Administraaaâââtion

Dans l'ancien salon de l'"aile de la belle-mère", les abondantes précipitations récentes ou en cours ne se sont pas encore traduites par une entrée d'eau comme l'an dernier, surtout au premier semestre :

10 mai 2019.

10 mai 2019.

En revanche, au rez-de-chaussée du colombier, l'eau pénètre à jet continu, pas du tout du fait des trois tuyaux coupés que l'on aperçoit sur la deuxième photo suivante...

10 mai 2019.

10 mai 2019.

... mais parce que le mur est poreux, à gauche de ces photos, près des tuyaux blancs (en fait verdâtres, entre ces tuyaux et le tuyau noir de l'avant-dernière photo).

Je suis donc allé voir de quoi il retourne à l'extérieur du bâtiment, au niveau des sondages effectués il y a quelques mois par Igor à la demande d'Arnaud PAQUIN, architecte du patrimoine :

10 mai 2019, sondage le plus au Sud, c'est-à-dire au niveau de l'entrée d'eau constatée.

10 mai 2019, deuxième sondage en partant du Sud, près de l'entrée d'eau de l'an dernier.

10 mai 2019, troisième sondage en partant du Sud, près de l'entrée extérieure des écuries.

La nécessité d'un drainage vigoureux ne fait plus aucun doute (si elle en faisait encore).

Mes appels à l'aide, aux uns et aux autres, étant restés sans réponse utile depuis quinze mois et la situation étant susceptible de se dégrader rapidement si on laisse la passivité ou l'incurie continuer à l'emporter, qu'on ne compte pas sur moi pour rester les deux pieds dans le même sabot ! Je vais au contraire essayer de tirer le meilleur parti de la présence d'Igor, dont le contrat avec l'APIJOMM prendra fin, en l'état du dossier, dans à peine six semaines. Tant la porosité du pied du mur que la possibilité pratique d'y remédier justifient des dispositions d'urgence qui soient enfin efficaces.

J'ai donc convoqué mon terrassier favori, Philippe JARRY, pour demain après-midi. Il viendra avec son laser pour déterminer le dispositif le plus pertinent pour régler enfin ce problème, compte tenu des évacuations d'ores et déjà existantes, y compris à travers le mur Ouest de la douve Sud.

A la suite de l'intervention de terrassement précis que j'envisage de confier à Philippe, Igor pourra procéder à tous les travaux de maçonnerie que l'on peut considérer comme indispensables, notamment ceux évoqués par Arnaud PAQUIN lorsqu'il avait bien voulu aborder le problème (de la façon et dans les conditions que l'on sait). Je demanderai en particulier à Igor de colmater les interstices apparus entre les pierres du bas du mur Ouest par un coulis de chaux, ainsi que Mickaël vient de nous en montrer le procédé lorsqu'il a changé trois pierres de la fenêtre Est de la salle-à-manger du logis.
Comme il a fortement plu une partie de la nuit, je viens d'aller vérifier la fraîcheur des troupes.

Au rez-de-chaussée du colombier, l'eau continue à entrer par l'endroit identifié hier :

11 mai 2019.

Rien à signaler cependant, dans l'ancien salon de l'"aile de la belle-mère".

A l'extérieur du bâtiment, j'ai photographié l'état du 4ème sondage, le plus au Nord (je l'avais oublié hier). Même motif, même punition ; il faudra donc drainer jusque là, au moins :

11 mai 2019.

Voici de nouveau le trou de sondage le plus proche de l'entrée d'eau actuelle (cette photo permet de le situer plus commodément que celle d'hier) :

11 mai 2019.

Et, pour s'y reconnaître entre ces quatre sondages, les voici en perspective, vus du Nord :

11 mai 2019.

Séance de travail très positive avec Philippe JARRY :

11 mai 2019.


