A.D.D.O.O.E.
Fédération Environnement Durable
rédigé le Mercredi 20 Mai 2026
Vie des associations - A.D.D.O.O.E. - Lobbying environnemental - Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Economie
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Pendant deux décennies, la presse française a traité le nucléaire par la défiance et les énergies renouvelables par l'enthousiasme. Un déséquilibre documenté, aux conséquences bien réelles sur les choix politiques du pays.
Jean-Louis Butré
La France produit près de 70 % de son électricité grâce au nucléaire. L'éolien et le solaire n'en fournissent encore que 15 %. Pourtant, à s'en tenir à la couverture médiatique des vingt dernières années, c'est presque l'inverse : l'atome a été traité comme un fardeau, les énergies renouvelables comme une promesse. Ce paradoxe n'est pas une impression subjective. Il est désormais mesuré.
Une asymétrie documentée sur 34 000 articles
Une étude portant sur 34 000 articles publiés entre 2005 et 2022 dans Le Monde, Le Figaro, Les Échos et Libération révèle un écart frappant : entre 75 % et 90 % des articles consacrés au nucléaire adoptent un ton négatif ou, au mieux, neutre. Dans le même temps, 40 % à 70 % de ceux traitant des énergies renouvelables sont résolument positifs.
Le résultat est contre-intuitif : plus une technologie est centrale dans le mix électrique français, plus elle est dénigrée ; plus elle est marginale, plus elle est célébrée. La hiérarchie médiatique est à l'inverse de la hiérarchie énergétique.
Deux catastrophes comme horizon mental
La trajectoire est en grande partie lisible dans l'histoire récente. Depuis Tchernobyl en 1986, et plus encore depuis Fukushima en 2011, le nucléaire a été réduit, dans l'imaginaire collectif, à ses risques extrêmes. Chaque panne, chaque retard de chantier — comme ceux des réacteurs EPR de Flamanville ou d'Olkiluoto — a fait l'objet d'une couverture ample, tandis que les atouts du parc passaient systématiquement au second plan.
Or ces atouts sont substantiels, et les chiffres récents les attestent. En 2025, selon RTE, la France a produit 95,2 % de son électricité à partir de sources bas-carbone, atteignant un record historique. Ses exportations d'électricité — 92 TWh en 2025, un niveau record — ont permis d'éviter l'émission de 27 millions de tonnes de CO₂ chez ses voisins européens, principalement l'Italie et l'Allemagne. L'intensité carbone de la production électrique française est désormais l'une des plus faibles au monde, à 19,6 grammes de CO₂ par kilowattheure. Des chiffres rarement mis en avant dans le débat public.
Les renouvelables, exemptés de défauts ?
À l'inverse, les énergies renouvelables ont retenu d'un récit médiatique largement favorable, porté par l'idéal d'une transition écologique vertueuse. Leurs succès — fermes solaires en expansion, parcs éoliens — ont été amplement relayés. Leurs contraintes structurelles, beaucoup moins.
Ces contraintes existent pourtant.
L'intermittence de la production éolienne et solaire impose de maintenir en parallèle des capacités de production pilotables, mobilisables à la demande. En France, cette intermittence conduit à mobiliser des réacteurs nucléaires comme outils d'équilibrage du réseau — une réalité technique peu connue du grand public. Le déploiement massif de ces équipements dispersés sur l'ensemble du territoire suppose par ailleurs un renforcement colossal des réseaux électriques, dont l'ampleur reste largement sous-estimée.
- RTE a présenté en février 2025 un plan stratégique de 100 milliards d'euros d'investissements d'ici 2040 pour moderniser le réseau de transport haute tension — dont 37 milliards consacrés au seul raccordement de l'éolien en mer. :
- Enedis a annoncé un programme de 96 milliards d'euros sur la période 2022-2040 pour adapter le réseau de distribution, en grande partie afin d'absorber l'afflux des énergies renouvelables intermittentes. Au total, c'est donc près de 200 milliards d'euros que RTE et Enedis devront investir dans les réseaux d'ici à 2040 — un montant validé dans ses grandes orientations par la Commission de régulation de l'énergie (CRE).
Une facture gigantesque qui se répercutera inévitablement sur les consommateurs, via la hausse des tarifs d'acheminement.
Enfin, la dépendance industrielle à la Chine, qui contrôle environ 80 % de la production mondiale de panneaux photovoltaïques, et les terres rares matériaux stratégiques pour les turbines d'éoliennes notamment offshores, pose de sérieuses questions de souveraineté que la presse grand public n'évoque que rarement.
2022 : la résilience passée sous silence
La crise énergétique de 2022 a mis ce biais en lumière de façon éclatante. Alors que l'Europe tremblait sous la menace de pénurie de gaz consécutive à la guerre en Ukraine, la France a globalement tenu, en partie grâce à son parc nucléaire. Pourtant, le traitement médiatique de l'épisode a souvent insisté sur les difficultés — arrêts de réacteurs pour maintenance, tensions sur les prix — plutôt que sur la résilience du système électrique.
L'exemple allemand mérite d'être rappelé à cet égard. Berlin a engagé des investissements massifs dans les énergies renouvelables depuis le lancement de l'Energiewende au début des années 2000. Résultat : selon Eurostat, les ménages allemands payaient 0,394 €/kWh en 2024, soit près du double du tarif français (0,195 €/kWh), et les prix les plus élevés d'Europe. Le pays a en outre dû rouvrir et construire des centrales à charbon pour compenser l'intermittence de sa production verte. Un bilan qui reste peu relayé en France, où la « transition à l'allemande » est encore trop souvent citée en exemple.
Des choix politiques orientés par ce récit
Ce déséquilibre médiatique n’est pas sans conséquences. Relayé et amplifié par de puissants lobbys industriels, il a contribué à façonner un débat public biaisé, qui a orienté à son tour les choix stratégiques de l'État. La Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3), publiée par décret au Journal officiel le 13 février 2026 par le gouvernement Lecornu, en porte la marque.
Le texte affiche des ambitions nucléaires : il mentionne la construction de six nouveaux EPR et marque un coup de frein sur l'éolien terrestre et le photovoltaïque.
Mais cette apparence favorable dissimule un mécanisme pervers.
La PPE3 n'acte aucune décision d'investissement immédiat et contraignante pour le nucléaire — ou construire un réacteur prend quinze à vingt ans. Dans le même temps, le déploiement des énergies renouvelables intermittentes, lui, se poursuit à un rythme soutenu : les parcs éoliens et solaires continuent d'occuper le réseau, d'absorber les financements publics et de structurer les choix d'infrastructure. Si bien que lorsque la France décidera véritablement de relancer le nucléaire à grande échelle, elle risque de se trouver devant un réseau saturé par l'intermittent. Le nucléaire sera une filière industrielle atrophiée faute de commandes continues, et des délais impossibles à compresser. La PPE3 ne ferme pas la porte au nucléaire : elle se contente de la laisser entrouverte, tout en laissant les renouvelables envahir la pièce . C'est moins un choix assumé qu'un rapport indéfini, dont les conséquences se mesureront en décennies.
Un enjeu démocratique majeur
Depuis la guerre en Ukraine, le nucléaire retrouve progressivement une légitimité dans le débat public. On évoque désormais plus volontiers la souveraineté énergétique, la stabilité du réseau, la faiblesse des émissions de carbone. Des arguments qui, il y a encore cinq ans, peinaient à s'imposer dans l'espace médiatique.
Mais le poids de vingt ans de représentations ne s'efface pas en quelques mois. Et ses effets sont désormais inscrits dans les faits : un parc nucléaire vieillissant faute d'investissements suffisants, un tissu industriel affaibli, une dépendance accumulée aux importations d'équipements étrangers, des coûts de réseau en forte hausse.
La France dispose, avec son parc nucléaire, d'un avantage comparatif exceptionnel en Europe : une électricité abondante, compétitive, stable et parmi les moins carbonées au monde. Cet avantage, progressivement grignoté par des années de politique énergétique mal éclairée, sera long et coûteux à reconstituer. Les décennies perdues d'un débat biaisé nous laisseront une facture durable.
La Programmation Pluriannuelle de l'Energie PPE3, risque de figurer parmi les erreurs énergétiques les plus coûteuses de la Ve République. Elle peut condamner la France à la régression et au déclin.
Sources : RTE, Bilans électriques 2024 et 2025 (intensité carbone, exportations, émissions prévues) ; Eurostat, prix de l'électricité pour les ménages, 1er semestre 2025 ; Commission de régulation de l'énergie (CRE), investissements réseaux à l'horizon 2028 ; Décret n° 2026-76 du 12 février 2026, PPE3, Journal officiel.
Étude de référence sur le traitement médiatique : analyse de 34 000 articles parus dans Le Monde, Le Figaro, Les Échos et Libération
- « Nucléaire, éolien : quelle évolution du discours médiatique en France ? » – La conversation
- Enedis : 96 milliards d'euros d'ici 2040 — le plus gros plan d'investissement de son histoire. Selectra
- Total cumulé : près de 200 milliards d'euros, chiffre issu d'un rapport du Sénat de juillet 2024. Connaissance des Énergies
- RTE : 100 milliards d'euros d'ici 2040, pour moderniser et adapter l'ensemble du réseau de transport électrique français. Connaissance des Énergies
- 37 milliards de ces 100 milliards RTE sont dédiés au seul raccordement de l'éolien en mer, soit 45 % de l'enveloppe totale. Engie
Contact
Jean-louis Butré
contact@environnementdurable.net
06 80 99 38 08
Fédération Environnement Durable
rédigé le Mercredi 27 Mai 2026
Vie des associations - A.D.D.O.O.E. - Lobbying environnemental - Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Economie
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Électricité : enfin le retour du réel… mais qui paiera les milliards déjà engagés ?
Les Républicains viennent de publier un programme énergétique qui tranche radicalement avec la fuite en avant actuelle. Nucléaire, souveraineté, explosion des coûts, impasse de la PPE3 : Ce grand parti ose clairement remettre le réel au centre du débat. Mais derrière ce tournant salutaire demeure une question explosive que personne ne veut poser : que fait-on des dizaines de milliards déjà engagés dans l'éolien et le solaire ? Car sans réponse claire à cette question, les discours changeront — pas les factures.
