Pouvoirs publics, élus locaux

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le mardi 16 avril 2019
Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Economie
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J'ai fait visiter notre manoir favori, ce matin, au propriétaire d'un important château situé dans la banlieue Sud de Caen. Nous avons acheté nos propriétés à peu près à la même époque et y avons mené, parallèlement, des travaux importants à nos échelles respectives, sans doute analogues.

Je lui ai demandé quel avait été le taux moyen de subvention de ses travaux. Il m'a répondu qu'il était de l'ordre des deux tiers.

A la Chaslerie, sur les mêmes bases (Etat + département), mon taux moyen de subvention depuis 28 ans est inférieur à 12 %.

Cherchez l'erreur.

P.S. (du 19 avril 2019 à 15 h 30) : En fait d'erreur, c'est moi qui en ai commis une belle, de méthodologie, puisque j'ai comparé des torchons et des serviettes. Je m'explique :

- "mon" 12 % rapporte le montant des subventions que j'ai reçues au montant total des dépenses que j'ai dû régler au titre de la Chaslerie, c'est-à-dire y compris les primes d'assurances, les intérêts d'emprunts (car j'ai dû m'endetter pour acheter cette propriété dont je n'ai pas hérité), les impôts locaux, etc ; et y compris, également et surtout, les travaux qui n'ont pu être subventionnés, en fait ou en droit, car je n'étais pas appuyé par un "architecte habilité" désireux d'en assurer la maîtrise d’œuvre ;

- le "65%" de mon visiteur incorporait vraisemblablement ses seuls travaux subventionnés, étant noté que, pendant longtemps, le Calvados a su mener une politique en faveur du patrimoine plus active que certains de ses voisins.

La question est en outre compliquée par le fait que, par exemple (et à ma connaissance), la région Normandie n'alloue pas un kopeck aux monuments privés alors que la Bretagne voisine serait très généreuse. La décentralisation s'exerce en effet dans un tel domaine, sans d'ailleurs que, du moins à mon niveau de restaurateur de terrain, l'on soit informés des disparités régionales. Bref, les comparaisons sont souvent délicates. Et les frustrations relatives parfois vives.

Pour dire les choses autrement, si disparités il y a, celles-ci semblent moins dues aux D.R.A.C. qu'aux collectivités territoriales susceptibles de conforter leurs efforts. Quitte à pousser le raisonnement un peu loin, on pourrait même affirmer qu'il serait souhaitable que, par la mise à la disposition des très éclairés agents des D.R.A.C. d'enveloppes budgétaires suffisantes, les disparités locales soient rabotées au maximum, dès lors que rien, tenant au monument, ne puisse les justifier.

P.S. 2 (du 19 avril 2019 à 22 h 30) : Pour tâcher d'être complet, il faut quand même s'interroger sur la notion de dépense subventionnable. Car, si les propriétaires savent sans ambiguïté combien leur coûte leur monument, ils peuvent néanmoins éprouver parfois de la difficulté à comprendre diverses finesses de la méthodologie mise en œuvre pour déterminer si des travaux sont, ou non, éligibles à des fonds publics et si, dans le cas le plus favorable, ceux-ci seront ou non versés un jour. Le cas de la Chaslerie, dont tous les éléments sont au moins inscrits à l'I.S.M.H. sinon classés, paraît illustratif de telles difficultés puisque, sauf exception (je pense ici au dallage de l'entrée du logis), je n'ai jamais réussi à faire subventionner l'éradication des horreurs manifestes commises dans les années 1950 (avec, semble-t-il, le feu vert de services compétents). Un autre exemple serait les menuiseries extérieures des fenêtres de la Chaslerie, dossier déjà ouvert il y a cinq ans (suivez mon regard), car l'on sait que, là, le chantier se trouve bloqué abusivement par des exigences déraisonnables d'un intervenant abrité derrière un monopole légal, sans qu'à ma connaissance la réglementation n'autorise la sanction de telles pratiques par l'autorité qui a admis cet intervenant au bénéfice dudit monopole.
lefigaro.fr
rédigé le mercredi 17 avril 2019
Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux
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Macron promet de reconstruire Notre-Dame de Paris en cinq ans.

N.D.L.R. : Que je me sens différent de cet individu ! Je ne vois pas l'intérêt de se précipiter, moi qui restaure un monument beaucoup moins considérable depuis 28 ans et qui, à ce jour, n'ai réussi à livrer que 65 m2 habitables. Que cherche-t-il ? A prouver qu'il est le plus fort ? On s'en fout. A se refaire une santé, alors qu'il a obtenu que son quinquennat soit à la ramasse en moins de deux ans de son exercice nombrilocentré du pouvoir ? Comprend-il l'âme d'un monument, la nécessité de laisser du temps au temps ? Une fois de plus, ce type me paraît dangereux. Plus que dangereux, nocif.