1 - il n'y aura pas besoin de modifier le système de collecte des eaux pluviales à l'angle Sud-Ouest du bâtiment Ouest. En effet, les arrivées et les sorties d'eau dans ce regard sont à des profondeurs parfaitement adaptées au programme envisagé, consistant à drainer le pied du mur Ouest et à assurer l'évacuation des eaux vers la douve Sud. La pente du terrain, du Nord au Sud, à l'Ouest du bâtiment Ouest, est tout à fait compatible avec le projet. Quant à la profondeur du drainage, elle ne posera aucun problème par rapport à celle des fondations du bâtiment ni par rapport au niveau de l'eau actuellement constaté au rez-de-chaussée du colombier ;

2 - un drainage au pied Nord de la tour Louis XIII est, de même, parfaitement envisageable sans difficultés particulières en termes de terrassement ; là aussi, j'aurais tout intérêt à profiter de la présence d'Igor pour lancer rapidement ces travaux :

11 mai 2019.


3 - un curetage du drainage Nord du bâtiment Nord sera le bienvenu et ne devrait pas, lui non plus, poser de problème pratique :

11 mai 2019.

11 mai 2019.

J'ai profité de cette visite pour observer les circuits d'eau sous la dalle de béton qu'avait implantée Claude MARTIN à l'angle Nord-Est du bâtiment Nord. C'est du solide, tout y est en ordre :

11 mai 2019.

11 mai 2019.

11 mai 2019.

4 - Tant qu'à faire intervenir un terrassier, autant lui demander d'installer un drainage au pied Est du talus Ouest de l'arrière-cour :

11 mai 2019.

5 - Enfin, j'ai demandé à Philippe JARRY de me préparer un devis pour un drainage de surface au pied du mur Sud du bâtiment Nord et au pied du mur Ouest du logis, y compris le quart de la tour Sud-Ouest qui se trouve dans la cour. Là aussi, Igor pourra intervenir utilement. Quant aux roses des parterres de Carole, il paraît qu'elles ne devraient pas trop souffrir de l'opération.
Il faut battre le fer tant qu'il est chaud. Je viens donc d'appeler Régis FOUILLEUL, le plombier que j'ai sélectionné, afin qu'il se tienne prêt à passer sans délai les fourreaux d'aquathermie dans les tranchées qu'aura creusées le terrassier.

Avec un peu de chance, malgré les très fortes contraintes qui pèsent sur le chantier et dont nous entendons respecter les plus légitimes, j'ai bon espoir qu'on ait vivement progressé dans les réalisations d'ici quelques semaines, en pensant toujours, prioritairement, à l'intérêt du monument.

Pour autant, je ne reste pas inactif sur les aspects formels puisque, sur les recommandations d'un ami dont j'ai déjà parlé et qui connaît ma problématique, j'ai contacté ce matin un nouvel architecte du patrimoine.

Touchons du bois !
Bonjour,
Durant mes recherches sur l'utilisation de la chaux je suis tombé sur cet article.
Peut-être une piste pour vos infiltrations.

N.D.L.R : Merci beaucoup. Je regarderai votre lien à mon retour. D’ici là, mon problème est plutôt inverse et j’essaye, de l'étranger, de faire rétablir la distribution d’eau aux robinets de notre manoir favori et ce n’est pas aisé, d’autant que je ne rappelle pas qui est mon fournisseur. Bref, à mon retour, je risque de devoir pratiquer, pendant quelques jours, une forme de camping assez frugale. On avisera.

N.D.L.R. 2 (du 17 mai 2019 à 4 heures) : L'article que vous me communiquez donne les bonnes informations. C'est bien ainsi que nous entendons procéder.
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Igor finit de piqueter les murs du 1er étage du colombier. A cette occasion, il vient de mettre à jour, à l'angle Nord-Est de la pièce, un assemblage de maçonnerie...

17 mai 2019.

... qui me paraît susceptible de relancer le débat sur la présence ancienne de trous de colombes aux deux étages inférieurs de ce bâtiment. On en reparlera.

P.S. (du 18 mai 2019 à 5 heures du matin) : En fait, à la réflexion, ça ne relance rien du tout. Au contraire. Car on voit que la fenêtre, installée là au XVIIIème siècle, est postérieure au mur voisin (mur Nord) dont une campagne de travaux d'il y a quelques mois (les travaux en béton au rez-de-chaussée du colombier) a montré qu'il ne comportait pas, dans son épaisseur, de reprise de maçonnerie. Or tel aurait bien été le cas si le parement intérieur avait été changé au XVIIIème, afin de rendre habitables les deux niveaux inférieurs du colombier (au moins celui de son 1er étage).
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Au 2ème étage du colombier, Igor a commencé à restaurer un par un les trous de colombes, de manière à ce que chacun puisse, avec sa forme de "L" dans l'épaisseur du mur, constituer un nid douillet pour une paire de tourterelles si jamais reprenait à celles-ci l'envie d'y gîter :

17 mai 2019.