Pendant quinze ans, la France a poursuivi une politique énergétique paradoxale
Fragiliser l'un des systèmes électriques les plus performants du monde — nucléaire et hydraulique — pour investir massivement dans des énergies intermittentes dépendantes du vent et du soleil.
Le résultat est désormais visible partout. Les factures explosent, les coûts de réseau s'envolent, l'industrie perd en compétitivité et les ménages modestes deviennent les premières victimes d'une politique pourtant présentée comme « écologique ».
Car l'électricité n'est pas un luxe. C'est se chauffer, cuisiner, travailler, faire tourner une exploitation agricole, maintenir une petite entreprise ou simplement vivre dignement. Quand les prix flambent, ce sont toujours les classes moyennes et populaires qui payaient en premier — et en dernier.
Un diagnostic courageux
Dans ce contexte, le programme basé sur une analyse rigoureuse, publié, les Républicains marque une étape importante. Ce grand mouvement politique affirme clairement que la France possède déjà un atout stratégique majeur : une électricité abondante, pilotable et largement décarbonée grâce au nucléaire et à l'hydraulique.
Le texte démonte plusieurs tabous. Il rappelle que la PPE3 — la Programmation Pluriannuelle de l'Énergie, autrement dit le plan énergétique actuel du gouvernement — pourrait encore ajouter entre 15 et 20 milliards d'euros de charges annuelles supplémentaires d'ici 2035. Il pointe également les coûts gigantesques des réseaux électriques nécessaires au déploiement des renouvelables : le seul raccordement de l'éolien offshore représente déjà environ 47 milliards d'euros, financés in fine par les consommateurs via le « TURPE » — cette ligne redoutable de la facture que peu de Français savent lire mais que tous paient. Le résultat est désormais visible partout… et les ménages modestes deviennent les premières victimes d'une politique pourtant présentée comme écologique.
Sur le fond, la FED le dit clairement : ce diagnostic est sérieux, documenté, et il était temps après des années de tergiversations, renoncements et reculs.
L'angle mort du programme qui coûtera des milliards
Mais ce programme comporte un angle de mort majeur — et c'est là que la FED ne peut pas se taire.
Le texte propose d'arrêter les subventions uniquement pour les nouveaux projets éoliens et solaires. Très bien. Mais les principaux engagements financiers ont déjà été signés. Des contrats prévoient jusqu'à vingt années de revenus aux opérateurs, quels que soient les besoins réels du réseau ou l'évolution future du marché. Le méga appel d'offres AO10 pour l'éolien en mer, signé sous Macron, aboutit à lui seul à un engagement de plusieurs dizaines de milliards que ni une abrogation de la PPE3 demandée par la FED et en cours de jugement par le conseil d'État, ni un changement de gouvernement n'effacera.
Sur ce sujet central, le silence du programme est préoccupant.
Dans ce programme énergétique, on ne trouve aucune stratégie de renégociation des contrats existants, aucune réflexion sur les rentes exorbitantes garanties, aucun plan clair pour limiter les engagements déjà pris au nom de la transition énergétique.
Ce n'est pas la première fois. Avant les dernières élections, le RN avait lui aussi promis d'en finir avec la PPE3 — sans jamais déposer le moindre recours, sans toucher à un seul contrat. Les milliards ont continué à partir. LR s'apprête-t-il à reproduire le même scénario ?
La machine est déjà lancée
Car le problème va bien au-delà des futurs appels d'offres. Les projets renouvelables déjà autorisés, combinés au retour en puissance du nucléaire, conduiront mécaniquement à une surproduction massive d'électricité à l'horizon 2035. Conséquence absurde et coûteuse : EDF est de plus en plus contrainte de ralentir ses centrales nucléaires lorsque le soleil et le vent se produisent simultanément. Ce système dégrade l'économie du nucléaire, utilise les installations et renchérit encore les coûts globaux du système électrique — celui-là même qu'on prétend vouloir assainir. Même RTE — le Réseau de Transport d'Électricité — reconnaît désormais que certains projets renouvelables doivent pouvoir être reportés, faute de besoins réels.
La PPE3 n'acte aucune décision d'investissement immédiate et contraignante pour le nucléaire — alors même que la construction d'un réacteur prend quinze à vingt ans. Dans le même temps, le déploiement des énergies renouvelables intermittentes, lui, continue à un rythme soutenu : les parcs éoliens et solaires occupent le réseau, absorbent les financements publics et structurent les choix d'infrastructures pour des décennies. Si bien que lorsque la France décidera véritablement de relancer le nucléaire à grande échelle, elle risque de se trouver devant un réseau saturé par l'intermittent et une filière industrielle atrophiée faute de commandes continue.
La PPE3 ne ferme pas la porte au nucléaire : elle se contente de la laisser entrouverte, tout en laissant les renouvelables envahir la pièce. C'est moins un choix assumé qu'un renoncement déguisé, dont les conséquences se mesureront sur des décennies.
La vraie question
La vraie question n'est plus de savoir s'il faut « un peu plus » ou « un peu moins » d'éolien et de solaire. La vraie question est désormais simple : pourquoi continuer à empiler des infrastructures intermittentes dans un pays qui possède déjà l'une des électricités les plus décarbonées et pilotables du monde, tout en condamnant les Français à payer toujours davantage ?
Les Républicains ont le mérite d'avoir brisé une partie du tabou. Mais iront-ils jusqu'au bout de leur logique ?
" Car annoncer la fin des subventions futures sans s'attaquer aux dizaines de milliards déjà engagés, c'est dénoncer l'incendie tout en laissant brûler la maison".
La position de la Fédération Environnement Durable
Elle prend acte aujourd'hui qu'après 15 années de dénigrement, le réel fini par rattraper tous ceux qui ne sont pas aveuglés par une obsession idéologique : la saturation des réseaux est une évidence et un risque, l'explosion des coûts est une réalité, la fragilisation du nucléaire est incontestable, la dépendance industrielle et la vulnérabilité à des fournisseurs étrangers est dangereuse, et enfin les factures pour les ménages comme pour les entreprises sont toujours plus insupportables. Et n'oublions pas la biodiversité qui paie un lourd tribut à cette invasion incontrôlée et démesurée du renouvelable intermittente.
Tous les partis qui prétendent vouloir désormais vouloir changer de cap répondront à une question simple : auront-ils réellement le courage d'arrêter la machine - y compris de remettre sur la table les contrats existants - ou se contenteront-ils de nouveaux discours pendant que les Français continueront à payer ? Car il ne s'agit plus d'écologie ni même d'énergie. Il s'agit de vérité.
Et la vérité, en démocratie comme sur une facture d'électricité, finit toujours par arriver.
N.D.L.R. : On progresse mais c'est beaucoup trop lent.
Les Républicains viennent de publier un programme énergétique qui tranche radicalement avec la fuite en avant actuelle. Nucléaire, souveraineté, explosion des coûts, impasse de la PPE3 : Ce grand parti ose clairement remettre le réel au centre du débat. Mais derrière ce tournant salutaire demeure une question explosive que personne ne veut poser : que fait-on des dizaines de milliards déjà engagés dans l'éolien et le solaire ? Car sans réponse claire à cette question, les discours changeront — pas les factures.
Pendant quinze ans, la France a poursuivi une politique énergétique paradoxale
Fragiliser l'un des systèmes électriques les plus performants du monde — nucléaire et hydraulique — pour investir massivement dans des énergies intermittentes dépendantes du vent et du soleil.
Le résultat est désormais visible partout. Les factures explosent, les coûts de réseau s'envolent, l'industrie perd en compétitivité et les ménages modestes deviennent les premières victimes d'une politique pourtant présentée comme « écologique ».
Car l'électricité n'est pas un luxe. C'est se chauffer, cuisiner, travailler, faire tourner une exploitation agricole, maintenir une petite entreprise ou simplement vivre dignement. Quand les prix flambent, ce sont toujours les classes moyennes et populaires qui payaient en premier — et en dernier.
Un diagnostic courageux
Dans ce contexte, le programme basé sur une analyse rigoureuse, publié, les Républicains marque une étape importante. Ce grand mouvement politique affirme clairement que la France possède déjà un atout stratégique majeur : une électricité abondante, pilotable et largement décarbonée grâce au nucléaire et à l'hydraulique.
Le texte démonte plusieurs tabous. Il rappelle que la PPE3 — la Programmation Pluriannuelle de l'Énergie, autrement dit le plan énergétique actuel du gouvernement — pourrait encore ajouter entre 15 et 20 milliards d'euros de charges annuelles supplémentaires d'ici 2035. Il pointe également les coûts gigantesques des réseaux électriques nécessaires au déploiement des renouvelables : le seul raccordement de l'éolien offshore représente déjà environ 47 milliards d'euros, financés in fine par les consommateurs via le « TURPE » — cette ligne redoutable de la facture que peu de Français savent lire mais que tous paient. Le résultat est désormais visible partout… et les ménages modestes deviennent les premières victimes d'une politique pourtant présentée comme écologique.
Sur le fond, la FED le dit clairement : ce diagnostic est sérieux, documenté, et il était temps après des années de tergiversations, renoncements et reculs.
L'angle mort du programme qui coûtera des milliards
Mais ce programme comporte un angle de mort majeur — et c'est là que la FED ne peut pas se taire.
Le texte propose d'arrêter les subventions uniquement pour les nouveaux projets éoliens et solaires. Très bien. Mais les principaux engagements financiers ont déjà été signés. Des contrats prévoient jusqu'à vingt années de revenus aux opérateurs, quels que soient les besoins réels du réseau ou l'évolution future du marché. Le méga appel d'offres AO10 pour l'éolien en mer, signé sous Macron, aboutit à lui seul à un engagement de plusieurs dizaines de milliards que ni une abrogation de la PPE3 demandée par la FED et en cours de jugement par le conseil d'État, ni un changement de gouvernement n'effacera.
Sur ce sujet central, le silence du programme est préoccupant.
Dans ce programme énergétique, on ne trouve aucune stratégie de renégociation des contrats existants, aucune réflexion sur les rentes exorbitantes garanties, aucun plan clair pour limiter les engagements déjà pris au nom de la transition énergétique.
Ce n'est pas la première fois. Avant les dernières élections, le RN avait lui aussi promis d'en finir avec la PPE3 — sans jamais déposer le moindre recours, sans toucher à un seul contrat. Les milliards ont continué à partir. LR s'apprête-t-il à reproduire le même scénario ?
