier ces dalles, de manière à permettre le chauffage par le sol. J'ai ajouté que, comme cela, on aurait du matériau pour compléter la surface. Frédéric m'a répondu qu'il n'y aurait pas de problème pour scier ces dalles mais que jamais on ne parviendrait à reproduire leur patine comme je l'imaginais.

Bien. Mon idée d'utiliser ces dalles pour la salle-à-manger avait un sérieux plomb dans l'aile.

Mais Frédéric m'a indiqué avoir été "alerté" (comme indiqué ci-dessus) par une autre annonce. Il me l'a décrite et j'ai marqué mon intérêt. Je n'en dis pas plus ici car le dossier est en cours. Ce pourrait être une excellente nouvelle.

Quant aux dalles achetées hier, je vais en parler à Igor tout à l'heure. Peut-être pourrait-on les affecter à la "terrasse n°1" ? Ce serait une façon, en les exposant aux intempéries, de leur faire acquérir un supplément de patine. Et il suffirait, me semble-t-il, de les poser sur un support comme de la chaux - et non du Baticim - pour pouvoir les déchausser facilement quand on en aurait un meilleur usage. A voir. Mais quid des pentes et des évacuations d'eaux pluviales à l'endroit en question ?
En ce milieu d'après-midi, état du chantier du côté de la future "terrasse n°1" :

4 juillet 2019.

4 juillet 2019.

4 juillet 2019.

Ainsi, Régis FOUILLEUL devrait pouvoir passer demain son tuyau d'eau potable à partir de l'angle Nord-Ouest du bâtiment Nord (où elle arrive déjà) jusqu'à la cour. Je demande à Igor de prévoir, à toutes fins utiles, un tuyau de réservation de je ne sais encore quoi, qui serait de même enterré sous cette "terrasse" et resterait dans la cour, en attente des conclusions du bureau d'études.
Lors du passage de Claude MARTIN ce matin, en mon absence, Igor a eu la bonne idée de lui montrer l'embrouillamini des réservations au rez-de-chaussée de la tour Louis XIII.

Claude a expliqué que cela avait été réalisé à l'époque où il était mon employé. Il a pu indiquer quel était l'usage alors prévu pour ces réservations. La plupart de ces précautions n'ayant plus de raison d'être en l'état actuel du chantier, Igor devrait pouvoir supprimer la quasi totalité de ces "spaghettis", ce qui permettrait :
- de poursuivre le "trottoir" du côté de l'angle Nord-Est de la tour Louis XIII,
- de retrouver de l'espace au rez-de-chaussée de cette tour, donc de rendre cette pièce utilisable un jour comme salle de billard ("why not, for instance ?").
Je suis passé ce matin, seul, chez le cuisiniste de mon aîné, afin de prendre connaissance du résultat de ses premières cogitations à propos de ce que pourrait être le plan de la future cuisine du bâtiment Nord. Mon souci est en effet de clarifier la question du choix du meilleur usage des volumes disponibles au rez-de-chaussée du bâtiment Nord. Ceci sans aborder encore la question du choix des matériaux ou des matériels (si ce n'est que la hotte aspirante sera incorporée au plan du réchaud).

Ghislain BARBREL est équipé d'un logiciel qui permet tout un tas de fonctionnalités très commodes pour visualiser les idées que l'on peut avoir. Voici le tirage-papier de ce premier travail :

Comme on le voit, ce travail est basé sur deux hypothèses principales :
- l'idée d'implanter la partie cuisine "stricto sensu" du côté de la salle-à-manger du logis et non du côté de l'entrée du bâtiment Nord ;
- l'idée que l'arrière-cuisine ne serait pas réquisitionnée par une nouvelle chaufferie.

Ainsi calé, ce travail me paraît très intéressant :
- j'aime bien la proposition de faire disparaître dans les boiseries du fond de la pièce la porte qui se trouve entre la cuisine et l'arrière-cuisine ; en effet, j'ai toujours trouvé cette porte très moche et trop étroite ;
- l'arrière-cuisine ainsi conçue me paraît adaptée à nos usages, y compris les placards à balais, bottes ou imperméables, proches de la porte de sortie de l'arrière-cuisine vers l'arrière-cour.

Toutefois je m'interroge sur la pertinence de la première hypothèse, c'est-à-dire sur l'opportunité de substituer à l'idée d'une cuisine "stricto sensu" proche de la salle-à-manger celle d'un tel usage près de l'entrée du bâtiment Nord.

Je verrais à cette substitution deux avantages principaux :
- ne pas réduire, du fait des boiseries, la profondeur de la deuxième moitié de la pièce ; ainsi, un plafond de "solives à 45° sur le modèle du Grand Taute" ne serait pas déséquilibré comme il le serait fortement dans la première hypothèse ;
- faciliter, les jours de réception, le débarras de la salle-à-manger du logis grâce à la proximité de l'électro-ménager bruyant dans l'arrière-cuisine, sans nécessiter qu'on doive se mouvoir dans un espace déjà colonisé par l'électro-ménager et autres impedimenta silencieux.

Ghislain BARBREL pense qu'il serait loisible de prévoir une poutre factice au plafond de la cuisine de manière à rééquilibrer "mon" plafond sans procéder à la permutation à laquelle je pense.

Il envisage de venir réfléchir à cette question sur place, avant un prochain "debriefing" début août.