17 mai 2019.

17 mai 2019.

Du coup, je me dis qu'il ne serait pas déraisonnable, poussant en cela une idée d'Arnaud PAQUIN, d'appeler cette pièce la "chambre des tourtereaux".
J'étais en train de discuter au téléphone avec Arnaud PAQUIN, de façon très détendue, lorsque je suis entré dans la salle des ventes de Vire. Juste à temps pour enchérir sur le lot 30 ("Exceptionnel heurtoir en fer forgé à boule, platine à coquillage stylisé. Epoque 17ème siècle") que j'ai emporté à un prix environ six fois moins cher qu'un heurtoir neuf de taille et motifs comparables :

Cet achat m'a-t-il mis de trop bonne humeur ? Le fait est que je me suis laissé aller à enchérir sur le lot 34 ("Paire de très grandes targettes découpées à motifs de fleurons. Epoque 18ème siècle)...

... dont, pour vous parler franchement, je ne suis pas sûr de trouver l'usage à notre manoir favori (avis aux amateurs) :

Peut-être pour la porte qui reste encore à dessiner entre le bâtiment Nord et l'arrière-cour ? A voir...

Je note qu'au moment où je récupérais ma pièce d'identité auprès de sa collaboratrice, Me Gilles TOUTAIN m'a tenu des propos fort aimables sur les monuments historiques à vendre dans le secteur ainsi que sur mes travaux de restauration. Je retiens que cet officier ministériel, qui fait à l'évidence partie de notre fan-club favori, n'est pas rancunier et je l'en félicite.
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le samedi 18 mai 2019
Journal du chantier - Architecture-M.O. - Administraaaâââtion - Logis
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Ma première conversation du jour avec Arnaud PAQUIN portait sur une suggestion de relais qu'il m'a faite, ce dont je lui suis très reconnaissant. J'ai toujours dit que je trouvais cet architecte du patrimoine extrêmement sympathique et très compétent dans la partie "noble" de sa fonction. Dommage que notre relation ait buté, à mes yeux du moins, sur de vulgaires problèmes d'organisation. Nous avons en particulier évoqué l'"étude préalable" de Benoît MAFFRE sur les menuiseries extérieures du logis, puis les autorisations administratives d'ores et déjà reçues sur la base de dessins inapplicables (comme Arnaud PAQUIN nous en a convaincus, Sébastien LEBOISNE et moi), enfin la nécessité de sortir de l'ornière où se trouve le dossier à ce titre.

Lors d'une seconde conversation téléphonique avec Arnaud PAQUIN, celui-ci, faisant état de ses échanges avec Yves LESCROART dans le cadre de la mission de maîtrise d'ouvrage déléguée confiée à ce dernier, m'a dit partager pleinement l'opinion de son interlocuteur sur l'opportunité que la porte principale du logis comporte, après restauration, un seul battant. Je suis d'avis que cela vaudrait mieux, en effet, si toutefois c'est possible compte tenu de la proximité de la porte d'entrée dans le salon. Car le dossier, tel qu'engagé par Benoît MAFFRE à ce sujet, ne m'avait convaincu qu'à l'usure et j'ai toujours regretté, par exemple, que l'étude préalable de ce dernier ne fasse aucun état de diverses pistes de réflexion substantielles que je lui avais signalées, notamment, mais pas seulement (loin de là), au sujet de cette porte. Pour cette raison, je serais d'avis que la messe n'est pas dite à ce sujet et serais prêt à plaider cette thèse, si nécessaire, auprès de nos interlocuteurs favoris à la D.R.A.C.

Enfin, j'ai reçu d'Arnaud PAQUIN la confirmation que mes problèmes de fluides ne sont pas de ceux qui passionnent les architectes du patrimoine. Donc il va falloir que je m'y colle en direct, sans doute face à un bureau d'études.