La machine est déjà lancée
Car le problème va bien au-delà des futurs appels d'offres. Les projets renouvelables déjà autorisés, combinés au retour en puissance du nucléaire, conduiront mécaniquement à une surproduction massive d'électricité à l'horizon 2035. Conséquence absurde et coûteuse : EDF est de plus en plus contrainte de ralentir ses centrales nucléaires lorsque le soleil et le vent se produisent simultanément. Ce système dégrade l'économie du nucléaire, utilise les installations et renchérit encore les coûts globaux du système électrique — celui-là même qu'on prétend vouloir assainir. Même RTE — le Réseau de Transport d'Électricité — reconnaît désormais que certains projets renouvelables doivent pouvoir être reportés, faute de besoins réels.
La PPE3 n'acte aucune décision d'investissement immédiate et contraignante pour le nucléaire — alors même que la construction d'un réacteur prend quinze à vingt ans. Dans le même temps, le déploiement des énergies renouvelables intermittentes, lui, continue à un rythme soutenu : les parcs éoliens et solaires occupent le réseau, absorbent les financements publics et structurent les choix d'infrastructures pour des décennies. Si bien que lorsque la France décidera véritablement de relancer le nucléaire à grande échelle, elle risque de se trouver devant un réseau saturé par l'intermittent et une filière industrielle atrophiée faute de commandes continue.
La PPE3 ne ferme pas la porte au nucléaire : elle se contente de la laisser entrouverte, tout en laissant les renouvelables envahir la pièce. C'est moins un choix assumé qu'un renoncement déguisé, dont les conséquences se mesureront sur des décennies.
La vraie question
La vraie question n'est plus de savoir s'il faut « un peu plus » ou « un peu moins » d'éolien et de solaire. La vraie question est désormais simple : pourquoi continuer à empiler des infrastructures intermittentes dans un pays qui possède déjà l'une des électricités les plus décarbonées et pilotables du monde, tout en condamnant les Français à payer toujours davantage ?
Les Républicains ont le mérite d'avoir brisé une partie du tabou. Mais iront-ils jusqu'au bout de leur logique ?
" Car annoncer la fin des subventions futures sans s'attaquer aux dizaines de milliards déjà engagés, c'est dénoncer l'incendie tout en laissant brûler la maison".
La position de la Fédération Environnement Durable
Elle prend acte aujourd'hui qu'après 15 années de dénigrement, le réel fini par rattraper tous ceux qui ne sont pas aveuglés par une obsession idéologique : la saturation des réseaux est une évidence et un risque, l'explosion des coûts est une réalité, la fragilisation du nucléaire est incontestable, la dépendance industrielle et la vulnérabilité à des fournisseurs étrangers est dangereuse, et enfin les factures pour les ménages comme pour les entreprises sont toujours plus insupportables. Et n'oublions pas la biodiversité qui paie un lourd tribut à cette invasion incontrôlée et démesurée du renouvelable intermittente.
Tous les partis qui prétendent vouloir désormais vouloir changer de cap répondront à une question simple : auront-ils réellement le courage d'arrêter la machine - y compris de remettre sur la table les contrats existants - ou se contenteront-ils de nouveaux discours pendant que les Français continueront à payer ? Car il ne s'agit plus d'écologie ni même d'énergie. Il s'agit de vérité.
Et la vérité, en démocratie comme sur une facture d'électricité, finit toujours par arriver.
N.D.L.R. : On progresse mais c'est beaucoup trop lent.
Fédération Environnement Durable
rédigé le Jeudi 28 Mai 2026
Vie des associations - A.D.D.O.O.E. - Lobbying environnemental - Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Economie
rédigé le Jeudi 28 Mai 2026
Vie des associations - A.D.D.O.O.E. - Lobbying environnemental - Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Economie
Électrification forcée : après avoir sabordé l’avantage français, Macron veut maintenant nous faire consommer plus
Pendant quinze ans, les Français ont subi le même discours : « Éteignez les lumières, baissez le chauffage, réduisez votre consommation, culpabilisez vos usages. » Aujourd’hui, le même pouvoir, après avoir méthodiquement fragilisé notre système électrique, explique soudain qu’il faudrait au contraire consommer toujours plus d’électricité. Le revirement à 180° serait presque comique s’il n’engageait pas des centaines de milliards d’euros et l’avenir industriel du pays.
Hier, l’électricité devait être économisée.
Aujourd’hui, elle doit envahir tous les usages : transports, chauffage, industrie, agriculture, logistique. Bornes de recharge, pompes à chaleur, véhicules électriques, nouvelles lignes à haute tension, raccordements massifs : tout doit désormais passer à l’électrique, comme si la France était devenue un immense laboratoire technocratique chargé d’absorber coûte que coûte une production devenue incontrôlable résultat d'un politique d'envahissement par des énergies renouvelables "éolien et solaire" .
Ce changement de cap n’est pas une stratégie visionnaire.
C’est l’aveu tardif d’un échec monumental. Pendant quatorze ans, la France a affaibli ce qui constituait pourtant l’un des systèmes électriques les plus performants du monde : un mix largement fondé sur le nucléaire et l’hydraulique, capable de produire une électricité abondante, pilotable, décarbonée et compétitive. Fermeture de Fessenheim, sous-investissements, désorganisation de la filière nucléaire, dépendance croissante aux énergies intermittentes, explosion des coûts de réseau : décision après décision, un système robuste a été progressivement déstabilisé.
La déclaration d’Emmanuel Macron sur « l’électrification massive » ressemble désormais à la course d’un canard sans tête.
Après le discours de Belfort de 2022 promettant la relance du nucléaire, après les aveux récents d’Ursula von der Leyen et même du dirigeant allemand Friedrich Merz reconnaissant les erreurs stratégiques d’une dépendance excessive aux renouvelables intermittents, voilà maintenant l’exécutif français qui pousse les citoyens à consommer toujours plus d’électricité pour absorber une surproduction devenue ingérable. EDF en est réduite à ralentir certains réacteurs nucléaires afin de faire passer en priorité l’éolien et le solaire subventionnés, parfois rémunérés à des niveaux très supérieurs au coût du mégawatt nucléaire, pendant que les prix deviennent négatifs sur le marché de l’électricité.
Et maintenant que l’éolien et le solaire produisent une électricité intermittente difficile à absorber — excédentaire quand le vent souffle et insuffisante lorsqu’il tombe — le pouvoir découvre soudain une nouvelle urgence : pousser les Français à consommer davantage pour écouler la production.
Autrement dit : après avoir expliqué pendant des années aux citoyens qu’ils consommaient trop d’électricité, on leur explique désormais qu’ils n’en consomment pas assez.
L’absurde énergétique français atteint ici son point de rupture.
Car derrière les discours sur la « souveraineté », la « transition » ou la « décarbonation », une autre réalité apparaît : cette électrification massive sert aussi à justifier l’expansion gigantesque des réseaux électriques rendue nécessaire par le développement des énergies intermittentes. Plus d’éolien et de solaire dispersés sur le territoire signifie mécaniquement plus de lignes à haute tension, plus de raccordements, plus de pilotage numérique du réseau et des dizaines de milliards d’euros d’investissements supplémentaires.
Et comme toujours, ces coûts finiront sur la facture des ménages et des entreprises.
Les prix de l’électricité deviennent parfois négatifs sur les marchés. Mais malgré cela, le gouvernement continue d’accélérer comme si la machine politique était devenue incapable de reconnaître ses propres erreurs.
La Fédération Environnement Durable ne conteste évidemment pas l’intérêt de l’électricité dans certains secteurs.
Mais elle refuse que les Français deviennent les variables d’ajustement d’une politique énergétique construite depuis quinze ans à coups de renoncements, d’improvisations et de communication.
La vraie question n’est plus technique.
Elle est politique : comment ceux qui ont contribué à fragiliser méthodiquement le système électrique français peuvent-ils aujourd’hui prétendre en devenir les sauveurs sans jamais reconnaître leurs responsabilités ? Le temps des slogans écologiques et des grandes opérations de communication touche à sa fin. Le réel, lui, arrive sur les factures.
N.D.L.R. : Encore onze mois à tirer, dix au mieux, avec ce fou furieux et manifestement dangereux !
Quelle époque avec de tels tarés aux commandes !
Pendant quinze ans, les Français ont subi le même discours : « Éteignez les lumières, baissez le chauffage, réduisez votre consommation, culpabilisez vos usages. » Aujourd’hui, le même pouvoir, après avoir méthodiquement fragilisé notre système électrique, explique soudain qu’il faudrait au contraire consommer toujours plus d’électricité. Le revirement à 180° serait presque comique s’il n’engageait pas des centaines de milliards d’euros et l’avenir industriel du pays.
Hier, l’électricité devait être économisée.
Aujourd’hui, elle doit envahir tous les usages : transports, chauffage, industrie, agriculture, logistique. Bornes de recharge, pompes à chaleur, véhicules électriques, nouvelles lignes à haute tension, raccordements massifs : tout doit désormais passer à l’électrique, comme si la France était devenue un immense laboratoire technocratique chargé d’absorber coûte que coûte une production devenue incontrôlable résultat d'un politique d'envahissement par des énergies renouvelables "éolien et solaire" .
Ce changement de cap n’est pas une stratégie visionnaire.
C’est l’aveu tardif d’un échec monumental. Pendant quatorze ans, la France a affaibli ce qui constituait pourtant l’un des systèmes électriques les plus performants du monde : un mix largement fondé sur le nucléaire et l’hydraulique, capable de produire une électricité abondante, pilotable, décarbonée et compétitive. Fermeture de Fessenheim, sous-investissements, désorganisation de la filière nucléaire, dépendance croissante aux énergies intermittentes, explosion des coûts de réseau : décision après décision, un système robuste a été progressivement déstabilisé.
La déclaration d’Emmanuel Macron sur « l’électrification massive » ressemble désormais à la course d’un canard sans tête.