A la notion de performance, sachons opposer celle de belle ouvrage ! Car le geste compte plus que le résultat : le sens est là.
Hugues HOURDIN
rédigé le jeudi 18 avril 2019
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"encore plus belle", "reconstruction", concours d'architectes": ils vont réussir à achever le travail du feu !

N.D.L.R. : Ils s'agitent en pensant que cela nous fera oublier à quel point ils sont vains.
Belle planche de Jean-Luc Mélenchon sur Notre-Dame !

N.D.L.R. : Ceci me donne une occasion d'avoir une pensée pour mon neveu, le normalien mélanchoniste, qui doit soutenir sa thèse de doctorat de littérature comparée (si j'ai bien compris) dans les tout prochains jours. Ce brillant sujet m'a téléphoné hier pour me demander de ne pas en publier sur ce site la première page qu'il a (m'a-t-il dit) communiquée à ma mère et dont je demanderai (donc) de prendre connaissance quand je lui rendrai visite tout à l'heure. Il doit craindre qu'un des mamamouchis de l'Université qu'il révère (les mamamouchis autant que l'Université) découvre qu'il est le neveu d'un type incontrôlable (je le confirme volontiers), donc infréquentable... Pauvre petit, si tu savais !

A propos de la Méluche, donc de Robespierre, mon ami Domino, autre normalien que je n'aperçois que trop rarement, a tenté de m'expliquer que ce personnage n'était pas ce qu'il représente pour moi, c'est-à-dire quelque chose proche de l'horreur absolue.

Dans un registre comparable, j'ai acheté récemment "Histoire de la Révolution française" de Michelet, telle que parue dans la "Pléiade" (en deux tomes) : la préface m'en a paru illisible et le début du texte manquer délibérément de la moindre objectivité ; bref, le pavé m'est très vite tombé des mains. Je confirme au passage - en était-il besoin ? - n'être pas le meilleur candidat à l'endoctrinement, quel qu'il soit. Désolé.

lefigaro.fr
rédigé le jeudi 18 avril 2019
Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux
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«On va intégrer une école qui n’existera plus?» Le désarroi des étudiants qui préparent l’ENA.

N.D.L.R. : Encore une mesure "poudre aux yeux", il n'y a plus que les plans com pour diriger ce pays. Ras le bol de toute cette com-nerie !

Le problème, ce n'est pas l'E.N.A., ni les énarques, mais le renoncement des politiques, trop absorbés à flatter le populo au quotidien, à endiguer la prolifération des normes. Tout ça leur permet de donner l'illusion qu'ils traitent les problèmes. En fait, ils ne font qu'ajouter des strates et des strates à l'administraaaâââtion, c'est-à-dire qu'ils enfoncent le pays dans une spirale de sclérose en multipliant, faute de vouloir faire autre chose, les emplois bureaucratiques.

Et si, au lieu d'attendre des hauts fonctionnaires qu'ils créent, en permanence et à tire-larigot, des normes supplémentaires, on leur donnait enfin, dès leur formation, la priorité d'en supprimer un maximum ?

Ou alors il faudra espérer le dépérissement de toutes ces usines à gaz, sous leur propre poids. Mais ça risque de durer encore un long moment.
lefigaro.fr
rédigé le samedi 20 avril 2019
Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux
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Franck Riester: «Pour Notre-Dame, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation»

INTERVIEW - Le ministre de la Culture Franck Riester juge le délai de cinq ans pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris nécessaire, mais assure qu’il est indispensable de «mener une restauration de qualité».

N.D.L.R. : Il est particulièrement fâcheux que le Jupiter auto-proclamé et néanmoins caramélisé ait choisi de vivre entouré de béni-oui-oui car aucun de ses courtisans n'ose lui dire dans quelles proportions il dérape si souvent.

Il est non moins évident que les Français ont élu un candidat dont la maturité culturelle est vite apparue incertaine. Pour ne rien dire ici d'autres de ses transgressions.

Lu, dans "Le Monde" daté d'hier, un "entretien" avec M. Benjamin MOUTON, ancien architecte en chef de Notre-Dame de Paris qui "en appelle à l'humilité" et explique que "Rebâtir la cathédrale à l'identique est peu souhaitable et quasiment impossible". L'entretien se termine par ce qui, dans le contexte connu, pourrait apparaître comme un rappel à l'ordre : "La reconstruction de Notre-Dame de Paris sera à la fois un projet ambitieux et un exercice d'humilité et de culture". Des propos de bon sens. Parler d'humilité ou de culture à un zèbre pareil, voici qui témoigne d'un certain courage. Mais pourquoi diable l'actuel titulaire du monopole légal non contrôlé en question, M. Philippe VILLENEUVE, se contente-t-il, sur la même page, de cirer ses propres pompes ? Aurait-il, lui aussi, un problème d'humilité ? Et, au fait, tant qu'on y est, serait-il par extraordinaire le seul de sa corporation à avoir ce petit défaut ?