Après le discours de Belfort de 2022 promettant la relance du nucléaire, après les aveux récents d’Ursula von der Leyen et même du dirigeant allemand Friedrich Merz reconnaissant les erreurs stratégiques d’une dépendance excessive aux renouvelables intermittents, voilà maintenant l’exécutif français qui pousse les citoyens à consommer toujours plus d’électricité pour absorber une surproduction devenue ingérable. EDF en est réduite à ralentir certains réacteurs nucléaires afin de faire passer en priorité l’éolien et le solaire subventionnés, parfois rémunérés à des niveaux très supérieurs au coût du mégawatt nucléaire, pendant que les prix deviennent négatifs sur le marché de l’électricité.
Et maintenant que l’éolien et le solaire produisent une électricité intermittente difficile à absorber — excédentaire quand le vent souffle et insuffisante lorsqu’il tombe — le pouvoir découvre soudain une nouvelle urgence : pousser les Français à consommer davantage pour écouler la production.
Autrement dit : après avoir expliqué pendant des années aux citoyens qu’ils consommaient trop d’électricité, on leur explique désormais qu’ils n’en consomment pas assez.
L’absurde énergétique français atteint ici son point de rupture.
Car derrière les discours sur la « souveraineté », la « transition » ou la « décarbonation », une autre réalité apparaît : cette électrification massive sert aussi à justifier l’expansion gigantesque des réseaux électriques rendue nécessaire par le développement des énergies intermittentes. Plus d’éolien et de solaire dispersés sur le territoire signifie mécaniquement plus de lignes à haute tension, plus de raccordements, plus de pilotage numérique du réseau et des dizaines de milliards d’euros d’investissements supplémentaires.
Et comme toujours, ces coûts finiront sur la facture des ménages et des entreprises.
Les prix de l’électricité deviennent parfois négatifs sur les marchés. Mais malgré cela, le gouvernement continue d’accélérer comme si la machine politique était devenue incapable de reconnaître ses propres erreurs.
La Fédération Environnement Durable ne conteste évidemment pas l’intérêt de l’électricité dans certains secteurs.
Mais elle refuse que les Français deviennent les variables d’ajustement d’une politique énergétique construite depuis quinze ans à coups de renoncements, d’improvisations et de communication.
La vraie question n’est plus technique.
Elle est politique : comment ceux qui ont contribué à fragiliser méthodiquement le système électrique français peuvent-ils aujourd’hui prétendre en devenir les sauveurs sans jamais reconnaître leurs responsabilités ? Le temps des slogans écologiques et des grandes opérations de communication touche à sa fin. Le réel, lui, arrive sur les factures.
N.D.L.R. : Encore onze mois à tirer, dix au mieux, avec ce fou furieux et manifestement dangereux !
Quelle époque avec de tels tarés aux commandes !
Fédération Environnement Durable
rédigé le Mardi 9 Juin 2026
Vie des associations - A.D.D.O.O.E. - Lobbying environnemental - Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Economie
rédigé le Mardi 9 Juin 2026
Vie des associations - A.D.D.O.O.E. - Lobbying environnemental - Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Economie
Le magazine Transitions & Énergies a publié le 5 juin 2026 un article particulièrement documenté consacré à l'affaiblissement progressif de la souveraineté énergétique française.
S'appuyant sur les travaux de la commission d'enquête parlementaire sur la perte d'indépendance énergétique de la France, sur des rapports publics, des auditions officielles et de nombreux documents Éric Leser (1), retrace plus de vingt années de décisions énergétiques qui continuent aujourd'hui de produire leurs effets.
L'originalité de cette enquête est qu'elle ne se réfugie pas derrière des généralités. Elle met des noms, des fonctions et des responsabilités derrière les décisions. Ministres, hauts fonctionnaires, responsables administratifs ou politiques : les principaux acteurs de cette période sont identifiés et leur rôle est examiné à la lumière des faits, des documents publics et des témoignages recueillis par la représentation nationale.
Dans un pays où les responsabilités se dissolvent souvent dans les institutions, cet exercice de transparence mérite d'être souligné.
Jean-Louis Butré
1) Éric Leser est un journaliste économique de premier plan, ancien chef du service économique du journal Le Monde, ancien correspondant du Monde à New York et fondateur de Slate.fr. Il est aujourd'hui rédacteur en chef du magazine Transitions & Énergies
N.D.L.R. : À verser au dossier "Ces incompétents et abrutis qui nous gouvernent".
S'appuyant sur les travaux de la commission d'enquête parlementaire sur la perte d'indépendance énergétique de la France, sur des rapports publics, des auditions officielles et de nombreux documents Éric Leser (1), retrace plus de vingt années de décisions énergétiques qui continuent aujourd'hui de produire leurs effets.
L'originalité de cette enquête est qu'elle ne se réfugie pas derrière des généralités. Elle met des noms, des fonctions et des responsabilités derrière les décisions. Ministres, hauts fonctionnaires, responsables administratifs ou politiques : les principaux acteurs de cette période sont identifiés et leur rôle est examiné à la lumière des faits, des documents publics et des témoignages recueillis par la représentation nationale.
Dans un pays où les responsabilités se dissolvent souvent dans les institutions, cet exercice de transparence mérite d'être souligné.
Jean-Louis Butré
1) Éric Leser est un journaliste économique de premier plan, ancien chef du service économique du journal Le Monde, ancien correspondant du Monde à New York et fondateur de Slate.fr. Il est aujourd'hui rédacteur en chef du magazine Transitions & Énergies
N.D.L.R. : À verser au dossier "Ces incompétents et abrutis qui nous gouvernent".
Fédération Environnement Durable
rédigé le Lundi 29 Juin 2026
Vie des associations - A.D.D.O.O.E. - Lobbying environnemental - Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Economie
rédigé le Lundi 29 Juin 2026
Vie des associations - A.D.D.O.O.E. - Lobbying environnemental - Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Economie
La FED dénonce l’AO10, “le coup d’estocade porté au nucléaire français”, et exige sa suspension avant la présidentielle
Paris, 15 juin 2026 (FED) —
Quelques semaines avant que les Français ne choisissent leur futur président, le gouvernement s’apprête à engager plusieurs centaines de milliards d’euros d’investissements énergétiques “qui façonneront le système électrique français jusqu’à la fin du siècle” : c’est le réquisitoire que dresse la Fédération Environnement Durable (FED) contre le dixième appel d’offres d’éolien en mer (AO10), lancé le 12 juin, portant sur près de 10 gigawatts et entre 700 et 1 200 éoliennes géantes offshore. La fédération en exige la suspension immédiate.
Un verrouillage avant la présidentielle
Les lauréats de l’AO10 doivent être désignés en février 2027, en pleine campagne présidentielle. “Dans le secteur électrique, le premier occupant devient pratiquement indélogeable”, avertit la FED. “Les infrastructures construites aujourd’hui déterminent durablement les choix industriels, financiers, budgétaires et énergétiques de demain.” L’organisation qualifie l’AO10 de “véritable verrouillage anticipé de la politique énergétique française” et de “coup d’estocade porté à l’avenir du nucléaire français quelques mois avant l’élection présidentielle de 2027”.
300 milliards contre 72,8 : la comparaison qui dérange
La FED étaye cette accusation par une comparaison chiffrée. EDF a évalué à 72,8 milliards d’euros le coût de six réacteurs EPR2, capables de produire 66 TWh par an d’électricité pilotable sur une durée de vie de 80 ans. Les parcs éoliens offshore n’ayant qu’une durée de vie de 20 à 25 ans, l’AO10 nécessitera selon la fédération “trois à quatre générations successives de parcs” pour couvrir la même période, pour un coût total pouvant dépasser 300 milliards d’euros — afin de produire seulement 36 TWh annuels d’électricité intermittente, soit près de deux fois moins.
“La France s’apprête à engager potentiellement plus de 300 milliards d’euros pour installer entre 700 et 1 200 éoliennes géantes dont la production annuelle restera très inférieure à celle de six EPR2”, résume la fédération.
Une dépendance croissante aux technologies importées
Alors que le nucléaire repose sur un savoir-faire français éprouvé depuis plus de quarante ans et constitue l'un des rares secteurs où notre pays conserve une véritable souveraineté industrielle, l'éolien en mer dépend largement d'équipements, de composants stratégiques et de matières premières importés, principalement de Chine.
La France prend ainsi le risque d'affaiblir une filière nationale maîtrisée, fondée sur des compétences, des technologies et des entreprises françaises, pour accélérer le développement d'une industrie dont une part importante de la valeur ajoutée, des équipements et des chaînes d'approvisionnement échappe au territoire national.
Plus préoccupant encore, avec près de 5 GW d'éolien flottant, l'AO10 ferait de la France le premier pays au monde à déployer à une telle échelle une technologie dont la viabilité industrielle, technique et économique reste encore largement à démontrer.
La France s'apprête ainsi à devenir le laboratoire mondial de l'éolien flottant industriel, alors même qu'elle dispose déjà d'une filière nucléaire souveraine, pilotable, décarbonée et reconnue dans le monde entier.
Le nucléaire sacrifié au profit de l’intermittent
La FED conteste la cohérence de la politique gouvernementale. Alors que l’exécutif affirme préparer la relance du nucléaire, aucun nouveau réacteur n’a encore été construit et les premières mises en service des EPR2 ne sont pas attendues avant les années 2040. “Chaque gigawatt attribué aujourd’hui à l’éolien en mer occupe une place dans le parc de production électrique qui ne sera plus disponible demain pour d’autres moyens de production”, soutient l’organisation. L’AO10 constituerait selon elle “un transfert massif de capacités d’investissement au profit des énergies intermittentes au moment même où la France devrait concentrer ses moyens financiers sur le renouvellement de son parc nucléaire”.
Une surproduction aggravée sans justification
La France produit déjà davantage d’électricité qu’elle n’en consomme, exporte massivement sa production intermittente à des prix déprimés et connaît un nombre croissant d’heures à prix négatifs, signe d’un réseau sous tension structurelle, rappelle la FED. La consommation nationale stagne. Les 36 TWh supplémentaires que produirait l’AO10 viendraient selon elle aggraver cette surproduction, “sans qu’aucune démonstration crédible d’un besoin urgent de nouvelles capacités intermittentes n’ait été apportée”. Cette politique “accroît mécaniquement les besoins de soutien public, les coûts de réseau et les déséquilibres du marché électrique”, ajoute-t-elle.
Des coûts cachés jamais présentés aux Français
Le prix plafond annoncé de 100 €/MWh ne représente selon la FED qu’une fraction du coût réel de l’opération. Il faudrait y ajouter les raccordements en mer et à terre, les nouvelles lignes à très haute tension, l’adaptation des ports, les garanties financières publiques, les dispositifs de sécurité maritime, les coûts de maintenance et les futurs coûts de démantèlement. “Aucun chiffrage global consolidé de ces dépenses n’a été présenté aux contribuables français”, dénonce l’organisation.
Ces coûts d’infrastructure se répercutent directement sur la facture de chaque Français. La Commission de Régulation de l’Énergie vient d’annoncer une hausse du tarif d’acheminement de l’électricité (TURPE) de 3,04% pour les particuliers et de 3,34% pour les entreprises industrielles, applicable dès le 1er août 2026 — avant même que le premier parc de l’AO10 ne soit construit. Pour la FED, c’est la démonstration que c’est le consommateur, et non l’État, qui finance in fine ce modèle énergétique.
Littoraux et pêche menacés
L’AO10 représenterait l’industrialisation de plusieurs milliers de kilomètres carrés d’espaces maritimes français — soit environ vingt fois la superficie de Paris — répartis sur plusieurs façades. La FED avertit que cette politique “menace directement l’activité de la pêche professionnelle, des dizaines de milliers d’emplois et l’équilibre écologique de nombreux espaces marins”.
Recours pendant devant le Conseil d’État
La FED rappelle que la PPE3 — le cadre de planification énergétique sur lequel s’appuie l’AO10 — fait l’objet de plusieurs recours devant le Conseil d’État, dont celui de la fédération elle-même. Elle demande la suspension de la procédure “tant que la PPE3 n’aura pas été définitivement débattue, légalement sécurisée et soumise à un véritable examen démocratique”, avant d’engager ce qu’elle qualifie de “choix structurel irréversible” — un engagement pouvant dépasser plusieurs centaines de milliards d’euros d’argent public, aux conséquences majeures sur l’écosystème environnemental et socio-économique des littoraux français, du tourisme et des générations à venir.
N.D.L.R. : Et combien d'autres dégâts causera encore le fou furieux et manifestement dangereux pendant les dix mois qu'il nous reste à tirer avec ce cinglé ?
Paris, 15 juin 2026 (FED) —
Quelques semaines avant que les Français ne choisissent leur futur président, le gouvernement s’apprête à engager plusieurs centaines de milliards d’euros d’investissements énergétiques “qui façonneront le système électrique français jusqu’à la fin du siècle” : c’est le réquisitoire que dresse la Fédération Environnement Durable (FED) contre le dixième appel d’offres d’éolien en mer (AO10), lancé le 12 juin, portant sur près de 10 gigawatts et entre 700 et 1 200 éoliennes géantes offshore. La fédération en exige la suspension immédiate.
Un verrouillage avant la présidentielle
Les lauréats de l’AO10 doivent être désignés en février 2027, en pleine campagne présidentielle. “Dans le secteur électrique, le premier occupant devient pratiquement indélogeable”, avertit la FED. “Les infrastructures construites aujourd’hui déterminent durablement les choix industriels, financiers, budgétaires et énergétiques de demain.” L’organisation qualifie l’AO10 de “véritable verrouillage anticipé de la politique énergétique française” et de “coup d’estocade porté à l’avenir du nucléaire français quelques mois avant l’élection présidentielle de 2027”.
300 milliards contre 72,8 : la comparaison qui dérange
La FED étaye cette accusation par une comparaison chiffrée. EDF a évalué à 72,8 milliards d’euros le coût de six réacteurs EPR2, capables de produire 66 TWh par an d’électricité pilotable sur une durée de vie de 80 ans. Les parcs éoliens offshore n’ayant qu’une durée de vie de 20 à 25 ans, l’AO10 nécessitera selon la fédération “trois à quatre générations successives de parcs” pour couvrir la même période, pour un coût total pouvant dépasser 300 milliards d’euros — afin de produire seulement 36 TWh annuels d’électricité intermittente, soit près de deux fois moins.
“La France s’apprête à engager potentiellement plus de 300 milliards d’euros pour installer entre 700 et 1 200 éoliennes géantes dont la production annuelle restera très inférieure à celle de six EPR2”, résume la fédération.
Une dépendance croissante aux technologies importées
Alors que le nucléaire repose sur un savoir-faire français éprouvé depuis plus de quarante ans et constitue l'un des rares secteurs où notre pays conserve une véritable souveraineté industrielle, l'éolien en mer dépend largement d'équipements, de composants stratégiques et de matières premières importés, principalement de Chine.
La France prend ainsi le risque d'affaiblir une filière nationale maîtrisée, fondée sur des compétences, des technologies et des entreprises françaises, pour accélérer le développement d'une industrie dont une part importante de la valeur ajoutée, des équipements et des chaînes d'approvisionnement échappe au territoire national.
Plus préoccupant encore, avec près de 5 GW d'éolien flottant, l'AO10 ferait de la France le premier pays au monde à déployer à une telle échelle une technologie dont la viabilité industrielle, technique et économique reste encore largement à démontrer.
La France s'apprête ainsi à devenir le laboratoire mondial de l'éolien flottant industriel, alors même qu'elle dispose déjà d'une filière nucléaire souveraine, pilotable, décarbonée et reconnue dans le monde entier.
Le nucléaire sacrifié au profit de l’intermittent
La FED conteste la cohérence de la politique gouvernementale. Alors que l’exécutif affirme préparer la relance du nucléaire, aucun nouveau réacteur n’a encore été construit et les premières mises en service des EPR2 ne sont pas attendues avant les années 2040. “Chaque gigawatt attribué aujourd’hui à l’éolien en mer occupe une place dans le parc de production électrique qui ne sera plus disponible demain pour d’autres moyens de production”, soutient l’organisation. L’AO10 constituerait selon elle “un transfert massif de capacités d’investissement au profit des énergies intermittentes au moment même où la France devrait concentrer ses moyens financiers sur le renouvellement de son parc nucléaire”.
Une surproduction aggravée sans justification
La France produit déjà davantage d’électricité qu’elle n’en consomme, exporte massivement sa production intermittente à des prix déprimés et connaît un nombre croissant d’heures à prix négatifs, signe d’un réseau sous tension structurelle, rappelle la FED. La consommation nationale stagne. Les 36 TWh supplémentaires que produirait l’AO10 viendraient selon elle aggraver cette surproduction, “sans qu’aucune démonstration crédible d’un besoin urgent de nouvelles capacités intermittentes n’ait été apportée”. Cette politique “accroît mécaniquement les besoins de soutien public, les coûts de réseau et les déséquilibres du marché électrique”, ajoute-t-elle.
Des coûts cachés jamais présentés aux Français
Le prix plafond annoncé de 100 €/MWh ne représente selon la FED qu’une fraction du coût réel de l’opération. Il faudrait y ajouter les raccordements en mer et à terre, les nouvelles lignes à très haute tension, l’adaptation des ports, les garanties financières publiques, les dispositifs de sécurité maritime, les coûts de maintenance et les futurs coûts de démantèlement. “Aucun chiffrage global consolidé de ces dépenses n’a été présenté aux contribuables français”, dénonce l’organisation.
Ces coûts d’infrastructure se répercutent directement sur la facture de chaque Français. La Commission de Régulation de l’Énergie vient d’annoncer une hausse du tarif d’acheminement de l’électricité (TURPE) de 3,04% pour les particuliers et de 3,34% pour les entreprises industrielles, applicable dès le 1er août 2026 — avant même que le premier parc de l’AO10 ne soit construit. Pour la FED, c’est la démonstration que c’est le consommateur, et non l’État, qui finance in fine ce modèle énergétique.
Littoraux et pêche menacés
L’AO10 représenterait l’industrialisation de plusieurs milliers de kilomètres carrés d’espaces maritimes français — soit environ vingt fois la superficie de Paris — répartis sur plusieurs façades. La FED avertit que cette politique “menace directement l’activité de la pêche professionnelle, des dizaines de milliers d’emplois et l’équilibre écologique de nombreux espaces marins”.
Recours pendant devant le Conseil d’État
La FED rappelle que la PPE3 — le cadre de planification énergétique sur lequel s’appuie l’AO10 — fait l’objet de plusieurs recours devant le Conseil d’État, dont celui de la fédération elle-même. Elle demande la suspension de la procédure “tant que la PPE3 n’aura pas été définitivement débattue, légalement sécurisée et soumise à un véritable examen démocratique”, avant d’engager ce qu’elle qualifie de “choix structurel irréversible” — un engagement pouvant dépasser plusieurs centaines de milliards d’euros d’argent public, aux conséquences majeures sur l’écosystème environnemental et socio-économique des littoraux français, du tourisme et des générations à venir.
N.D.L.R. : Et combien d'autres dégâts causera encore le fou furieux et manifestement dangereux pendant les dix mois qu'il nous reste à tirer avec ce cinglé ?
Les gardiens du large (via "Facebook")
rédigé le Jeudi 16 Juillet 2026
Vie des associations - A.D.D.O.O.E. - Lobbying environnemental - Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Economie
rédigé le Jeudi 16 Juillet 2026
Vie des associations - A.D.D.O.O.E. - Lobbying environnemental - Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Economie
Cérémé
rédigé le Lundi 20 Juillet 2026
A.D.D.O.O.E. - Lobbying environnemental - Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Economie - Vie des associations
rédigé le Lundi 20 Juillet 2026
A.D.D.O.O.E. - Lobbying environnemental - Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Economie - Vie des associations
Tribune : Le Cérémé saisit le Conseil d’Etat contre les nouveaux projets d’éoliennes en mer
Sans la moindre surprise, la Commission Européenne a validé lundi 13 juillet le soutien massif de l’État français et du contribuable, pas moins de 63 milliards d’euros sur 25 ans, pour financer la construction et l’exploitation de onze nouveaux parcs éoliens marins. Baptisé A.O.10 (Appel d'offres 10), il s'agit d'une aberration financière et énergétique. Les finances publiques sont dans une situation catastrophique et le pays n'a pas le moindre besoin de cette électricité décarbonée qui sera par ailleurs extrêmement coûteuse. La France produit déjà en surabondance une électricité décarbonée à plus de 95%. Et il existe apparement un autre sérieux problème. Le système même des appels d'offres mis en place est problématique sur le plan juridique. Au point que le Cérémé (Cercle d’Étude Réalités Écologiques et Mix Énergétique) en association avec la FED et plusieurs associations du réseau RETM, ont déposé un recours pour obtenir l’annulation par le Conseil d’Etat de l’A.O.10. Le Cérémé explique ci-dessous les raisons de ce recours.
Le Cérémé ou Cercle d’Étude Réalités Écologiques et Mix Énergétique [qui est actionnaire de la société éditrice de Transitions & Energies] annonce avoir déposé le 1er juillet, en association avec la FED (Fédération de l’environnement durable) et plusieurs associations du réseau RETM (Réseau Énergies Terre et Mer), un recours pour obtenir l’annulation par le Conseil d’Etat de l’appel d’offres n°10 (A.O.10). Il porte sur onze projets d’installations éoliennes de production d’électricité en mer situés au large de la Normandie et de la Bretagne, en Sud – Atlantique et en mer Méditerranée. Il a été publié le 11 juin 2026. La requête s’appuie sur la légalité contestable de l’acte de droit souple que constitue cet appel d’offres, en raison notamment de la prescription de clauses à portée réglementaire illégales, de sa non-conformité à la PPE-3, et enfin de l’absence d’évaluation complète des impacts sur la navigation maritime et des risques de catastrophe.
L’A.O.10, un acte de droit souple dont la légalité peut être contestée devant le juge administratif
La jurisprudence du Conseil d’État établit qu’un acte de droit souple peut être attaqué s’il est susceptible de produire des effets notables, notamment économiques, ou d’influer de manière significative sur les comportements de ses destinataires. Le cahier des charges de l’appel d’offres A.O.10 répond à ces critères. Élaboré sous l’autorité du ministère de l’Économie, il présente un degré de formalisation et de structuration élevé, fixant de manière détaillée les conditions de participation à la procédure, les critères d’élimination des candidats, les modalités de notation des offres, etc…
Il ne s’agit donc pas d’un simple document informatif, mais d’un acte qui encadre l’intégralité de la procédure concurrentielle et conditionne concrètement la faisabilité des projets soumis à la compétition. Sur le plan économique, les enjeux sont majeurs : l’appel d’offres porte sur l’attribution d’environ dix gigawatts de capacités d’éolien en mer, pour un soutien public susceptible d’atteindre plusieurs dizaines de milliards d’euros sur la durée des contrats.
À cette échelle, les conditions fixées par le cahier des charges influencent directement les décisions d’investissement des candidats et, au-delà, la structure même du marché. Par ailleurs, certaines dispositions de l’A.O.10 présentent des discordances avec les orientations fixées par le décret PPE3 auquel il est subordonné, qu’il s’agisse du volume de capacités retenues, du traitement de l’A.O.9 ou des engagements financiers sous-jacents. Ces distorsions sont de nature à créer des incertitudes juridiques et économiques pour les candidats et à nuire à la cohérence de la politique énergétique nationale. Le cahier des charges de cet appel d’offres, bien qu’il relève formellement du droit souple, est susceptible de produire des effets notables au sens de la jurisprudence, de sorte que sa légalité peut être contestée.
Des clauses réglementaires illégales
Selon la jurisprudence du Conseil d’État, les clauses d’un contrat qui ont pour objet l’organisation ou le fonctionnement d’un service public revêtent un caractère réglementaire et peuvent être contestées par tout tiers justifiant d’un intérêt à agir. L’A.O.10 s’inscrit dans le cadre du service public de l’énergie. Plusieurs de ses dispositions excèdent le cadre des stipulations purement contractuelles liant l’État au lauréat et produisent des effets normatifs à l’égard des tiers. Les chapitres 4, 5 et 7 du cahier des charges contiennent ainsi des clauses réglementaires directement attaquables.
Le chapitre 4, relatif au raccordement au réseau public de transport, fixe les conditions d’accès et d’utilisation des ouvrages du réseau géré par RTE, qui s’imposent au-delà des seules parties à la procédure et participent directement au fonctionnement du service public de transport d’électricité. Le chapitre 5, relatif au complément de rémunération, détermine les tarifs applicables à la production d’électricité ainsi que les prérogatives unilatérales de l’État en matière de suspension et de résiliation. Le chapitre 7, relatif aux conditions techniques générales d’exploitation, fixe les règles d’utilisation du domaine public maritime et les conditions d’injection de la puissance produite dans le réseau.
Ces clauses réglementaires sont entachées d’illégalité en raison d’un vice transversal : elles organisent un traitement structurellement différencié entre les projets relevant de la PPE-2 et ceux relevant de la PPE-3, sans base légale. Le cahier des charges établit en effet une distinction fondamentale entre ces deux groupes de projets de nature juridique distincte, qui se traduit par des régimes différenciés affectant précisément les clauses réglementaires.
S’agissant du chapitre 4 par exemple, les projets du Groupe PPE-2 bénéficient d’un raccordement en une seule étape conventionnelle, avec une date limite de mise à disposition des ouvrages comprise entre 2032 et 2034, tandis que les projets du Groupe PPE-3 sont soumis à un raccordement en deux étapes distinctes, avec une mise à disposition des ouvrages prévue au plus tôt en 2035. Le même problème de traitement différenciant existe pour le chapitre 5 et pour le chapitre 7.
Or, aucune disposition de l’article R. 311-13 du code de l’énergie, ni de la PPE-3, n’autorise cette différence de traitement, qui viole le principe d’égalité de traitement des candidats, consacré par l’article L. 311-10-1 du code de l’énergie et l’article 8 de la directive 2009/72/CE.
Un A.O.10 non conforme à la PPE-3
L’A.O.10 s’écarte significativement des objectifs et du calendrier fixés par la PPE-3. La fusion de l’A.O.9 et de l’A.O.10 modifie substantiellement la trajectoire prévue par la PPE-3, sans révision préalable de celle-ci ni actualisation des hypothèses. Cette modification conduit à substituer à deux procédures distinctes une procédure unique portant sur un volume global proche de dix gigawatts, alors que la PPE3 prévoyait une progression graduée des capacités attribuées.
De plus, l’A.O.10 crée une ambiguïté entre les capacités attribuées et les capacités effectivement mises en service. La PPE3 indique que les appels d’offres A.O.4 à A.O.9 doivent permettre d’atteindre une puissance cumulée d’environ 9,6 GW et prévoit l’attribution de 8 à 10 GW supplémentaires dans le cadre de l’A.O.10, soit un total de capacités attribuées supérieur à 19 GW. Dans le même temps, la PPE-3 fixe un objectif de puissance installée et mise en service de 15 GW à l’horizon 2035 et de 18 GW à l’horizon 2037. Si la PPE3 distingue explicitement les capacités attribuées des capacités effectivement mises en service, cette distinction essentielle n’apparaît pas clairement dans le cahier des charges de l’A.O.10, ce qui porte atteinte à l’intelligibilité de la trajectoire de développement retenue.
Enfin, la PPE3 souligne expressément que le coût du soutien public à l’éolien en mer dépend étroitement de l’évolution future des prix de marché de l’électricité. Or, le cahier des charges de l’A.O.10 ne comporte aucune présentation des hypothèses économiques sous-jacentes à cette évaluation, ni aucune indication relative aux conséquences budgétaires potentielles de la procédure. Il résulte de ce qui précède que l’appel d’offres AO10 s’écarte significativement des hypothèses, du calendrier et des modalités de développement retenus par la PPE-3.
L’absence d’évaluation complète des impacts sur la navigation maritime et des risques de catastrophe
En application de l’article L. 122-1 du code de l’environnement et de la directive 2011/92/UE, toute procédure susceptible d’affecter de manière significative l’environnement et la sécurité des personnes doit être précédée d’une évaluation exhaustive des risques. Ces exigences s’appliquent avec une particulière acuité à l’installation de parcs éoliens en mer, dont les zones d’implantation recoupent des couloirs de navigation commerciale et de pêche parmi les plus fréquentés d’Europe.
Or, ni l’A.O.10, ni les documents de planification maritime qui lui servent de fondement, ne comportent d’évaluation des risques liés à la navigation maritime et aux catastrophes industrielles en mer. Les zones retenues sont pourtant situées à proximité ou à l’intersection de voies maritimes à fort trafic.
En outre, il résulte de l’article 5 de la Charte de l’environnement que, lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, peut affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques sont tenues de mettre en œuvre des procédures d’évaluation adaptées avant toute décision susceptible de produire des effets durables. Vu l’ampleur exceptionnelle de ce projet et le caractère durable des infrastructures projetées, une actualisation préalable de cette évaluation constituait une exigence découlant du principe de précaution. De plus, l’évolution récente du contexte stratégique international renforce les exigences pesant sur les fonctions de surveillance, de détection et de protection du territoire.
Dans ces conditions, une procédure portant sur des infrastructures maritimes d’une telle ampleur appelait une appréciation actualisée de leurs incidences sur ces fonctions essentielles. Cette appréciation n’a pas été faite. Enfin, eu égard à l’importance des capacités attribuées, à la durée des engagements en résultant ainsi qu’aux effets durables de la décision attaquée sur l’organisation du système électrique, le principe de sécurité juridique imposait que l’autorité administrative procédât à une évaluation particulièrement complète et actualisée des circonstances de fait et de droit ayant justifié le lancement de la procédure.
Cette exigence n’a pas été pleinement satisfaite en l’espèce.
A propos du Cérémé
Le Cérémé, Cercle d’Étude Réalités Écologiques et Mix Énergétique est un think tank créé par un groupe de citoyens et experts soucieux d’engager la France sur la voie de la neutralité carbone. Il a pour objectif de contribuer au débat sur la politique énergétique de la France, à partir d’analyses objectives et indépendantes de tout intérêt financier ou industriel et de tout engagement politique.
N.D.L.R. : À verser au dossier "Ces charlots qui nous gouvernent".
Sans la moindre surprise, la Commission Européenne a validé lundi 13 juillet le soutien massif de l’État français et du contribuable, pas moins de 63 milliards d’euros sur 25 ans, pour financer la construction et l’exploitation de onze nouveaux parcs éoliens marins. Baptisé A.O.10 (Appel d'offres 10), il s'agit d'une aberration financière et énergétique. Les finances publiques sont dans une situation catastrophique et le pays n'a pas le moindre besoin de cette électricité décarbonée qui sera par ailleurs extrêmement coûteuse. La France produit déjà en surabondance une électricité décarbonée à plus de 95%. Et il existe apparement un autre sérieux problème. Le système même des appels d'offres mis en place est problématique sur le plan juridique. Au point que le Cérémé (Cercle d’Étude Réalités Écologiques et Mix Énergétique) en association avec la FED et plusieurs associations du réseau RETM, ont déposé un recours pour obtenir l’annulation par le Conseil d’Etat de l’A.O.10. Le Cérémé explique ci-dessous les raisons de ce recours.
Le Cérémé ou Cercle d’Étude Réalités Écologiques et Mix Énergétique [qui est actionnaire de la société éditrice de Transitions & Energies] annonce avoir déposé le 1er juillet, en association avec la FED (Fédération de l’environnement durable) et plusieurs associations du réseau RETM (Réseau Énergies Terre et Mer), un recours pour obtenir l’annulation par le Conseil d’Etat de l’appel d’offres n°10 (A.O.10). Il porte sur onze projets d’installations éoliennes de production d’électricité en mer situés au large de la Normandie et de la Bretagne, en Sud – Atlantique et en mer Méditerranée. Il a été publié le 11 juin 2026. La requête s’appuie sur la légalité contestable de l’acte de droit souple que constitue cet appel d’offres, en raison notamment de la prescription de clauses à portée réglementaire illégales, de sa non-conformité à la PPE-3, et enfin de l’absence d’évaluation complète des impacts sur la navigation maritime et des risques de catastrophe.
L’A.O.10, un acte de droit souple dont la légalité peut être contestée devant le juge administratif
La jurisprudence du Conseil d’État établit qu’un acte de droit souple peut être attaqué s’il est susceptible de produire des effets notables, notamment économiques, ou d’influer de manière significative sur les comportements de ses destinataires. Le cahier des charges de l’appel d’offres A.O.10 répond à ces critères. Élaboré sous l’autorité du ministère de l’Économie, il présente un degré de formalisation et de structuration élevé, fixant de manière détaillée les conditions de participation à la procédure, les critères d’élimination des candidats, les modalités de notation des offres, etc…
Il ne s’agit donc pas d’un simple document informatif, mais d’un acte qui encadre l’intégralité de la procédure concurrentielle et conditionne concrètement la faisabilité des projets soumis à la compétition. Sur le plan économique, les enjeux sont majeurs : l’appel d’offres porte sur l’attribution d’environ dix gigawatts de capacités d’éolien en mer, pour un soutien public susceptible d’atteindre plusieurs dizaines de milliards d’euros sur la durée des contrats.
À cette échelle, les conditions fixées par le cahier des charges influencent directement les décisions d’investissement des candidats et, au-delà, la structure même du marché. Par ailleurs, certaines dispositions de l’A.O.10 présentent des discordances avec les orientations fixées par le décret PPE3 auquel il est subordonné, qu’il s’agisse du volume de capacités retenues, du traitement de l’A.O.9 ou des engagements financiers sous-jacents. Ces distorsions sont de nature à créer des incertitudes juridiques et économiques pour les candidats et à nuire à la cohérence de la politique énergétique nationale. Le cahier des charges de cet appel d’offres, bien qu’il relève formellement du droit souple, est susceptible de produire des effets notables au sens de la jurisprudence, de sorte que sa légalité peut être contestée.
Des clauses réglementaires illégales
Selon la jurisprudence du Conseil d’État, les clauses d’un contrat qui ont pour objet l’organisation ou le fonctionnement d’un service public revêtent un caractère réglementaire et peuvent être contestées par tout tiers justifiant d’un intérêt à agir. L’A.O.10 s’inscrit dans le cadre du service public de l’énergie. Plusieurs de ses dispositions excèdent le cadre des stipulations purement contractuelles liant l’État au lauréat et produisent des effets normatifs à l’égard des tiers. Les chapitres 4, 5 et 7 du cahier des charges contiennent ainsi des clauses réglementaires directement attaquables.
Le chapitre 4, relatif au raccordement au réseau public de transport, fixe les conditions d’accès et d’utilisation des ouvrages du réseau géré par RTE, qui s’imposent au-delà des seules parties à la procédure et participent directement au fonctionnement du service public de transport d’électricité. Le chapitre 5, relatif au complément de rémunération, détermine les tarifs applicables à la production d’électricité ainsi que les prérogatives unilatérales de l’État en matière de suspension et de résiliation. Le chapitre 7, relatif aux conditions techniques générales d’exploitation, fixe les règles d’utilisation du domaine public maritime et les conditions d’injection de la puissance produite dans le réseau.
Ces clauses réglementaires sont entachées d’illégalité en raison d’un vice transversal : elles organisent un traitement structurellement différencié entre les projets relevant de la PPE-2 et ceux relevant de la PPE-3, sans base légale. Le cahier des charges établit en effet une distinction fondamentale entre ces deux groupes de projets de nature juridique distincte, qui se traduit par des régimes différenciés affectant précisément les clauses réglementaires.
S’agissant du chapitre 4 par exemple, les projets du Groupe PPE-2 bénéficient d’un raccordement en une seule étape conventionnelle, avec une date limite de mise à disposition des ouvrages comprise entre 2032 et 2034, tandis que les projets du Groupe PPE-3 sont soumis à un raccordement en deux étapes distinctes, avec une mise à disposition des ouvrages prévue au plus tôt en 2035. Le même problème de traitement différenciant existe pour le chapitre 5 et pour le chapitre 7.
Or, aucune disposition de l’article R. 311-13 du code de l’énergie, ni de la PPE-3, n’autorise cette différence de traitement, qui viole le principe d’égalité de traitement des candidats, consacré par l’article L. 311-10-1 du code de l’énergie et l’article 8 de la directive 2009/72/CE.
Un A.O.10 non conforme à la PPE-3
L’A.O.10 s’écarte significativement des objectifs et du calendrier fixés par la PPE-3. La fusion de l’A.O.9 et de l’A.O.10 modifie substantiellement la trajectoire prévue par la PPE-3, sans révision préalable de celle-ci ni actualisation des hypothèses. Cette modification conduit à substituer à deux procédures distinctes une procédure unique portant sur un volume global proche de dix gigawatts, alors que la PPE3 prévoyait une progression graduée des capacités attribuées.
De plus, l’A.O.10 crée une ambiguïté entre les capacités attribuées et les capacités effectivement mises en service. La PPE3 indique que les appels d’offres A.O.4 à A.O.9 doivent permettre d’atteindre une puissance cumulée d’environ 9,6 GW et prévoit l’attribution de 8 à 10 GW supplémentaires dans le cadre de l’A.O.10, soit un total de capacités attribuées supérieur à 19 GW. Dans le même temps, la PPE-3 fixe un objectif de puissance installée et mise en service de 15 GW à l’horizon 2035 et de 18 GW à l’horizon 2037. Si la PPE3 distingue explicitement les capacités attribuées des capacités effectivement mises en service, cette distinction essentielle n’apparaît pas clairement dans le cahier des charges de l’A.O.10, ce qui porte atteinte à l’intelligibilité de la trajectoire de développement retenue.
Enfin, la PPE3 souligne expressément que le coût du soutien public à l’éolien en mer dépend étroitement de l’évolution future des prix de marché de l’électricité. Or, le cahier des charges de l’A.O.10 ne comporte aucune présentation des hypothèses économiques sous-jacentes à cette évaluation, ni aucune indication relative aux conséquences budgétaires potentielles de la procédure. Il résulte de ce qui précède que l’appel d’offres AO10 s’écarte significativement des hypothèses, du calendrier et des modalités de développement retenus par la PPE-3.
L’absence d’évaluation complète des impacts sur la navigation maritime et des risques de catastrophe
En application de l’article L. 122-1 du code de l’environnement et de la directive 2011/92/UE, toute procédure susceptible d’affecter de manière significative l’environnement et la sécurité des personnes doit être précédée d’une évaluation exhaustive des risques. Ces exigences s’appliquent avec une particulière acuité à l’installation de parcs éoliens en mer, dont les zones d’implantation recoupent des couloirs de navigation commerciale et de pêche parmi les plus fréquentés d’Europe.
Or, ni l’A.O.10, ni les documents de planification maritime qui lui servent de fondement, ne comportent d’évaluation des risques liés à la navigation maritime et aux catastrophes industrielles en mer. Les zones retenues sont pourtant situées à proximité ou à l’intersection de voies maritimes à fort trafic.
En outre, il résulte de l’article 5 de la Charte de l’environnement que, lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, peut affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques sont tenues de mettre en œuvre des procédures d’évaluation adaptées avant toute décision susceptible de produire des effets durables. Vu l’ampleur exceptionnelle de ce projet et le caractère durable des infrastructures projetées, une actualisation préalable de cette évaluation constituait une exigence découlant du principe de précaution. De plus, l’évolution récente du contexte stratégique international renforce les exigences pesant sur les fonctions de surveillance, de détection et de protection du territoire.
Dans ces conditions, une procédure portant sur des infrastructures maritimes d’une telle ampleur appelait une appréciation actualisée de leurs incidences sur ces fonctions essentielles. Cette appréciation n’a pas été faite. Enfin, eu égard à l’importance des capacités attribuées, à la durée des engagements en résultant ainsi qu’aux effets durables de la décision attaquée sur l’organisation du système électrique, le principe de sécurité juridique imposait que l’autorité administrative procédât à une évaluation particulièrement complète et actualisée des circonstances de fait et de droit ayant justifié le lancement de la procédure.
Cette exigence n’a pas été pleinement satisfaite en l’espèce.
A propos du Cérémé
Le Cérémé, Cercle d’Étude Réalités Écologiques et Mix Énergétique est un think tank créé par un groupe de citoyens et experts soucieux d’engager la France sur la voie de la neutralité carbone. Il a pour objectif de contribuer au débat sur la politique énergétique de la France, à partir d’analyses objectives et indépendantes de tout intérêt financier ou industriel et de tout engagement politique.
N.D.L.R. : À verser au dossier "Ces charlots qui nous gouvernent".
Fédération Environnement Durable
rédigé le Mercredi 29 Juillet 2026
Vie des associations - A.D.D.O.O.E. - Lobbying environnemental - Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Economie
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Les énergies renouvelables coûteront près de 20 milliards d’euros à l’État en 2026 et 2027
Par Elsa Bembaron
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) vient de publier ses premières estimations pour l’année 2027, en y intégrant de nouvelles règles de fonctionnement et l’évolution des prix de gros.
C’est un chiffre qui est scruté par le bataillon des opposants aux énergies renouvelables : la charge des services publics de l’énergie. Soit, dit plus simplement, les sommes versées par l’État aux producteurs d’énergies renouvelables (éolien, solaire et biométhane) qui bénéficient de contrats d’obligation d’achat et/ou de contrats pour différence. Dans les deux cas, l’État leur verse une indemnité destinée à compenser l’écart entre le prix contractuel et celui du marché. Pensé pour soutenir ces filières à leur début, ce système est de plus en plus critiqué.
Ce lundi, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié sa première évaluation des charges de service public de l’énergie pour 2027 et sa réévaluation pour 2026. Cette année, les charges s’élèveront à 12,3 milliards d’euros (9,06 milliards supportés par le budget de l’État). L’année prochaine, la note devrait grimper à 14,2 milliards d’euros, dont 10,67 milliards supportés par le budget de l’État, soit près de 20 milliards sur les deux années. «La hausse des charges prévisionnelles entre 2026 et 2027 s’explique principalement par la croissance des volumes soutenus, conformément à la programmation pluriannuelle de l’énergie», explique la CRE.
Un plafond devrait être atteint en 2027/2028
Une addition salée, qui comprend pourtant une baisse de 631,2 millions pour 2026, comparativement à l’évaluation initiale réalisée par la CRE en juillet 2025. Cette baisse est notamment liée à de moindres versements de primes à une certaine catégorie d’installations photovoltaïques (celles liées aux arrêtés dits S17 et S21). Elle est aussi imputable à la hausse des prix prévisionnels du gaz, qui entraîne mécaniquement une baisse des charges relatives au dispositif d’obligation d’achat de biométhane. Plus les prix de marché sont élevés, moins les écarts à compenser sont importants.
«Sur les années 2025, 2026, 2027, la CRE constate que les surcoûts unitaires se stabilisent et sont comparables à ceux observés avant crise (autour de 90 euros du mégawattheure)», souligne le gendarme de l’énergie, rappelant que le soutien concerne les énergies renouvelables électriques et les centrales électriques qui fonctionnent au gaz naturel.
Un plafond devrait être atteint en 2027/2028 avec l’arrêt des contrats d’obligation d’achat et les contrats pour différence les plus anciens. La CRE salue aussi «la forte mobilisation des producteurs sous obligation d’achat qui ont su mettre en œuvre dans des délais limités une pilotabilité satisfaisante de leur parc afin de respecter les signaux de modulation envoyés par EDF OA». Ce qui permet de réduire la charge pour l’État, en abaissant la production quand les prix sont très bas. La CRE préconise une extension de ce dispositif à un périmètre plus large. Si la note est salée pour le contribuable, elle est aussi synonyme de prix bas de l’électricité pour les consommateurs français.
N.D.L.R. : Habituel. "Les temps sont difficiles".
Par Elsa Bembaron
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) vient de publier ses premières estimations pour l’année 2027, en y intégrant de nouvelles règles de fonctionnement et l’évolution des prix de gros.
C’est un chiffre qui est scruté par le bataillon des opposants aux énergies renouvelables : la charge des services publics de l’énergie. Soit, dit plus simplement, les sommes versées par l’État aux producteurs d’énergies renouvelables (éolien, solaire et biométhane) qui bénéficient de contrats d’obligation d’achat et/ou de contrats pour différence. Dans les deux cas, l’État leur verse une indemnité destinée à compenser l’écart entre le prix contractuel et celui du marché. Pensé pour soutenir ces filières à leur début, ce système est de plus en plus critiqué.
Ce lundi, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié sa première évaluation des charges de service public de l’énergie pour 2027 et sa réévaluation pour 2026. Cette année, les charges s’élèveront à 12,3 milliards d’euros (9,06 milliards supportés par le budget de l’État). L’année prochaine, la note devrait grimper à 14,2 milliards d’euros, dont 10,67 milliards supportés par le budget de l’État, soit près de 20 milliards sur les deux années. «La hausse des charges prévisionnelles entre 2026 et 2027 s’explique principalement par la croissance des volumes soutenus, conformément à la programmation pluriannuelle de l’énergie», explique la CRE.
Un plafond devrait être atteint en 2027/2028
Une addition salée, qui comprend pourtant une baisse de 631,2 millions pour 2026, comparativement à l’évaluation initiale réalisée par la CRE en juillet 2025. Cette baisse est notamment liée à de moindres versements de primes à une certaine catégorie d’installations photovoltaïques (celles liées aux arrêtés dits S17 et S21). Elle est aussi imputable à la hausse des prix prévisionnels du gaz, qui entraîne mécaniquement une baisse des charges relatives au dispositif d’obligation d’achat de biométhane. Plus les prix de marché sont élevés, moins les écarts à compenser sont importants.
«Sur les années 2025, 2026, 2027, la CRE constate que les surcoûts unitaires se stabilisent et sont comparables à ceux observés avant crise (autour de 90 euros du mégawattheure)», souligne le gendarme de l’énergie, rappelant que le soutien concerne les énergies renouvelables électriques et les centrales électriques qui fonctionnent au gaz naturel.
Un plafond devrait être atteint en 2027/2028 avec l’arrêt des contrats d’obligation d’achat et les contrats pour différence les plus anciens. La CRE salue aussi «la forte mobilisation des producteurs sous obligation d’achat qui ont su mettre en œuvre dans des délais limités une pilotabilité satisfaisante de leur parc afin de respecter les signaux de modulation envoyés par EDF OA». Ce qui permet de réduire la charge pour l’État, en abaissant la production quand les prix sont très bas. La CRE préconise une extension de ce dispositif à un périmètre plus large. Si la note est salée pour le contribuable, elle est aussi synonyme de prix bas de l’électricité pour les consommateurs français.
Fédération Environnement Durable
environnementdurable.org
contact@environnementdurable.net
tel 06 80 99 38 08
environnementdurable.org
contact@environnementdurable.net
tel 06 80 99 38 08
N.D.L.R. : Habituel. "Les temps sont difficiles".
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Jeudi 30 Juillet 2026
Journal du chantier - Administration - Arboriculture-horticulture - Abords, Avenue, terrasse - Vie des associations - A.D.D.O.O.E. - Désultoirement vôtre ! - Archives, histoire, documentation - Pouvoirs publics, élus locaux - Anecdotes
rédigé le Jeudi 30 Juillet 2026
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J'ai reçu ce matin le courrier simple suivant :
J'ai préparé ma réponse que j'ai cherché à transmettre à ma correspondante via le site "impots.gouv.fr/espace professionnel".
Mais pour une raison qui m'échappe, cette transmission est impossible par ce canal.
Voici donc mon projet de réponse que je vais leur adresser par L.R.A.R. :
Il est heureux que j'aie enregistré ces captures d'écran sur mon ordi car le brouillon de cette réponse est devenu inaccessible sur le site "impots.gouv.fr", tant sur sa version destinée aux particuliers que sur celle à l'usage des "professionnels".
Et maintenant, que vont encore pouvoir inventer mes interlocuteurs distingués pour prolonger ces passionnants échanges ?
P.S. (à 12 heures 20) : Je n'arrive même pas à imprimer ces deux captures d'écran pour les envoyer au fisc, avec copie de leur courrier...
Je vais devoir retaper ce texte pour pouvoir le leur adresser par la poste. Ça tombe bien, je n'ai que ça à faire.
P.S. 2 (à 12 heures 25) : Je m'aperçois que le courrier du fisc m'était adressé au titre de l'A.D.D.O.O.E. dont je suis le président.
C'est écrit en tout petit en bas de leur lettre, comme je viens de m'en apercevoir.
Là ce sera très simple : il n'y a strictement rien à déclarer (si ce n'est qu'il n'y a rien à déclarer) !
Un monde de fous, ce dont on ne peut tenir rigueur à ces chers gabelous puisque c'est un fou furieux et manifestement dangereux qui les dirige et va encore nous pomper l'air pendant 9 mois...
J'ai préparé ma réponse que j'ai cherché à transmettre à ma correspondante via le site "impots.gouv.fr/espace professionnel".
Mais pour une raison qui m'échappe, cette transmission est impossible par ce canal.
Voici donc mon projet de réponse que je vais leur adresser par L.R.A.R. :
Il est heureux que j'aie enregistré ces captures d'écran sur mon ordi car le brouillon de cette réponse est devenu inaccessible sur le site "impots.gouv.fr", tant sur sa version destinée aux particuliers que sur celle à l'usage des "professionnels".
Et maintenant, que vont encore pouvoir inventer mes interlocuteurs distingués pour prolonger ces passionnants échanges ?
P.S. (à 12 heures 20) : Je n'arrive même pas à imprimer ces deux captures d'écran pour les envoyer au fisc, avec copie de leur courrier...
Je vais devoir retaper ce texte pour pouvoir le leur adresser par la poste. Ça tombe bien, je n'ai que ça à faire.
P.S. 2 (à 12 heures 25) : Je m'aperçois que le courrier du fisc m'était adressé au titre de l'A.D.D.O.O.E. dont je suis le président.
C'est écrit en tout petit en bas de leur lettre, comme je viens de m'en apercevoir.
Là ce sera très simple : il n'y a strictement rien à déclarer (si ce n'est qu'il n'y a rien à déclarer) !
Un monde de fous, ce dont on ne peut tenir rigueur à ces chers gabelous puisque c'est un fou furieux et manifestement dangereux qui les dirige et va encore nous pomper l'air pendant 9 mois...
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le Vendredi 31 Juillet 2026
Vie des associations - A.D.D.O.O.E. - Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Anecdotes
rédigé le Vendredi 31 Juillet 2026
Vie des associations - A.D.D.O.O.E. - Désultoirement vôtre ! - Pouvoirs publics, élus locaux - Anecdotes
Voici la réponse que, sous forme d'une L.R.A.R., j'adresserai, dès que la poste rouvrira, à mon honorable correspondante du fisc d'Argentan :
